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Gothique de l'Ombre :p
Staff des Acteurs de l'Ombre
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Dustbowl + Nedra + Elvaron + Cigüe à la Boule Noire
Voici le compte-rendu d'une sympathique soirée à la Boule Noire, le 21 février dernier...
Soirée organisée par le label Gofannon Records.
En cette soirée du 21 février, invitée par le groupe Dustbowl, j’arrive à la Boule Noire, cette sympathique salle aux murs décorés de peintures. Il est 19h passées, je me réjouis de cette soirée prometteuse, car elle proposera 4 groupes aux univers musicaux assez différents, nous aurons ainsi une vision large des styles proposés par ce label. La salle se remplit peu à peu, et c’est avant 20h que le premier groupe ouvre le bal…
- Cigüe
Il s’agit d’un groupe composé de trois personnes : un chanteur, une claviériste qui œuvre également à la programmation et un guitariste. Quel style se cache donc derrière ce nom étrange, évoquant un poison mortel ? A n’en pas douter, un univers venimeux et sombre car ils distillent un son électro-dark, enveloppé de métal… un son froid mais agréable, un mystère rythmé par les lourdes pulsions de la boite à rythme. Nulle batterie en effet, seulement un ordinateur qui assure la charpente osseuse de ces compositions en diffusant les percussions. D’ordinaire, je n’aime pas trop les boîtes à rythme, et cependant là je dois dire que cela fonctionne bien. Le son synthétique et artificiel s’harmonise bien avec la guitare, le chant et le jeu des claviers que la jeune femme assure, ainsi que les réglages sur l’ordinateur. Le chanteur, par son timbre de voix, rappelle par instants Marilyn Manson. Mais par moments seulement… et puis au fond, ce n’est pas un reproche ! Son chant est tout à fait harmonisé aux compositions pulsées, venimeuses, et aux riffs de guitare acérés. Pour accompagner leur jeu scénique, ils ont fait appel à une performeuse qui avance sur scène au cours de la prestation, étrangement vêtue et masquée… j’apprendrais par la suite sur le myspace du groupe qu’il s’agit d’une artiste du nom de Monstrelune. Elle arborera successivement deux tenues, l’une blanche avec des effets de taches de sang, et un rouge visage de démon sur la robe, des rubans longs avec lequel elle joue et des bas rayés… et avec ce masque blanc lui couvrant tout le visage, rappelant étrangement un masque de théâtre japonais, mais un peu modernisé ! La seconde sera une longue robe noire avec une sorte de cagoule évoquant une tête d’insecte… Tout cela évoque un univers étrange, dérangeant, un érotisme-fétichisme esthétisé. Le jeu de scène avec le chanteur est équivoque, ambigu, mais cela reste emprunt d’un certain raffinement. Leur prestation s’achève, la danseuse et le chanteur s’étendent sur scène… Leur show étrange et rythmé me laisse au final une bonne impression. Je suis heureuse de cette découvert et j’attends sereinement la suite des festivités.
- Elvaron
Nous voici ensuite avec Elvaron, un groupe de rock-metal progressif qui m’a ravie par ces morceaux rythmés, aux rythmiques puissantes, longs riffs et qualité aussi bien dans le chant clair et hurlé du chanteur. Ce groupe composé de quatre personnes : un batteur, le chanteur-guitariste, une claviériste et un bassiste. Elvaron œuvre depuis un moment dans la scène hexagonale, ils ont 15 ans de carrière derrière eux (et je pense beaucoup devant eux encore !) donc leur line-up a connut quelques changements. La formation actuelle tient rudement bien la route, il suffit de le voir sur scène… Leur set impeccable a démontré un talent évident. On est passé de morceaux très énergiques et rock, à d’autres beaucoup plus calmes, tel « Between truth and lie » qui était très calme, douce, avec une intro limite ‘jazzy’’ ! Les passages de claviers apportent un côté atmosphérique très plaisant aux morceaux. La jeune femme a donc un rôle capital dans les titres les plus calmes, mais sa présence reste perceptible même dans les chansons plus rythmées ! Pour toute l’énergie se dégageant des morceaux les plus « metal-prog », il est évident que le batteur charpente tout cela de percussions intenses. Le chanteur-guitariste et le bassiste posent leurs lignes et leurs riffs avec toute la vigueur que l’on attendait. Les riffs s’écoulent d’une guitare à l’esprit très ‘’hard-rock’’ avec les crânes et les roses qui l’ornent, sur fond noir ! La voix du chanteur est également un instrument à elle seule, passant du clair au rauque, avec de chaleureuses intonations ‘bluesy’’ ; donnant un certain groove à ces compositions pour l’essentiel progressives. Je suis conquise par leur set, regrettant de ne pas les connaître encore malgré leurs 15 ans de carrière ! Mais c’est désormais chose faite, et je compte bien en apprendre plus à leur sujet ! Leur dernière chanson « From dream to reality » comporte de superbes rythmiques, des envolées nettement prog. Le chant est intense, riche d’émotions qui varient le long des paroles. Voilà qui confirme mon impression positive, et me fait attendre avec confiance la suite des évènements…
- Nedra
Du rock’n’roll nous avons eu, du rock’n’roll nous avons encore avec le troisième groupe, Nedra ! Nouvelle découverte pour moi… une formation parisienne de cinq musiciens avec comme frontman un excellent chanteur qui officie dans la langue de Molière, et je trouve ça très bien ! Voilà qui nous permet de comprendre plus facilement les messages… Comme le groupe précédent, ils ont l’art de jouer sur les variations, avec des chansons très rythmées et intenses et des balades plus douces. L’intensité des riffs et les émotions palpables dans les morceaux plus lents, les modulations du chant… Avec tous ces atouts, ils font une prestation convaincante et on se laisse baigner dans l’univers rythmé et groovy qu’ils présentent. Le deuxième titre qu’ils ont interprété est « Templiers ». Ils nous proposent là une petite balade dans le temps, puisqu’il est question du Moyen-âge, de la religion, de quête etc… Ils s’inscrivent donc en quelques sortes dans la tradition des groupes de heavy et de metal progressif qui abordaient ces thèmes concernant le passé, l’aventure, l’héroïsme… Mais d’autres sujets variés habiteront leurs textes. Nous trouverons par exemple une chanson sur le thème de l’emprisonnement, balade puissante et rythmée, ou encore le sujet de l’errance ; la quête avec le morceau parlant du labyrinthe intitulé « Lemnos». Ils jouent aussi la carte des sentiments, car à un moment ils annoncent une chanson d’amour, qui commencera par une intro assez mélancolique, triste et calme, pour ensuite embrayer sur un rock beaucoup plus envolé, plus énervé. La conclusion de leur set se fera du reste sur un morceau très énergique ! Pour ce qui est de leur présence scénique, je dois dire que nos artistes occupent bien l’espace, le chanteur se déplace régulièrement, les guitaristes et le bassiste sont loin d’être statiques, eux aussi… L’un des gratteux, avec ses cheveux ébouriffés et son amusant t-shirt rouge ‘Terrifing french invaders’’ prend un évident plaisir à jouer, à mimer un peu les fameux guitars heros lors des riffs les plus longs. Son compère aux cheveux longs et attachés, casquette noire et t-shirt de pirate n’est pas en reste non plus. Leurs envolées rythmiques jouées avec passion donnent un relief particulier aux chansons. Nouvelle et donc très sympathique découverte pour moi… J’apprécie cette soirée qui se déroule sur un fil groovy et chaleureux à souhait.
- Dustbowl
Je vous parle de chaleur et n’en oublie pas moins que Dustbowl officie dans un registre qu’ils qualifient de « heavy cold rock » ! Désormais me voici en terrain connu puisque j’ai eu le plaisir de chroniquer leur album « Drops of Chaos » et que donc je m’impatientais de les découvrir en scène. « Cold » rock peut-être, néanmoins ils ne vont en rien refroidir la chaleureuse ambiance installée depuis le début des prestations, au contraire ! Les voici qui arrivent sur scène, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont en forme, voilà qui fait plaisir voir ! Je constate rapidement que, si sur album leurs compositions avaient un côté très froid et lisse, si on ressentait nettement les effets electro planants, en live cela sonne différemment. On a là quelques chose de plus abrupt, plus chaleureux, plus rock. Je suis surprise, et néanmoins loin d’être déçue, car cela rend vraiment bien ! A vrai dire, je serais incapable d’avouer une préférence entre le son « studio » et le son « live » ; car les deux ont leurs caractéristiques, leur beauté particulière. Là, j’apprécie la puissance des guitares, le chant riche d’émotions, les vibrations de la basse et le rythme de la batterie de façon plus directe, « à cru » si l’on peut dire, sans toute l’alchimie qui entoure le travail en studio, les arrangements etc… là, on a le son ‘brut’’, et cette nouvelle appréciation de leur musique me ravit. Moins atmosphérique peut être, mais non pas moins riche et prenante. A force d’avoir écouté l’album pour la chronique, je reconnais certains titres, cependant ils ont glissé dans leur set-list quelques titres plus anciens, ainsi qu’une étonnante reprise de Depeche Mode. Ils ont en toute logique démarré leur set avec le titre « Drops of Chaos » qui constitue également l’intro de l’album, et tout de suite je remarque donc cette différence entre le son studio et ce son « live » beaucoup plus rock et puissant. Sur scène, nos musiciens déploient une belle énergie, ils ont un jeu de scène tout à fait plaisant. Voilà qui me permet de prendre de belles photos ! Ensuite, ils ont suivi l’ordre logique de leur album en interprétant « Thrown to you », « Gemini », « For my Own Sake » ou encore « Glory Doors », titre que j’avais particulier apprécié sur album par son côté mélancolique. En somme, ils ont accentué la présentation de ce nouvel opus, ce qui est évidemment logique… et bienvenu, car c’était vraiment intéressant de pouvoir comparer leur son de scène et leur musique de studio ! J’ai donc pour ma part été séduite par leur prestation et je compte bien à l’avenir avoir l’occasion de les apprécier de nouveau sur scène… Le concert se termine sur le titre « Another World » et les applaudissements chaleureux du public me prouvent que je suis pas la seule a avoir apprécié le spectacle.
Conclusion
Voilà une belle initiative du label d’organiser ainsi une soirée, pour présenter des artistes regroupés sous leur bannière et ayant chacun des univers très différents. J’ai effectivement découvert avec plaisir des groupes que je ne connaissais pas, et dont je vais suivre la trace désormais. Quant à Dustbowl, je les ai entendus d’une oreille neuve et cela enrichit mon appréciation de leur travail. Les groupes se sont parfaitement enchaînés, pas de temps morts, une organisation bien au point. J’ai l’occasion à la fin du concert de discuter un peu avec les membres de Dustbowl, que je remercie encore chaleureusement pour leur invitation. Ils semblent heureux de leur prestation, et il y a de quoi ! Fatigués d’une longue journée de préparation et devant ranger le matériel, je les laisse à leurs occupations, après des échanges sympathiques et amicaux, et quelques informations glanées utiles pour mon interview d’eux ! Les gars, merci pour cette belle soirée et bravo, je pense qu’on aura l’occasion de se revoir très prochainement…
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