Style : Doom funéraire
Label : Indie Recordings
Le précédent album de Funeral, «From These Wounds», sorti en 2006, a été plutôt bien accueilli par les critiques qui ont salué le léger virage musical du groupe. En effet, exit les vocaux death et féminins, le groupe a alors joué à fond la carte du doom funéraire en proposant uniquement des vocaux masculins pesants et profondément dépressifs, sur une musique toujours aussi lente et mélancolique.
Sans doute encouragé par les chroniques élogieuses et des chiffres de vente satisfaisants, le groupe accélère son rythme de sortie et propose ce nouvel album 2 ans seulement après son précédent disque, alors qu’il espaçait auparavant ses sorties de 4 ou 5 années. Le style reste quant à lui inchangé, mais Funeral prend le risque de composer un disque bien plus étoffé qui atteint les 72 minutes. Autant dire que si vous n’accrochez pas à ce style, l’écoute paraît bien longue. Et justement, je vous le dit tout net, je me suis bien fait chier à l’écoute de cette galette…
Comme vous l’aurez compris, Funeral ne mise pas sur la vitesse, les ambiances se veulent oppressantes et lourdes au possible. Point d’accélérations, point de riffs tarabiscotés, les rythmiques sont construites à partir de guitares massives accordées six pieds sous terre et qui insistent sur des accords basiques. Chaque note résonne comme un coup de massue, Cathedral à côté c‘est de la musique de kermesse… Seulement n’est pas Candlemass, Confessor ou Runemagick qui veut, et à force de trop en faire dans le plombage de décibels, le groupe s’enlise dans une musique répétitive et ennuyeuse. Les compos, toutes bâties sur les mêmes schémas, manquent de mélodies captivantes, tant au niveau des guitares que du chant gothique dramatiquement soporifique. Ce genre de musique se doit de posséder une ambiance captivante, hypnotisante, et c’est malheureusement ce qui fait défaut à se disque cruellement monotone.
Funeral est un groupe dramatiquement marqué par le destin, car deux de ses membres sont décédés, le bassiste Einar Andre Fredriksen en 2003 et le guitariste Christian Loos en 2006, seul le batteur est présent depuis les débuts du groupe. Et le bougre propose un jeu fouillé et plein de feeling qui évite aux morceaux de tomber dans une platitude absolue. Par ailleurs, quelques bonnes idées émergent tout de même ici et là, mais elles sont noyées dans le marasme général et ne sont pas suffisamment marquantes pour sauver cet album du naufrage. Même les interventions sur un titre ("In The Fathoms Of Wit And Reason") des chanteurs de Candlemas et de Solitude Aeturnus ne suffisent pas à relever le niveau de cet album trop long.
Le doom est un style qui ne fait pas de cadeau, soit c’est envoûtant, soit c’est gonflant. Et malheureusement pour Funeral, et bien que les musiciens et la prod’ soient à la hauteur, les 10 titres de ce dernier album ne possèdent pas la petite étincelle qui fait la différence. C’est vide, mou et rébarbatif, dommage…
Note : 4/10