Regarde Les Hommes Tomber - Exile - Interviews - Page 2 - Les Acteurs de l'Ombre

Les Acteurs de lOmbre

Précédent   Les Acteurs de l'Ombre > LADLO Productions
S'inscrire FAQ Membres Calendrier Chatbox Les Acteurs de l'Ombre Recherche Messages du jour Marquer les forums comme lus

LADLO Productions Les Acteurs de l'Ombre Productions : le label

Réponse
 
Outils de la discussion
Vieux 23/11/2015, 14h53   #11
Jean
sans statut
Paragon de Noirceur
 
Date d'inscription: mars 2014
Messages: 376
Par défaut

New Nois



Le « coreux » aime davantage déclarer sa flamme au metal avec un grand M que l'inverse, c'est certain. Mais chez Regarde Les Hommes Tomber, une bande de punks dispersés entre Nantes et Paris, on a fait bien plus qu'emprunter au genre : on s'est carrément plongé dedans la tête la première et notamment dans sa version la plus noire et la plus mystique. Résultat : l'un des représentants du black metal hexagonal parmi les plus intéressants, car à la fois frondeur et réfléchi. Et peu importe s'ils ont les cheveux courts, car leurs idées, elles, ne le sont pas

À la base, vous venez de la scène hardcore.

A.M. (guitare) : Même si j'ai beaucoup insisté auprès de notre label pour qu'il n'utilise pas le mot « hardcore » dans notre biographie, c'est malgré tout au sein de cette scène à Nantes que j'ai grandi, et cette culture DIY fait partie intrinsèque de notre approche.

Quel est le concept derrière Regarde Les Hommes Tomber ?
J'avais déjà joué avec tous ces musiciens auparavant et je connaissais très bien l'autre guitariste, un type un peu renfermé sur lui-même et assez geek. Il n'avait jusqu'alors joué que du hardcore, mais s'est mis un jour à composer du metal. Sensible à ce genre, je lui ai demandé qu'il me fasse écouter. Et là, non seulement j'ai adoré ce que j'ai entendu, mais en plus, d'entrée, l'émotion qui s'en dégageait m'a inspiré énormément à plusieurs niveaux. Mais on ne voulait pas se mettre la pression, ni même en parler à qui que ce soit d'autre. Une fois la section rythmique trouvée, on s'est mis à répéter dans notre coin pendant six mois, quasiment en secret et à la lumière de la bougie. Une fois ce qui allait devenir notre premier album composé, nous avons commencé à réfléchir à un concept. J'ai toujours pensé que toute musique d'inspiration black metal se devait de développer une ambiance et une esthétique ésotériques, du genre qui te transporte. Mais nous n'avions même pas encore de nom à ce moment-là... Je venais de découvrir récemment le réalisateur Jacques Audiard avec le film Un prophète, que j'avais adoré. Et en creusant un peu sa filmographie, je suis tombé sur sa première oeuvre, Regarde les hommes tomber (1994). J'ai trouvé cette phrase si belle, et surtout si porteuse d'inspiration, que j'ai décidé de l'utiliser. J'ai d'abord pensé à la traduire en anglais, mais « Watch as They Fall » faisait beaucoup trop emo (rires), alors qu'en VF, ça avait franchement de la gueule. Bon, les autres membres ont un peu tiqué
au début car ils trouvaient ce nom trop long ou intraduisible. Mais je leur ai rétorqué que puisque tout le monde trouvait cool ces groupes allemands, norvégiens ou islandais qui utilisaient leur langue maternelle — quitte à ce que le résultat soit parfois limite imprononçable —, je ne voyais pas pourquoi nous devrions nous en priver. De plus, c'est de ce nom qu'a découlé le concept religieux et apocalyptique qui nous caractérise désormais.

Vos références visuelles sont très classiques. J'ai cru reconnaître pas mal de gravures de Gustave Doré (1832-1883) qui avaient servi, à la base, pour illustrer le Paradis perdu de Dante, non ?

C'est vrai. Là encore, c'est l'influence du metal, car j'ai vraiment découvert Gustave Doré par le biais d'Emperor, qui avait utilisé son travail à l'époque de son premier Ep. Comme nous sommes de purs produits du XXIe siècle, l'une des premières choses que nous avons faites lorsque nous avons officialisé l'existence du groupe fut de créer une page Facebook. Pour l'illustrer, nous nous sommes servis d'une gravure de Doré, un peu retravaillée sur Photoshop. Et c'est à ce moment-là que nous avons décidé que ce type de visuel serait celui que nous utiliserions massivement, car on ne voulait pas nécessairement montrer nos... tronches.

Mais si vous cherchiez vraiment à conserver l'anonymat, pourquoi ne pas vous être dispensés de tourner, comme Deathspell Omega par exemple ?

Dès le début, toute la musique de Regarde Les Hommes Tomber a été composée dans les conditions du live. J'ai besoin d'être dans un local de répétitions entouré des autres membres du groupe et les amplis à fond pour ça. Écrire des morceaux tout seul devant mon ordinateur, je ne peux pas I
Il y a chez vous une forme de questionnement dans les textes, un peu comme chez Deathspell Omega. Ce qui est sûr, c'est qu'on est loin du « Satan fuck Jesus » de Deicide...
Disons que c'est assez abstrait. Le symbolisme de la chute est au centre de tout. Nous ne sommes pas forcément des gens négatifs pour autant, seulement, nous creusons cette idée artistique. Après, on voulait travailler sur un concept ayant un rapport avec la religion, sous un angle mythologique, c'est-à-dire parler de la Bible comme on parlerait de la mythologie grecque par exemple, sans vraiment opérer de questionnement métaphysique. C'est avant tout narratif, comme une gravure par exemple.
Pourtant, sur votre deuxième album Exile dans « Thou Shall Lie Down », vous parlez du Paradis ou plus préCisément de l'Éden comme une espèce d'absolu qu'on ne peut atteindre...

Tout l'album tourne autour de la notion du rejet divin et ce morceau traite de Lilith, personnage que tu retrouves dans l'Ancien Testament, mais aussi dans la Kabbale. Elle était la compagne d'Adam avant Ève et elle symbolise à elle seule fa rébellion féministe. Dans ce morceau, on raconte comment elle est rejetée par Dieu pour finir aux Enfers, d'où elle essaye de corrompre les autres pour mieux les encourager à la rejoindre dans la dissidence.

Quels sont vos rapports avec la scène black traditionnelle ?

On sait que ses représentants ne voient pas forcément d'un bon oeil ceux qu'ils considèrent comme des arrivistes...
C'est vrai, c'était aussi un point de tension entre nous et notre premier chanteur, qui venait de cette scène. Dès notre premier album, nous avons été invités à jouer au Roadburn et au Hellfest, alors que lui galérait depuis des années avec son autre groupe, Otargos. Il ne comprenait pas pourquoi tout allait si rapidement pour nous. J'ai aussi récemment rencontré par hasard le batteur de Temple Of Baal lors d'une soirée, et les premières minutes, je l'ai senti un peu méfiant vu que nous n'étions pas de purs produits de la scène black. Mais on a fini par boire pas mal de coups ensemble, donc... Moi, je ne demande que ça, jouer sur des affiches ultra-brutales. Là par exemple, on vient d'ouvrir pour Amen Ra, mais si ça ne tenait qu'à moi, on ferait aussi la première partie d'Archgoat !
Jean est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 30/11/2015, 15h45   #12
Saltimbank021
hello world!
Staff des Acteurs de l'Ombre
 
Avatar de Saltimbank021
 
Date d'inscription: juillet 2009
Messages: 1 382
Par défaut

La Grosse Radio _ FR

http://www.lagrosseradio.com/metal/w...es-tomber.html

La Grosse Radio / Metal / Webzine metal / Interview / Antoine et JJ, guitaristes de Regarde les

Hommes Tomber
Antoine et JJ, guitaristes de Regarde les Hommes Tomber

[ INTERVIEW ]
METAL - acteurs de l'ombre, black metal, sludge, 2015, Exile, Otargos,
Vendredi 27 Novembre 2015 à 13h00, by Tfaaon
acteurs de l'ombre, black metal, sludge, 2015, Exile, Otargos,

"Regarde Les Homme Tomber existe plus sur scène que sur album."


Avec un très bon deuxième album en poche, les Nantais de Regarde Les Hommes Tomber ont les atouts en main pour transformer l'essai de la belle réussite de leur premier opus. Alors en tournée française pour deux dates avec les monstres du sludge misanthropique Amenra, nous avons pu en discuter avec JJ et Antoine, les deux six-cordistes du groupe.


La grosse nouveauté sur ce deuxième album, c'est le changement de chanteur. Est-ce que vous voulez bien revenir sur les raison qui ont motivé cela et comment vous avez fait votre choix ?


[Silence gêné]


Jean Jérôme (guitare) : Ah, tu commences direct ! [Rires] Eh bien, Ulrich nous a quitté pendant l'été 2014. Il nous a annoncé qu'il en avait marre et qu'il voulait arrêter. Ca nous a surpris, même si... Il a toujours été dans son monde, un peu à part. Bon après, on sait qu'il était aussi beaucoup pris par Otargos, et je pense qu'il ne s'attendait pas à ce que Regarde les Hommes Tomber monte aussi vite et prenne presque autant d'ampleur qu'Otargos, voire plus.

Antoine (guitare) : Alors moi, je n'ai pas forcément la même version, ou en tout cas la même analyse de cette histoire. Au départ, Regarde Les Hommes Tomber n'avait pas de chanteur. Quand on a formé ce groupe, on s'était dit qu'un de nous chanterait, car on ne voulait pas d'un mec avec un micro, ça nous faisait chier. On s'est rendu compte que ce n'était pas possible. On a fait notre premier concert sans chant, et c'est après ce premier concert qu'Ulrich nous a contacté. Sauf que lui, de part ce qu'il s'est passé avec Otargos, et je pense, ses goûts personnels, voulait arrêter de faire du black metal. C'était son objectif. Or, nous, avec ce groupe, au fur et à mesure que les compos se développaient, on se dirigeait vers quelque chose de plus black. Et ça, ça le saoûlait. Il n'arrêtait pas de le dire, d'ailleurs, et pour un mec qui a passé plus de dix ans dans cette scène, ça m'étonnait. Aussi, il faut savoir qu'Ulrich n'a rien composé dans RLHT, il n'a fait qu'apporter la gestion des lumières...

JJ : Je dirais aussi qu'il nous a apporté un côté plus professionnel, plus carré.

Antoine : Oui c'est vrai. En tout cas, je pensais que cette position lui allait bien, sachant qu'il avait Otargos à côté et nous un peu en tant que groupe de session, mais en fait pas du tout. On n'a pas trop compris, il nous disait tout le temps qu'on vendait trop de trucs, que ça lui prenait la tête, que c'était pas normal qu'on en soit déjà là, etc... Puis il s'est barré.

JJ : Ouais, et il ne s'exprimait pas beaucoup. Concernant Thomas, notre nouveau chanteur, on l'avait déjà testé, avant même qu'Ulrich n'intègre le groupe. Et on était déjà très contents de lui, on était prêts à le prendre. Sauf qu'Ulrich nous a contacté au même moment... Il y a eu quelques interrogations et finalement, on a opté pour Ulrich. Et quand il est parti, on a tout de suite rappelé Thomas.

Antoine : Moi, je n'étais pas forcément enthousiaste pour qu'on fasse ça, je trouvais ça trop facile. Maintenant qu'on avait fait pas mal de concerts, je me disais qu'on pourrait probablement trouver une pointure. Sauf que Thomas s'est pointé en répétition et ça l'a fait direct. Donc on s'est dit "c'est parti, pas besoin d'aller plus loin pour chercher !".

JJ : Et aujourd'hui, on est très contents d'avoir choisi Thomas, que ça soit humainement ou sur scène, c'est génial. Ca a apporté énormément au groupe.


C'est votre deuxième album, et il arrive souvent que les groupes aient des regrets par rapport au premier album, avec le recul, à dire "Nous n'avions pas d'expérience, si je pouvais, je changerais ça ou ça, etc..." Est-ce le cas pour vous ?

JJ : Franchement non. Ce sont deux époques différentes, le contexte de composition des deux albums n'a rien à voir. Le premier album, je l'ai composé tout seul dans mon coin, et les gars m'ont rejoint après. Suite à ce premier album, on a commencé à faire des concerts, à tourner... On est devenu un vrai groupe. Et quand on a commencé à composer le deuxième album, le faire tout seul ne pouvait plus marcher, du coup. On a donc commencé à composer tous ensemble, et c'est comme ça que ça s'est fait.

Antoine : Je suis complètement d'accord. Maintenant, on a peut être des regrets sur un point : en fait, le premier album, c'était aussi la première fois qu'on faisait un enregistrement pro' de ce type, et on s'est un peu bridés. On a tout enregistré au clic, et maintenant, on trouve l'album beaucoup trop lent. Il est bridé. Après, je suis toujours étonné qu'il ait tant marché, c'est génial. Mais c'est clair qu'on a du mal à le réécouter. Notre batteur ne peut plus l'écouter par exemple, c'est pas possible. Je ne sais pas si on peut parler vraiment de regrets car c'est quelque chose d'imprimé dans le temps, mais.... Parce que le truc, c'est qu'on a fait évoluer nos morceaux au fur et à mesure des concerts. Nous ne sommes pas un groupe où tout est figé, calculé. Pour nous, les concerts sont la suite de nos morceaux, et c'est très important. On est devenus plus metal au fur et à mesure, on a commencé à jouer plus vite, et c'est vrai que le premier album est un peu en décalage, maintenant.


Regarde les hommes tomber, exile, 2015, les acteurs de l'ombre, sludge,


Du coup, qu'attendiez vous de ce deuxième album, musicalement parlant ?

Antoine : Aller plus loin dans le concept du groupe. Bon, il y avait aussi le simple fait de réussir à sortir un deuxième album, parce que c'est tout sauf simple : on a beaucoup joué et il n'a pas été facile de faire que tout le monde soit content des compos... Maintenant, on veut aller le plus loin possible, jouer autant que possible.

Du coup, JJ a mentionné une autre énorme différence entre les deux albums : cette fois, vous avez tout composé ensemble. Vous faisiez ça en répète ?

JJ : Ca dépend. Déjà, comme on y a tous contribué, il a beaucoup plus de profondeur, de richesse. Disons que j'ai apporté la matière première, le squelette pour composer l'album, et ça s'est fait à domicile. Après, on a transformé ça en répète tous ensemble. Il y a même certains morceaux de l'album sur lesquels je ne suis quasiment pas intervenu.


Thomas était là dès le début de l'écriture ?

JJ : Non, puisqu'on a commencé à bosser sur le deuxième album quand Ulrich était encore là. Et

Thomas a vraiment commencé à s'investir dans l'album à la fin de l'année dernière.

Antoine : Ca a été compliqué, car on a commencé sans chanteur, et on avait du mal à prendre la voix en considération. Et on aime bien faire ca entre nous. Bizarrement, ça va mieux avec Thomas, alors qu'il est dans le groupe depuis moins longtemps que ne l'était Ulrich. Ce n'est pas Thomas qui écrit les paroles, et je me souviens que j'ai beaucoup été sur son dos en studio pour lui dire de chanter comme-ci ou comme ça. Parce que Thomas vient du death mélodique à la base, donc il n'avait pas forcément le flot qu'il nous fallait. Nous, on voulait quelque chose orienté black, déclamé, et qui suit la mesure, pas quelque chose de saccadé comme ça se fait dans le death. Si tu compares du chant black au chant de Cannibal Corpse, ça n'a rien à voir. Thomas nous a aidé avec

son grain de voix et sa vision différente des choses, mais il n'a pas vraiment participé à la composition.

JJ : Je pense que Thomas habite complètement l'album avec sa voix, au delà de ces considérations techniques. Lui-même est habité quand il chante, et ça se ressent énormément à l'écoute.

Antoine : Ouais, on a bien travaillé là-dessus, on l'a bien fait chier ! [Rires]


Est-ce que le fait d'être original entre en ligne de compte quand vous composez ?

JJ : Notre objectif était avant tout de se démarquer du premier album, sur lesquels il y a beaucoup de riffs qui rappellent nos influences. Sur Exile, on a voulu éviter le côté facile du premier LP.

Antoine : Ce groupe, c'est le jeu de guitare de JJ. Comme c'est lui qui a composé le premier album, il y a imprimé son style, qui est complètement différent du mien. Et mine de rien, la technique a son influence sur la composition. Les morceaux ne sont pas compliqués à jouer, mais il y a certains harmonies, certains mélodies qui représentent le son RHLT, et on a essayé d'explorer cela. Il y a certains accords que d'autres groupes utilisent, mais ce n'est pas notre cas, et cette manière de jouer fait aussi son originalité.

JJ : Il y a quelque chose de vraiment important quand je compose : je veux qu'il y ait une ambiance particulière. J'écris toujours avec cette idée en tête, plutôt que me focaliser sur les riffs qui tâchent par exemple. Je veux te sortir une ambiance qui te mette mal à l'aise, ou autre... Te faire ressentir quelque chose en tout cas.

Antoine : Moi par exemple, j'ai apporté la base des derniers morceaux de l'album. Je les avais en tête depuis un moment et c'était des trucs qui n'etaient pas forcément prévus pour Regarde Les Hommes Tomber. On a réussi à transformer ça pour que cela convienne au groupe, exactement comme JJ l'a dit : en travaillant sur des ambiances qui nous parlent.


Si on regarde la tracklist, on peut remarquer que la durée moyenne des chansons est plus longue : vous aviez envie d'expérimenter sur un format plus long ?

JJ : Comme on travaille beaucoup sur l'ambiance, peut être que notre musique a naturellement évolué vers une orientation plus tournée vers le prog'. Comme on a encore plus voulu travailler les ambiances, la durée des chansons s'est un peu allongée en conséquence.


Justement, il y a le dyptique "They Came"/ "... To Take Us". Pourquoi les avoir séparées sur le disque du coup ?

JJ : A la base, c'est le même morceau. Mais on a fait la séparation par superstition : il y a sept titres sur le premier album, et on s'est dit qu'il en fallait sept sur le deuxième.

Antoine : En plus, si on voulait sortir ce morceau en promo, on s'est dit qu'on couperait l'intro. Bizarrement on le joue pas beaucoup en concert d'ailleurs. A la base, l'intro était légèrement différente, on a fait cette version en studio. On avait les paroles, on cherchait un titre, et on s'est dit qu'on allait faire ça. Sur la tracklist, tu vois qu'il y a les trois petits points, comme ça on montre que c'est vraiment le même morceau. Un peu comme Gojira qui avait fait "From Mars... To Sirius".



Regarde les hommes tomber, exile, 2015, les acteurs de l'ombre, sludge,
Le nom de votre groupe est tiré d'un film. Est-ce que vous vous considérez comme cinéphiles et pensez-vous que le cinéma a une influence directe sur votre musique ?


Antoine : Pas vraiment, en tout cas en ce qui me concerne. Ce qui m'inspire, c'est avant tout les gravures qu'on utilise. Après, on a tous des visions différentes dans le groupe. Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'occulte, les gravures, l'ésotérisme, la religion... Je suis passionné par tout ce qui concerne la religion, et c'est ce qui m'inspire. Les films, pas vraiment. Je suis pas assez cinéphile pour donner des références cinématographiques. Je suis avant tout intéressé par le travail graphique.

JJ : J'irais pas jusqu'à dire que je suis cinéphile. Mais, je reste avant tout un musicien, et quand je regarde un film, si je trouve la musique vraiment géniale, ça va me permettre de complètement rentrer dans le film. Je suis toujours hyper attentif à la musique des films. Souvent la musique des films , c'est des trucs ambiants, et parfois, quand je regarde un film, je peux entendre quelque chose qui me fait réagir, jusqu'à me faire prendre ma guitare pour essayer de reproduire cette ambiance. Ca m'a déjà inspiré deux trois trucs pour le groupe. Il y a vraiment des films à la musique marquante.


C'est intéressant que tu dises ça, parce que j'ai eu la chance d'interviewer Ihsahn au Fall of Summer, et il me disait que les musiques de film avaient été une influence directe sur Emperor.


JJ : Oui, ça ne m'étonne pas. En ce qui me concerne, quand une musique me prend aux tripes, j'ai envie de la retranscrire dans une compo. C'est important. En musique de film, le compositeur qui m'a le plus marqué, c'est Joe Hisaishi. Ce mec a composé la plupart des musiques des films d'animation du studio Ghibli., dont ceux de Miyazaki. Ca a pas vraiment de rapport avec nous, mais à travers ses compositions, il a créé une atmosphère assez unique, onirique. ça m'a beaucoup marqué en tout cas. La B.O de In The Mood For Love aussi est assez folle aussi, composée par Shigeru Umebayashi. Je suis un grand fan ! Tu as toute le travail aussi de Brian Eno, sur divers documentaires. Plus récemment, tu as Ólafur Arnalds qui se distingue aussi dans ce domaine. C'est un Islandais qui fait pas mal de bandes son pour des documentaires. Il s'inscrit dans la lignée de ces groupes islandais qui te font voyager avec leur musique, comme Sigur Rós ! Et enfin, il y a Gustavo Santaolalla qui a fait une magnifique BO sur le Secret de Brokeback Mountain ! Il a fait aussi la BO du jeu vidéo "The Last Of Us", qui est magnifique !


Est-ce que tu te verrais composer des musiques de film ?

JJ : Pas forcément. Mais un jour, quand j'aurais du temps [rires], j'aimerais monter un projet un peu plus post-rock, instrumental... Un peu plus posé, vraiment totalement centré sur les ambiances. C'est un souhait !

Vous gravitez à mi-chemin entre la scène black et sludge, on va dire. Or, il y a pas mal de groupes de black qui refusent de faire des concerts. On a d'ailleurs deux exemples emblématiques en France : Deathspell Omega et Blut aus Nord, pour des raisons un peu mystérieuses d'ailleurs. Par ailleurs, même Colin d'Amenra, groupe avec qui vous avez tourné, reconnaît qu'il n'aime pas faire de concerts, mais qu'il le fait estimant que c'est nécessaire. D'ailleurs vous même m'avez dit tout à l'heure que vous étiez devenus un vrai groupe à partir du moment où vous aviez commencé les concerts. Pensez vous qu'un groupe ne peut pas exister sans monter sur scène ?

Antoine : Il n'y a pas de règle. Mais en ce qui nous concerne, c'était primordial. On le savait dès le début. Nous sommes tous issus de la scène hardcore, et dans cette scène là, le concert prime sur l'album. Et on a gardé ça en nous. C'est des vieux trucs, mais ça te marque à vie. Pour nous, c'est évident. On fait de la musique pour ça, en fait. Nous ne sommes satisfaits de notre musique qu'en la jouant sur scène. Ceci dit, je pense qu'on a plus réussi à travailler cela sur le nouvel album. Et je suis toujours touché quand des gens me disent qu'ils ont apprécié l'album.

JJ : Pour rebondir sur ce que tu as dit : oui, j'ai commencé à composer mes morceaux seul. Mais très vite, je les ai passé aux gars parce que je trouvais ça chiant de rester tout seul. J'ai envie de faire un groupe et que tout le monde participe. Et oui, je pense que Regarde Les Hommes Tomber existe plus sur scène que sur album. L'album est un support pour faire des concerts.


Petite question de curiosité malsaine : comment avez vous chopé ce bail avec Amenra ? C'est grâce à Kongfonzi où vous aviez des relations avec le groupe avant ?

Antoine : C'est grâce à Kongfonzi. Après, moi je voulais pas jouer avec Amenra au début. Parce que je savais qu'ils étaient ultra balaises, qu'on faisait pas le même type de musique et qu'on allait perdre. [Rires]

JJ : Moi, quand on m'a annoncé ça, j'étais très content. Parce qu'Amenra est un groupe énorme, et ça ne peut qu'accroître la notoriété du groupe... Même si aujourd'hui, soyons honnêtes : nous n'avons pas leur niveau. Mais on apprend grâce à cela, c'est de l'expérience prise pour la suite. On savait que ça serait compliqué d'ouvrir pour eux, mais d'un autre côté, c'est génial d'ouvrir pour un tel groupe.


Dernière question, qu'écoutez-vous en ce moment ? Des choses vous ont marqué cette année ?

Antoine : Dans les albums de l'année, il ya le Mgła. On est tous d'accord là dessus dans le groupe. Après, il y a aussi des déceptions comme le dernier album d'un groupe de hardcore de Boston qui s'appelle No Tolerance. Il y a une tape d'un groupe de black de Rouen qui s'appelle Nécropole. Si des gens connaissent, bravo à vous !

Après, je suis allé au Brutal Assault cette année, et j'ai fait des enchaînements de malade : Lucifyre, Dead Congregation et Cult of Fire qui a fait un show hallucinant. Gorgoroth à Paris, c'était énorme aussi! Ah, j'allais oublier Sunn o))) au Brutal Assault, c'était dingue aussi.

JJ : Moi il y en a deux qui m'ont marqué : le dernier Envy. J'avais ete déçu des derniers albums, mais celui là est un immense retour. Et il y a le dernier Urfaust. Il est passé inaperçu, et pourtant c'est de l'ambiant démoniaque! [Rires] Après sur scène, on s'est pris une méchante fessée par Amenra à Paris. C'était douloureux ! Sinon, je n'ai pas beaucoup fait de concerts cette année. J'en faisais beaucoup par le passé, mais ça ne m'intéresse plus autant qu'avant.
__________________
Saltimbank021
https://twitter.com/saltimbank021

Dernière modification par Saltimbank021 ; 05/08/2016 à 01h01.
Saltimbank021 est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 03/12/2015, 13h09   #13
Jean
sans statut
Paragon de Noirceur
 
Date d'inscription: mars 2014
Messages: 376
Par défaut

Radio Metal


http://www.radiometal.com/article/re...e-chute,194920



Regarde Les Hommes Tomber a confirmé, avec son deuxième album Exile sorti chez Les Acteurs De L’Ombre le 19 septembre dernier, tout le bien qu’on pensait de lui. Proposant avec finesse un entremêlement d’atmosphères sombres et gorgées de colère, le combo nantais a sorti un grand disque, véritable fresque narrative dont nous vous parlions en détail récemment dans ces colonnes.

Le 10 novembre dernier, Jean-Jérôme (aka J.J.S.), le guitariste et fondateur de Regarde Les Hommes Tomber, était notre invité dans l’émission Anarchy X pour nous parler d’Exile mais aussi, plus globalement, de l’état d’esprit du groupe. C’est ainsi qu’il évoque et insiste particulièrement sur le souci de cohérence qui le motive lui et ses collègues, autant dans la musique que le visuel et les thématiques. Des thématiques recherchées qui constituent en elles-mêmes tout le concept du groupe. Bref, dans Regarde Les Hommes Tomber, rien ne semble laissé au hasard. Pas même le choix du nouveau chanteur, Thomas, venu remplacer Ulrich (Otargos), ce dernier ayant quitté le navire à la fin de l’année dernière.


« On ne veut vraiment pas faire de surplace au niveau musical. On veut vraiment apporter quelque chose de nouveau à chaque nouvelle composition et chaque nouvel album. »


Radio Metal : Vous en êtes à votre deuxième album mais dès votre premier opus vous avez réussi à marquer les esprits. Comment expliquer ça ?

J.J.S. (guitare) : Je pense qu’il y a un facteur chance assez important. Dès notre premier concert, il y avait Gérald des Acteurs De L’Ombre, le label sur lequel on est signé, qui était présent. Des amis à lui avaient déjà parlé de nous et lui avait proposé de venir à ce concert. Et ça lui a tout de suite plu, donc il a décidé dans la foulée de nous signer. Ainsi dès notre premier concert on avait déjà un label. Gérald, c’est quelqu’un qui a beaucoup d’expérience dans la scène, qui a un très bon réseau, qui communique bien, et du coup, il a fait le nécessaire pour nous mettre rapidement en avant, et la musique a plu. Honnêtement, ça nous a surpris de toucher les gens aussi rapidement, on ne s’attendait pas à ça. Car, à la base, le premier album, je l’ai composé chez moi dans mon coin et je n’avais pas forcément le déclic de faire un groupe, ça s’est fait comme ça. Et en très peu de temps on s’est retrouvé signé sur un label, avec un album composé, sorti et qui a rapidement buzzé. Je pense qu’on a été au bon endroit au bon moment, on a eu pas mal de chance et la musique a plu. On a aussi commencé à pas mal tourner. Kongfuzi s’est rapidement intéressé à nous, notre musique l’a particulièrement touché. Du coup, ils nous ont rapidement pris sous leurs ailes, ce qui nous a permis de trouver rapidement pas mal de concerts. Ce sont donc plusieurs facteurs qui sont arrivés en même temps qui ont fait qu’on a été mis en avant assez rapidement, bien qu’on était un jeune groupe. Tant mieux ! On ne va pas s’en plaindre en tout cas.

Il y a eu un changement entre le premier et le second album : le départ de votre chanteur Ulrich, qui est chez Otargos. C’était justement ça le souci ? Un problème de conflit avec Otargos ou bien il y avait autre chose derrière ce départ ?

Bon, je vous passe les détails mais déjà, c’est vrai qu’Otargos, c’est un groupe majeur de la scène black française, donc ça fait pas mal de temps qu’ils sont là, ils faisaient pas mal de dates et avaient un album qui sortait en même temps que notre premier album. Donc oui, il y avait un conflit d’agenda. Et puis, Ulrich, depuis quelques années, avait une démarche d’éloignement de la scène black metal française, donc quand on a commencé à composer le deuxième album, on a commencé à s’orienter vers quelque chose d’un peu plus black, et du coup les nouvelles compos ne lui plaisaient pas trop. Il a préféré se retirer du projet parce que l’orientation musicale lui plaisait de moins en moins.

Qu’est-ce que tu voulais dire par « je vous passe les détails » ?

[Rires] Ouais bon, après, on n’est pas dans Voici ou Ok Podium ! Le but du jeu ce n’est pas de polémiquer ou quoi. Après, il nous a apporté pas mal de choses au niveau expérience, c’est quelqu’un d’expérimenté. Si le premier album a aussi bien marché, c’est aussi un petit peu grâce à lui et son expérience. Mais bon, il a préféré reprendre son chemin et retravailler pour ses projets. Il n’y a pas de souci avec ça, on respecte sa démarche.

En changeant si tôt de chanteur, n’aviez-vous pas peur d’être un peu déstabilisé ou de perdre une continuité entre les albums ?

Son départ nous a un peu surpris mais après, il faut savoir qu’il n’était pas intervenu sur la composition du premier album, il n’était pas non plus intervenu sur la thématique et il n’est pas non plus intervenu sur l’écriture des textes. Quand il est arrivé, tout était déjà mis en place, quasiment. Sur tout ce qui est thématique et composition, il a vraiment eu un apport mineur. De fait, sur cet aspect-là, son départ ne s’est pas vraiment ressenti parce qu’on avait déjà nos méthodes de composition et de travail. Du coup, la transition avec Thomas, le nouveau chanteur, s’est faite en douceur. Lorsque Thomas est arrivé, pareil, on avait déjà bien avancé sur ce second album et il s’est intégré au processus. Par rapport à Thomas, il faut savoir qu’on avait déjà fait une répétition avec lui avant l’arrivée d’Ulrich. Et du coup, on l’a tout naturellement rappelé dès qu’Ulrich est parti. Thomas, c’est un pote qu’on connaissait déjà bien via son autre groupe War Inside, qui est un groupe nantais. Humainement, ça s’est super bien passé. Il s’est vraiment mis dedans très rapidement. Ça a bien fonctionné. La transition s’est vraiment très bien faite.

C’était un choix évident pour vous, du fait que vous l’aviez déjà auditionné par le passé ? C’était votre premier choix ?

En fait, quand on avait testé Thomas, on était vraiment très contents, et quelques jours après on a été contacté par Ulrich. Du coup, on s’est posé la question, à savoir si on prenait Thomas ou Ulrich. Après, on s’est dit qu’Ulrich avait pas mal d’expérience dans la scène, on s’est dit qu’il allait pouvoir nous apporter son expérience. Voilà pourquoi on a choisi Ulrich. Mais on est vraiment resté en très bon termes avec Thomas, et ça nous a paru très naturel de le rappeler dès qu’Ulrich est parti.

« On tient vraiment à avoir une démarche globale. C’est-à-dire que tout doit être lié. »

Comme tu l’as dit, le premier album, c’est toi qui l’as composé chez toi dans ton coin. Comment ça s’est passé cette fois-ci ? C’était pareil ou bien les autres se sont un peu plus impliqués ?

Après la sortie du premier album, le contexte a pas mal évolué. Pour le premier album, il y a eu quasiment un an voire deux de répétitions où on a commencé à exister en tant que groupe, et après la sortie de l’album, on a enchaîné les concerts. Une fois qu’on a commencé la composition du deuxième album, on était vraiment devenu un collectif, un groupe, contrairement au premier album qui a été composé par une seule personne. Du coup, on a composé cet album de manière collective. J’ai quand même apporté la matière première, les ambiances. Après, tout le reste, on l’a retravaillé ensemble. C’est peut-être ce qui donne aussi cette plus grande profondeur, cette plus grande richesse dans cet album, cette évolution aussi, avec un esprit un petit peu plus black metal. Parce que le batteur et le deuxième guitariste, Antoine, sont beaucoup plus intervenus. Ce sont des mecs qui viennent du black metal, du death, ce qui peut expliquer aussi l’évolution sur Exile. Alors que pour le premier album, j’avais plus des influences lié au post-core, des groupes comme Converge, Amenra, Envy, Neurosis… C’est pour ça que le premier album sonnait un peu plus sludge, un peu plus post-core, et le deuxième album un peu plus black.

C’est donc l’apport des autres qui a donné cette orientation un peu différente…

C’est l’apport des autres et puis c’était aussi une volonté de notre part. On voulait s’orienter vers quelque chose de plus progressif. Les morceaux sur Exile s’étirent plus dans la longueur. On a vraiment beaucoup plus travaillé les ambiances. On voulait vraiment faire évoluer les morceaux. Sur Exile, on a donc des morceaux de sept minutes, huit minutes, le dernier fait onze minutes, et c’est vraiment une volonté de notre part. Déjà, à la base, quand j’ai composé le premier album, je voulais vraiment mettre en avant les atmosphères et les ambiances. Le but du jeu ce n’était pas de sortir les gros riffs metal qui tachent, c’était vraiment de créer une atmosphère, plonger l’auditeur dans un univers. Et on a encore plus travaillé cette direction sur le deuxième album.

Quand on lit certaines interviews de toi et tes collègues, dans la période entre les deux albums, on avait un peu l’impression que tes collègues attendaient après toi, que tu apportes le matériel pour le deuxième album. Est-ce qu’ils ont un peu hésité à s’impliquer d’un point de vue créatif ?

Non mais je pense que, au tout début, quand on a commencé à composer le deuxième album, c’est vrai qu’on était peut-être sur le schéma du premier album. Et les autres membres du groupe – et c’est normal – ont voulu s’impliquer. Et puis moi, j’avais un peu plus de mal à composer dans mon coin, donc on s’est dit qu’on allait tous travailler dessus, qu’on allait tous apporter notre pierre à l’édifice et du coup ça a débloqué pas mal de situations au niveau de la composition. Une fois qu’on s’y est tous mis, tout a roulé naturellement, tout s’est bien imbriqué jusqu’au résultat final qu’on peut entendre maintenant.

Quand on y réfléchit, c’était un peu risqué de changer la dynamique de composition, vu que ça avait bien marché pour le premier album et là, d’un seul coup, vous intégrez plusieurs sources de composition et d’influence. Ça aurait pu très bien ne pas coller…

Le contexte de composition du premier album était vraiment différent, c’était des périodes différentes, des époques différentes, des personnes différentes, mais on a fait vraiment attention à garder une ligne directrice au niveau de l’atmosphère et des ambiances. On ne voulait pas non plus sortir un album qui n’avait rien à voir mais on voulait quand même une évolution. Personnellement, je voulais une grosse évolution mais les gars m’ont un peu tempéré en disant que ça allait être un peu violent [rires]. Et du coup, on a privilégié une évolution en douceur entre les deux albums. Mais quelque part c’était voulu, on ne voulait vraiment pas sortir un album copié collé sur le premier. On a vraiment cherché à faire une évolution, sans non plus perdre tout le monde en route. Et si on sort un troisième album, pareil, on continuera à faire évoluer la musique du groupe. On ne veut vraiment pas faire de surplace au niveau musical. On veut vraiment apporter quelque chose de nouveau à chaque nouvelle composition et chaque nouvel album.

Tu dis « si on sort un troisième album », ça veut dire que tu n’es pas sûr ?

[Rires] On ne sait jamais de quoi l’avenir est fait. Dans l’idéal oui, on voudrait sortir un troisième album. Après, là, le deuxième vient juste de sortir, donc ce n’est pas encore à l’ordre du jour. A l’ordre du jour, c’est de tourner au maximum en France et sortir un peu des frontière de la France, commencer à tourner un petit peu en Europe. Ce sont les objectifs à court et moyen terme qu’on s’est fixé.

« Le but du jeu ce n’est pas de critiquer ou faire l’apologie d’une religion. C’est plus voir les rapports entre les êtres humains et la religion. »

Vous avez un public qui vous attend hors des frontières françaises ?


On avait déjà un peu commencé sur le premier album. Notamment, on avait participé au Roadburn, c’était une grosse expérience et une grosse surprise pour nous d’être invité à cette affiche, car c’est quand même un festival assez culte. Une fois sur place, c’était vraiment incroyable : l’accueil du public, l’accueil de l’organisation, etc. C’était une de nos meilleures expériences. Et du coup, pour Exile, on va essayer d’être un peu plus présent dans les pays du Benelux, la Belgique, les Pays-Bas, et commencer à faire quelques dates en Allemagne et en Angleterre. En tout cas, on y travaille. Là-dessus on est bien aidé par Kongfuzi qui nous soutient dans les recherches de dates. On est assez optimistes là-dessus. Je pense que d’ici la fin de l’année 2016 on aura joué pas mal en dehors des frontières.

Les paroles de votre musique, c’est toujours Henoch qui s’en occupe, donc une personne d’extérieure au groupe. Comment cette collaboration s’est mise en place au départ ?

C’est une personne proche du groupe. Sur nos paroles, on a développé une thématique, liée à l’histoire et la mythologie, et on voulait vraiment faire les choses bien. Henoch, c’est une personne diplômée en lettres classiques, qui connait vraiment bien son sujet et qui a une très bonne plume. Donc on s’est dit pourquoi ne pas lui confier la rédaction de nos paroles pour avoir quelque chose de vraiment crédible. Nous, on est surtout des musiciens, on n’est pas des… Enfin, on est nous aussi passionné de littérature et d’histoire mais on n’a pas forcément une super plume, donc on s’est dit qu’on allait confier l’écriture de nos paroles à quelqu’un qui avait vraiment du talent dans ce domaine. C’est donc ainsi qu’on a demandé à Henoch de le faire pour nous, et il s’y est prêté de bonne grâce sur les deux albums.

Tu crois que c’est une relation qui restera durable ?

Concrètement, Henoch est dans l’ombre mais pour certains, c’est le sixième membre de Regarde Les Hommes Tomber. Donc oui, si à l’avenir on sort un troisième album, on continuera à travailler avec lui. Il est indissociable de notre thématique et du groupe.

Comment procède-t-il pour ses textes et quelle est votre relation de travail pour faire coïncider la musique, les textes et vos thématiques ?

Au préalable, nous, on fixe un cadre, une thématique ; on lui dit de quoi on va parler. Ensuite, il va nous demander de lui livrer un morceau fini. C’est-à-dire qu’il n’écrira pas tant que nous n’aurons pas finalisé la composition d’un morceau. Et il va caler les textes sur les morceaux. La thématique, comme je viens de le dire, c’est nous qui la donnons, et en fonction de ça, il va commencer à faire ses recherches et rédiger les textes. Il va fouiller dans des livres liés à la mythologie, il va relire certains textes comme l’Ancien Testament, la Bible, il va aller chercher des détails sur les histoires qu’il évoque, il va faire des recherches sur des livres critiques, etc. Il pousse ses recherches assez loin quand même. Il a une démarche très professionnelle à ce niveau-là, c’est assez impressionnant ! Sur toute la période de composition des textes, on est très régulièrement en contact, plusieurs fois par semaines on se voit physiquement. Il va même aller plus loin en nous proposant des placements des textes sur les morceaux qu’on lui soumet. Après, nous, bien sûr, on réarrange, on réorchestre, on refait les placements. C’est vraiment une collaboration très étroite. Comme je le dis, c’est vraiment le sixième membre du groupe. Lorsqu’on compose, il est là, il est présent, il s’imprègne des morceaux. Quelque part avec ses textes, il créé aussi un peu cette ambiance particulière qu’on retrouve dans notre musique et même dans notre imagerie.

On a vraiment l’impression de continuité entre les deux albums. Tu parlais de continuité musicale mais c’est aussi au niveau des thématiques et de la pochette où on retrouve la tour de Babel au centre qui est cette fois-ci enflammée…

Il faut savoir qu’on tient vraiment à avoir une démarche globale. C’est-à-dire que tout doit être lié. L’image doit être liée à la musique qui doit être liée aux paroles… On tient vraiment à proposer quelque chose de cohérent et de global. C’est pour ça qu’il y a cette continuité entre le premier album et le deuxième. La thématique du deuxième album est dans la continuité du premier album. Concrètement, on raconte une histoire. Nos textes vont tourner autour de quatre grandes thématiques qu’on aborde sous l’angle de la mythologie mais aussi de la sociologie. Il faut savoir que tous les cinq, on est athées, on n’est pas croyants, on n’est pas là pour faire l’apologie du Catholicisme ou du Satanisme. On observe et on est aussi pas mal passionné par la sociologie. Et dans les thématiques qu’on développe, on essaie de montrer comment les Hommes peuvent être manipulés par les religions, on essaie de montrer cette notion de quête de l’absolu qui parfois mène à l’autodestruction, on a aussi une troisième thématique qu’on développe plus autour de la lutte pour les pouvoirs, et on a une dernière thématique qui va plutôt s’orienter sur le comportement humain lié au fait que l’être humain cherche parfois à se faire un peu plus grand que Dieu, un comportement qui peut aussi parfois pousser à l’autodestruction. Ce sont des thématiques qu’on va retrouver sur les deux albums. Le premier album, on l’a plutôt centré sur l’opposition entre l’homme et le divin, et c’est pour ça qu’on a mis en avant sur la pochette la tour de Babel, parce que c’est une bonne illustration de cette lutte. Sur le deuxième album, on a plutôt mis en avant la notion de punition divine. En gros, sur le premier album, l’humanité s’est autodétruite et sur le deuxième, elle a été chassée du royaume de Dieu et se cherche un nouveau guide. Après s’être adonné à l’adoration de Dieu, ils vont plutôt se tourner vers des divinités inférieures comme Lucifer et là on va montrer qu’encore une fois l’humanité va se faire manipuler par Lucifer qui va les retourner contre Dieu. Après, tout ça, ce sont des allégories de choses qu’on peut voir à notre époque. On travaille surtout sur les comportements humains. Ce qui est intéressant, c’est que ce qui est raconté dans la mythologie, la Bible, l’Ancien Testament, montre l’autodestruction perpétuelle de l’humanité.

« Quand on a travaillé sur la pochette du deuxième album où on voit cette file d’exilés, on ne savait pas que quelques mois après, on verrait des images à la télé de réfugiés […]. On s’est dit que finalement on avait vu juste. »

Pourquoi le choix de la Bible ?

On voulait aborder la rédaction de nos textes sous la forme d’un récit et on voulait aussi illustrer l’histoire qu’on raconte. Comme je disais tout à l’heure, nos thématiques vont tourner autour de la lutte du pouvoir, de l’autodestruction, de l’exile, et les histoires qui ont attrait à Babel, à Sodome et Gomorrhe, à Abel et Cain, etc. illustrent parfaitement ça. Et on voulait ancrer notre musique dans une mythologie. Quelque part, on voulait aussi faire voyager l’auditeur et, plutôt que de raconter des histoires de notre époque, on s’est dit que ce serait plus intéressant de partir sur ce petit côté mythologique. Ça permet aussi de faire voyager l’imaginaire et ça colle parfaitement aux ambiances que je voulais créer au niveau musical. Comme je disais, tout ça s’inscrit dans une démarche globale liée à la musique, l’image et les textes.

Il y a un reproche qui est souvent fait aux groupes de metal qui utilisent les thématiques religieuses, c’est le fait qu’ils se focalisent beaucoup sur la religion chrétienne, sur la Bible, etc. Ça ne vous intéresse pas d’aller un peu piocher ailleurs, et en l’occurrence l’Islam qui est aujourd’hui au centre des débats ? Piocher également dans le Coran ne vous a pas intéressé ?

On ne s’est pas posé la question, en tout cas pour l’instant. Après, on est né dans un pays qui est davantage bercé par une culture judéo-chrétienne et, du coup, naturellement on s’est orienté vers ce type de textes. Même si on ne le reconnaît pas forcément, la morale judéo-chrétienne est ancrée en nous, dans notre éducation. Ça fait partie de la culture du pays dans lequel on vit. Après, comme je le disais plus tôt, on s’intéresse beaucoup à la sociologie et à la manière dont la religion agit sur les comportements humains, donc pourquoi pas plus tard aller plus loin et parler de religions un peu plus orientales. Et encore une fois, le but du jeu ce n’est pas de critiquer ou faire l’apologie d’une religion. C’est plus voir les rapports entre les êtres humains et la religion.

Et justement, c’est quelque chose que l’on peut retrouver dans toutes les religions, qui toutes apportent leurs arguments…

Oui, après, comme tu dis, il n’y a pas de barrière. La religion, c’est quelque chose d’universel et d’ancré dans l’humanité. Vu qu’on aborde ces thématiques, oui, pourquoi se mettre des barrières et pourquoi pas aborder plus tard d’autres religions.

On peut aussi penser à la mythologie grecque ou romaine, et on semble en être pas très loin parfois dans votre musique. On peut penser à Prométhée, par exemple, qui est un mythe qui parait coller à vos thèmes…

On n’y a pas encore pensé. Les civilisations grecque et romaine, sont des civilisations contemporaines aux textes sur lesquels on s’appuie aujourd’hui, donc il peut y avoir une passerelle. Après, il y a beaucoup de mythologies, beaucoup de sources d’inspirations. C’est comme avec les religions, il n’y a pas de barrières. Si pour le troisième album on veut mettre en place une thématique qui renvoie à l’histoire de Prométhée ou telle ou telle divinité, pourquoi pas. Là encore, rien n’est fixé. Ça dépendra des directions des thématiques qu’on souhaitera aborder.

Dans vos thématiques, vous parlez de l’humanité mais vous en parlez de manière plutôt négative, vous êtes pessimistes. C’est ta vision de l’humanité ? On est voués à échouer ?

C’est vrai que le nom du groupe, nos images et textes sont assez, comme tu dis, pessimistes et sombres. Ça donne une vision assez sombre de l’humanité. Après, l’histoire de l’humanité ne nous fait pas forcément mentir [petits rires]. Il suffit d’observer le cycle des civilisations. Après, on peut voir les choses sous un autre angle. Nous, on a choisi cet angle pessimiste mais si on regarde les choses sous un autre angle, on remarque que la chute de certaines civilisations a amené à la création d’une nouvelle civilisation. L’humanité fonctionne par cycles. Une civilisation atteint son apogée, puis s’autodétruit et sur les ruines de cette civilisation, une nouvelle civilisation renaît. Certains auront une image pessimiste, comme nous, d’autres auront une image beaucoup plus optimiste, se disant que les choses évoluent. Après, moi, sur un plan personnel, je ne suis pas forcément quelqu’un de pessimiste dans la vie, sinon je n’aurais pas monté un groupe, je n’aurais pas fait autant d’efforts pour le faire avancer. On est tous plutôt optimistes mais ça nous paraissait important de travailler et mettre en avant cet aspect dans la musique. Après, libre à nous, dans des projets parallèles ou à l’avenir de travailler un peu plus sur la rédemption, mais ça c’est à suivre, on verra plus tard [rires].

« Pour nous, l’artwork, l’image, c’est ultra important. C’est quasiment aussi important que la musique. »

C’est vrai que les temps actuels ne sont pas tellement à l’optimisme. Est-ce que ça vous nourris et vous inspire dans votre musique ?

Forcément, aujourd’hui, on vit une époque assez sombre. Il suffit d’allumer la télé pour voir des trucs assez tristes, ce n’est pas forcément optimiste. Quand on a travaillé sur la pochette du deuxième album où on voit cette file d’exilés, on ne savait pas que quelques mois après, on verrait des images à la télé de réfugiés, de gens qui fuient la guerre dans leur pays. Du coup, notre album est sorti en parallèle de ces événements qu’on voyait à la télé, et on s’est dit que finalement on avait vu juste, notre vision pessimiste des choses est confirmé par les événements actuels. Comme tu le dis, ça ne pousse pas à l’optimisme, malheureusement.

Comment s’articule avec tout ça votre collaboration avec Fortifem pour votre identité visuelle qui est assez forte et assure la cohérence entre les deux albums ?

Ca faisait pas mal de temps qu’on suivait leur travail. Donc c’est naturellement qu’on les a contactés pour l’artwork du premier album. Pour le premier album, on avait déjà une petite idée de ce qu’on voulait, donc on leur a soumis notre idée. On leur a proposé des éléments à mettre sur la pochette, comme la tour de Babel, qui était une volonté de notre part et on leur a demandé de s’inspirer de l’œuvre de Gustave Doré qui a illustré la Bible. Ils ont pris divers éléments qui viennent de différentes gravures de Gustave Doré qu’ils ont assemblé pour donner la pochette du premier album, et suite à ça, ils ont tout redessiné. Ça nous a beaucoup plu et vu qu’on a une démarche de cohérence, c’est naturellement qu’on les a recontactés pour le deuxième album. Là, plutôt que de s’inspirer de gravures de Gustave Doré, on s’est plutôt orienté sur un peintre anglais qui s’appelle John Martin qui, pareil, a illustré la Bible. On a là aussi repris quelques éléments de ses tableaux que Fortifem a assemblé et retravaillé, donc après ils ont apporté leur patte et des détails. Et encore une fois, ça a donné une belle pochette. On est vraiment content. On voulait vraiment marquer cette continuité entre le premier et le deuxième album, et c’est pour ça que sur le deuxième on voit à nouveau cette tour de Babel, sauf qu’on remarque bien que la situation a évoluée. La tour de Babel est en flamme, l’humanité subie la colère de Dieu, elle est obligée de quitter les lieux et c’est pour ça qu’on voit cette file d’exilés.

Donc sur le troisième album on verra la tour de Babel en ruine fumantes…

[Rires] On ne sait pas encore ! On commence seulement à y réfléchir mais, oui, s’il y a un troisième album, encore une fois, la pochette sera dans la continuité de ces deux pochettes.

Est-ce que tu as une affinité particulière pour les artistes du XIXème siècle ? Vu que vous vous êtes inspirés de Gustave Doré et John Martin…

Dans notre souci de cohérence, on cherchait des artistes qui avaient illustré l’Apocalypse, l’Ancien Testament, la Bible, etc. C’est donc naturellement qu’on s’est orienté vers ces artistes. Après, ce sont des peintures magnifiques. Pour nous, l’artwork, l’image, c’est ultra important. C’est quasiment aussi important que la musique. On a vraiment passé beaucoup de temps sur ces artworks. Vu que tout ce qu’ont fait Gustave Doré et John Martin, ce sont vraiment de belles gravures et de beaux tableaux qui sont vraiment très évocateurs, qui font aussi beaucoup appel à l’imaginaire, donc c’était vraiment adapté à notre musique.

Ce sont aussi des œuvres presque hors du temps. Est-ce que c’est quelque chose que vous voulez pour votre musique, la sortir du temps ?


Oui, ça rejoint un peu ce que je disais tout à l’heure. Quand on a commencé à rédiger les textes, on ne voulait pas quelque chose qui s’ancre dans notre époque. On voulait quelque chose d’intemporel. Du coup, c’est une très bonne question car on voulait que notre musique et les textes puissent s’adapter à toutes les époques de l’humanité, à toutes les différentes civilisations qu’a connues l’humanité. On voulait donner un côté intemporel à notre musique. Et on se base sur des textes aussi qui sont intemporels. L’Ancien Testament, la Bible, ce sont des textes qui ont traversé les âges – pour certains, ils ont plus de 2000 ans. C’est exactement ce que tu dis : donner un côté intemporel à la musique. Tout à fait.

Par rapport à ce que tu disais sur ta manière de concevoir l’esthétique du groupe comme allant au-delà de la musique, ça peut faire un peu penser à la démarche d’un groupe Amenra, avec qui vous avez joué il n’y a pas très longtemps. Est-ce un groupe qui représente quelque chose pour toi ?

Déjà, c’est un groupe qu’on aime beaucoup. Je pense que ça se ressent, surtout sur le premier album. C’est un groupe qui a eu une bonne influence, en tout cas sur moi. C’est un groupe qui aussi beaucoup travaillé sur ses ambiances, sur l’atmosphère et les images. Donc, en ça, effectivement, il peut y avoir des passerelles entre nos deux groupes. Après, d’un point de vue musical, je pense que sur le deuxième album on s’éloigne musicalement pas mal d’Amenra. Amenra a toujours gardé ses tempos très lourds, très lents. Nous, sur le deuxième album, on prend pas mal nos distances à ce niveau-là, les tempos sont plus accélérés, il y a pas mal de blasts. En tout cas, oui, il ne faut pas se cacher, Amenra est une grosse influence pour nous. Le fait de jouer en première partie pour eux, c’est vraiment un petit accomplissement pour nous parce que c’est un groupe reconnu. Le fait d’être sur la même affiche qu’eux était vraiment important pour nous. C’était une très bonne expérience, et on s’est pris une claque [petits rires] en les regardant.

Interview réalisée par téléphone le 10 novembre 2015 par Nicolas Gricourt et Chloé Perrin.
Retranscription : Nicolas Gricourt.
Jean est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 08/12/2015, 18h56   #14
Jean
sans statut
Paragon de Noirceur
 
Date d'inscription: mars 2014
Messages: 376
Par défaut

French Metal


http://www.french-metal.com/ rubrique interview - Regarde Les Hommes Tomber - Jean-Jérome 04/12/2015
Jean est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 08/12/2015, 18h57   #15
Jean
sans statut
Paragon de Noirceur
 
Date d'inscription: mars 2014
Messages: 376
Par défaut

United Rock Nation (chaine youtube) www.facebook.com/unitedrocknations

https://www.youtube.com/watch?v=akuU...ature=youtu.be
Jean est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 11/12/2015, 13h19   #16
Saltimbank021
hello world!
Staff des Acteurs de l'Ombre
 
Avatar de Saltimbank021
 
Date d'inscription: juillet 2009
Messages: 1 382
Par défaut

among the living _ FR

http://amongtheliving.fr/interview-r...hommes-tomber/

Interview – REGARDE LES HOMMES TOMBER

Entretien avec Jean-Jérôme
Guitariste de RLHT



Bonjour, il s’agit aujourd’hui de notre première interview ensemble pour ce webzine, aussi, comme il est d’usage avant l’avalanche de questions, merci de te présenter et de présenter ton groupe.

Quand est né ce projet et comment vous êtes-vous tous rencontrés ?

JJS : Salut, le projet est né fin 2010, début 2011. J’ai commencé seul, à composer dans mon coin pendant plusieurs mois, sans but précis. C’était un travail assez introspectif où je cherchais surtout à mettre en musique des émotions et des atmosphères.
Puis un jour, j’ai fait écouter le résultat à mes camarades qui m’ont rejoint par la suite. Les titres les ont beaucoup touchés et on a décidé de monter ce groupe. On a répété pendant des mois sans ne quasiment rien dire à personne. On voulait vraiment débarquer avec des morceaux finalisés et un concept solide.
Ce fut chose faite en Mai 2012 où l’on a donné notre premier concert à Nantes, en première parti de Wolves in The Throne Room. A l’occasion, Gérald, le boss du label Les Acteurs de L’Ombre productions était présent. Il a décidé de nous signer dans la foulée !

Avez-vous tout de suite « validé « ce style musical plutôt particulier ou avez-vous testé des trucs plus « basiques » avant ? (type Black métal, sludge pur, etc…)

JJS : Ce style est venu naturellement et s’est imposé à lui-même. Le but n’était pas de faire du Black ou du Sludge, mais de faire une musique vivante qui fait la part belle aux émotions et aux ambiances. Après, il est évident que j’ai inconsciemment été influencé par les groupes et les styles que j’écoutais à l’époque, genre Envy, Isis, Cult OF Luna, Amen Ra, Secret of The Moon, Dissection, Sigur Ros, etc…

Le nom du groupe est-il issue du film éponyme de Jacques Audiard ?

JJS : Oui, c’est une idée d’Antoine, le second guitariste du groupe. Nous cherchions un nom de groupe qui résume parfaite nos thématiques et englobe l’esprit de notre musique, et ce nom collait parfaitement. A l’époque, Antoine avait été scotché par le film « Un Prophète » du même réalisateur. Il s’est donc intéressé au reste de sa filmographie et il est tombé sur Regarde Les Hommes Tomber.



Après le succès de votre précèdent opus, qui vous a propulsé sur pas mal de scènes partout en France, vous avez remis le couvert avec votre nouveau bébé Exile, qui est sorti en septembre dernier. Il me semble que, pour ce nouvel opus, vous avez changé de chanteur…Peux-tu m’en dire plus sur les raisons de ce changement et surtout ce qui a motivé votre choix.

JJS : Le premier chanteur avait envie de passer à autre chose et de se recentrer sur Otargos et d’autres projets. Il a donc décidé de nous quitter. Dans la foulée, nous avons appelé Thomas.
Pour la petite histoire, nous l’avions déjà testé en 2011. On avait été conquis mais deux jours après son essai, Ulrich nous a contacté. A l’époque nous avions été surpris que le chanteur d’Otargos nous connaisse.
C’est Gérald qui lui avait parlé de nous. Du coup, nous avions choisi de débuter l’aventure avec lui. Thomas nous a dit « pas de soucis les gars, c’est normal, c’est super pour vous » ! Puis dès qu’Ulrich est parti, on l’a rappelé, tout naturellement, il a tout de suite été super motivé.


A part ce changement de line up, qu’est ce qui a changé entre la compo/enregistrement du premier et du second album ?

JJS : Le premier album était le projet d’une seule personne. Puis l’album est sorti, a été reconnu, et nous avons pas mal tournée, comme tu l’as dit. D’un one man band, nous sommes passés à un collectif. Du coup, pour ce second album, le travail de composition s’est fait en groupe. J’ai encore apporté la matière première mais tout a été revu ensemble. Les gars ont également leurs influences propres et voulait absolument participer. C’est la raison pour laquelle, je pense, ce nouvel album est plus riche, plus profond. Autre chose, lors des concerts pour le premier album, on s’est mis à jouer de plus en plus vite, avec de plus en plus d’énergie sur scène. C’est une chose qu’on a voulu retranscrire sur ce second album. Arrivé en studio, on a donc abandonné le « clic », on a fait vivre les morceaux, et on a joué vite, très vite ! C’est aussi ce qui donne cette impression d’une influence black métal plus présente.


D’ailleurs, combien de temps avez-vous mis pour écrire puis enregistrer cet opus ?

JJS : On avait déjà les premières ébauches dès la sortie du premier album. Je ne m’étais pas arrêté de composer pour autant. Mais avec la multiplication des concerts, on s’est ensuite moins concentrés sur la composition. Puis, une sorte de pression a commencé à s’installer. Le premier album marchait bien, les gens attendaient une confirmation, une suite… Du coup, on s’est un peu mis à stresser, mais six mois avant l’entrée en studio, tout s’est débloqué : on a bossé comme des dingues, pendant des heures, en répète, à domicile pour au final sortir cet album dont on très très contents.

Quelle place prend le visuel dans votre musique ?


JJS : Pour nous les visuels sont aussi importants que la musique. C’est important que nos artworks retranscrivent parfaitement notre univers et nos textes. Nous avons une démarche globale. Tout doit être lié et cohérent : musique, textes, visuels, ambiances, scène. On prend des heures à bosser les visuels au détail près et à se prendre la tête ! C’est la raison aussi pour laquelle, sur les deux albums, on a bossé avec les excellents graphistes parisiens de Fortifem qui ont fait un super boulot et qui ont su parfaitement retranscrire notre univers !

Pour vous les clips c’est plus un bouffe fric ou une étape importante pour la promo d’un groupe ?

JJS : On s’est longtemps posé la question de la pertinence d’un clip pour nous. On n’a jamais vraiment été trop chaud pour ça. D’autant plus que tous nos visuels sont basés sur des gravures et des peintures. Donc mettre ça en clip, ce n’est pas évident. On s’est tout de même risqués à faire une lyrics vidéo pour la sortie d’Exile pour laquelle on est plutôt contents. Mais récemment, bien poussés par notre label et notre tourneur, on a décidé de franchir le pas et de commencer à bosser un projet de clip. On se prend pas mal la tête dessus car on veut un truc vraiment bien. C’est vrai que c’est une étape importante à franchir pour nous en termes de visibilité.


Quelles sont vos prochaines dates en France ?

JJS : On arrive fin 2015 et nous avons fait une dizaine de date depuis la sortie de Exile en Septembre. Pour le premier semestre 2016, l’agenda commence a déjà bien se remplir. On va continuer à sillonner la France, on va également un peu sortir de nos frontières et faire quelques festivals. On attend toutes les confirmations avant de faire des annonces !



Quelle est ta date préférée avec le groupe ?


JJS : La plus part d’entre nous sommes d’accord pour dire que le Motocultor en 2013 était surement notre meilleur date. Paradoxalement, nous n’étions pas forcément dans notre élément. On est surtout habitués aux petites salles, on joue dans le noir, avec des strombos et des néons.. Là, c’était à midi, en plein jour.
Mais dès le début, on a été surpris de voir autant de monde. On a vraiment senti qu’il se passait quelque chose. Et du coup ce jour-là, on a vraiment assuré. On s’est adaptés à l’ambiance festival plein air, on a joué les morceaux de manière très énergique et c’est passé nickel. D’ailleurs, si je me souviens bien, tu as pris une belle photo ce jour-là ! ��


Quels sont les projets futurs du groupe ? Avez-vous déjà commencé à écrire des choses pour la suite ? (ou peut être des choses non utilisées que vous allez utiliser pour la suite…)

JJS : Comme je t’ai dit plus haut, dans l’immédiat, c’est de sortir un clip et de continuer notre série de concert, en 2016, en France et en Europe. Le troisième album n’est pas encore d’actualité même si de mon côté, je continue à composer.

Il me semble que vous avez joué il n y a pas trop longtemps à Paris au Divan du monde. Parle-moi de cette date avec ce public parisien toujours aussi exigeant.

JJS : Oui, c’était une date pas du tout évidente pour nous. L’album venait tout juste de sortir, au niveau scénique, on sortait d’une longue pose de quasiment un an, et pour couronner le tout, on devait ouvrir pour les cultissimes Amen Ra! Autant te dire le niveau de stress ! Haha ! Bref, on a eu beaucoup de mal à rentrer dedans, mais au final ça l’a fait, même si ça ne reste pas notre meilleur concert. Mais ouvrir pour des groupes pareils, c’est vraiment une chance et un plaisir pour nous. On observe, on apprend, on se remet en question. On en sort toujours que du positif !

Quels sont tes derniers coups de cœurs musicaux ?

JJS : Récemment, le truc qui m’a le plus scotché c’est l’album Exercices in Futility de MGLA! Un véritable chef d’œuvre. Je suis également un grand fan du groupe japonais ENVY depuis une dizaine d’année. Et là, on octobre, ils ont sorti Atheist’s Cornea, un album vraiment immense !

Parle-moi de votre meilleur moment spinal tap

JJS : Haha désolé, j’ai incroyablement honte mais je n’ai pas vu ce film ! J’espère que tu publieras quand même l’interview haha
__________________
Saltimbank021
https://twitter.com/saltimbank021
Saltimbank021 est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 20/12/2015, 03h34   #17
Saltimbank021
hello world!
Staff des Acteurs de l'Ombre
 
Avatar de Saltimbank021
 
Date d'inscription: juillet 2009
Messages: 1 382
Par défaut

delay and distorsion

https://delayanddistorsion.wordpress...le-atmosphere/


Regarde les Hommes Tomber put out a very impressive second album this year with Exile by transforming from a standard post black metal to a more raging and slower beast. I took the opportunity to ask a few questions to Jean Jerôme, the main song writer of the band, about their evolution, their artworks and their overall aesthetic.

For the first album you were the only song writer according to the interview you gave at the time. Was it the same for Exile, and if not, what made writing this album this album different?

JJS: It’s true that I wrote the album by myself, even before the band existed. When my comrades integrated the band, we tweaked some songs before going in the studio, but essentially they remained true to what I had written. Then, we started to tour quite a bit and to build a reputation. When we started to write Exile, the context was different; we had become a band. Regarde les Hommes Tomber was not a one man project anymore but a collective. Therefore, we wrote the album together, as a group. I brought the foundation then we built around them so that our different projects give more depths and diversity to Exile.

Did changing singer brought a different approach in writing or in the way you worked as a band?

JJS: You have to consider that our first singer, Ulrich (Otargos), never intervened in the song writing process and never wrote any lyrics. We had settled on a theme even before he arrived. He was only the voice. Therefore, his departure didn’t affect the writing of Exile. Thomas, our new singer is somewhat doing the same ahah! However, he is deeply involved in the life of the band. Today, it feels like he has always been a part of the band and he gave his whole with class to this album.

Your first album cover was an illustration by Gustave Doré but for Exile you choosed to work with the illustrator duo Fortifem. How did your collaboration worked to create this artwork?

JJS: In truth Fortifem was already the ones who had created the cover of our first album. We just decided to continue working with them for Exile. We were really satisfied with their worked and it seemed logical to continue our collaboration. Furthermore, we really wanted to keep an image linked to etchings and biblical pictures. Therefore, the album cover for Exile is in the continuity with the one for the first album. On the first one, you can see the tower of Babel, the symbol of mankind trying to become the equal of God. You can also a raging mob, symbol of the discord between men and of their power struggles. On Exile, the same tower of Babel is now burning, surrounded by a city that can assimilated as Sodom and Gomorrah, also burning. Crowds of scarred people are fleeing to begin a life of wandering for humanity. This was a way for us to signal this album was the direct continuation of the first album. Mankind is being punished and chased from the kingdom of God, left to fend for themselves. They still are the toy of the divine powers who enjoy manipulating them. Here, we choose to go more towards biblical and apocalyptic paintings of John Martin, an English painter from the XIXth century who illustrated the Bible. This time again it’s Fortifem who took care of assembling the different elements and to redraw the complete picture. We are really happy with the result; the cover is magnificent and filled with many details that are left to be discovered.

regardeleshommestomber

Your new album took a more black metal direction, or at least a darker one compared to the first album. Was it a conscious decision from you?

JJS: The first album already a certain black metal feel so we voluntarily continued to explore this style. You can also see that on Exile the songs are sometime faster, more violent and darker. Blast are more frequent and involved. It was also the result of a cycle of composition where every member took part in writing the songs, particularly our drummer and our second guitarist who are big fans of death metal and black metal.

The production on the first album underlined the overall aspect of the music but not enough the individual contribution of each instruments. With this new album I think you have found a good equilibrium so that each instrument has found its place without losing power. How did you approach the recording of this album compared to the previous one?

JJS: Absolutely, for Exile we took a different approach. We went to record at the Studio Sainte Mathe, with Francis Caste. We really appreciate the work he did for bands such as Kickback or Comity. It’s also a great professional recognized for his work and that’s also what motivated our choice. His advice were really essential for us and influenced the end result for Exile. We wanted to have a really solid rhythmic bloc so we made the bass and the drums really loud and dense. For these instruments, we wanted a raw with very little effects. Conversely, we wanted something very ethereal and misty for the guitars so that you could barely hear the guitar picks to make it sound closer to a layer of synth. It’s really that contrast between this massive rhythm and the ethereal guitars that makes the strength of our music. The objective was to create an atmosphere that serves our theme while keeping the energy you found in black metal and postcore. My ultimate goal would be to meld perfectly black metal and post-rock, a musical style that I’m a big fan of. Maybe on the third album?

What artists, outside of music, do you feel close to from an aesthetic point of view?


JJS: Personally I’m an avid fan of Japanese culture, particularly regarding cinema. I appreciate most particularly the universes created by film-makers such as Hayao Miyazaki (Spirited Away, My Neighbor Totoro), Mamoru Hosoda (Summer Wars, Wolf Children) or Makoto Shinkai (5 centimeters per second, The garden of words). It has nothing to do with the aesthetic of Regarde les Hommes Tomber but I have been charmed by this dream like universe. In a completely different register, I appreciate particularly the filmography of director like Takeshi Kitano (Sonatine, Violent Cop) or Shinya Tsukamoto (Tetsuo, Bullet Ballet). Generally, I have been touched by artists who have been able to create really strong atmosphere in their work. To name just a few examples, I would choose Francis Ford Coppola with Apocalypse now, Stanley Kubrick with 2001, A Space Odyssey, Kentaro Miura who created the universe of Berserk, the people from Blizzard who created the Diablo trilogy or the Naughty Dog studio who created The Last of us, Asimov with the Foundation cycle, Hermann Hess with this writing inspired by oriental philosophy, etc… the list could go on. What links our musics and these authors is the creation of an universe and putting into place a very remarkable atmosphere.

Note: The examples of movies for all Japanese film makers were provided by the author of the article.
__________________
Saltimbank021
https://twitter.com/saltimbank021
Saltimbank021 est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 08/01/2016, 14h01   #18
Jean
sans statut
Paragon de Noirceur
 
Date d'inscription: mars 2014
Messages: 376
Par défaut

Bleeding4metal

http://www.bleeding4metal.de/index.p...terview&id=878


Nachdem mich auch das zweite Album von REGARDE LES HOMMES TOMBER total in seinen Bann geschlagen hat, war es an der Zeit für ein Gespräch. Sänger T.C. erklärt, worum es der Band mit ihrer Musik geht, erzählt über das Artwork und dass die Band am liebsten auf der Bühne steht.



Hallo und Gratulation zu eurem zweiten Vollalbum "Exile", welches die willkommene Gelegenheit für ein Gespräch bietet. Das Album hat sehr viel Lob erfahren. Wie fühlt ihr euch mit all diesem positiven Feedback?

T.C.: Wir möchten einfach nur den Leuten danken, die unsere Musik genießen und uns unterstützen. Die Scheibe ist genau die, die wir erwartet haben; jeder in der Band setzte all seine Energie darauf ein und wir sind sehr erfreut über die Art, wie sie von Fans und Medien aufgenommen wurde. Wir sind stolz darauf, es ist sehr befriedigend.

Wie würdet ihr eure Musik jemandem beschreiben, der noch nie von REGARDE LES HOMMES TOMBER gehört hat?


T.C.: Es würde Stunden dauern über jeden Song individuell zu sprechen. Ich will lieber das allgemeine Bandkonzept vorstellen. Es konzentriert sich auf den Hauptpunkt: den Fall der Menschen, die von Gott abgewiesen und gequält werden, trotz ihrer Ergebenheit und ihrer Liebe zum Göttlichen. Das neue Album bildet sowohl diesen Fall ab als auch die Geburt des Bewusstseins, was die Menschheit dazu führt, während des Exils Gott und alle Grundlagen für dessen Verehrung abzulehnen … um am Ende ihr eigener Gott zu werden und "auf diesem Thron zu sitzen".

Ebenso wie auf eurem ersten Longplayer ist auch das Artwork von "Exile" fantastisch. Das Artwork wurde ebenfalls wieder vom Künstlerduo Førtifem gemacht. Bekamen sie die Musik vorab zu hören? Habt ihr ihnen einen Wink gegeben, wie ihr das Artwork haben wolltet?

T.C.: Wir kannten ihre Arbeiten schon vor der ersten Zusammenarbeit, wir lieben ihre Werke. Ähnlich wie bei der Produktion hatten wir eine genaue Vorstellung von dem, was wir wollten: Wir suchten auf der einen Seite etwas, was leicht an das erste Album erinnert, und auf der anderen Seite auch anders ist. Diese Verbindung ist für uns sehr wichtig. Wir wollten etwas Episches, was unseren Sound perfekt hervorhebt und zum Konzept passt, mit dem wir uns beschäftigen. Wir erzählen Geschichten, mit Kapiteln, die mehr durch einen bewegenden Ton als durch etwas Chronologisches verbunden sind … so haben wir ihnen die Tracks gegeben, mit genauen Hinweisen, und nach etlichen Wochen des Dialogs wurde das Endergebnis geboren.

Wo finden REGARDE LES HOMMES TOMBER die Inspiration für ihre Songs?

T.C.: REGARDE LES HOMMES TOMBER setzt sich aus Freunden zusammen, die unterschiedlichen Geschmack haben, was, denke ich, eine echte Stärke ist. Einige von uns kommen vom puren Black Metal, andere sind große Fans von Sludge und Post Metal … Wir denken überhaupt nicht, dass ein Musiker nur ein Genre hören sollte, das ist der Grund, weshalb unsere Musik eine Mixtur aus verschiedenen Einflüssen ist. Wir vertrauen der Kraft dieser Vielfalt, um unseren Sound zu schaffen. Wir haben keine "direkten" Einflüsse, aber uns zu hören, kann Bands wie DRUDKH, AMENRA, WOLVES IN THE THRONE ROOM et cetera ins Gedächtnis rufen … noch einmal, wir bauen unsere Musik auf, ohne an ein Modell zu denken, wir suchen bloß nach dem besten Weg, unser Konzept darzustellen.

REGARDE LES HOMMES TOMBER haben im vergangenen Oktober, November und Dezember wenige Shows in Frankreich und eine in der Schweiz gespielt. Wie stehen die Chancen, euch in Deutschland oder woanders in Europa zu sehen?


T.C.: Wir hoffen, dass wir 2016 ein paar neue Gelegenheiten bekommen. Wir wären hocherfreut, Shows im Rest von Europa zu spielen, unsere Künstleragentur Kongfuzi arbeitet dran. Tatsächlich habe ich 2010 vier Monate für einen Job in Deutschland verbracht und ich habe es verdammt genossen … es wäre also ein Vergnügen zurückzukommen.

Genießen es REGARDE LES HOMMES TOMBER live zu spielen? Werdet ihr inspiriert vom Spiel auf der Bühne?

T.C.: Wir lieben die Bühne. Live zu spielen, ist was wir am meisten genießen, wir wollen etwas Einzigartiges zeigen, eine Art Messe, ein Eintauchen. Wir benutzen unsere eigene Lichtanlage, um eine bedrückende, eine erstickende Atmosphäre zu errichten … auch Mengen von Nebel … Wir sprechen nicht, die Musik tut es für uns.

Was ist das Hauptziel, wenn REGARDE LES HOMMES TOMBER Musik komponieren? Gibt es etwas, was ihr mit eurer Musik erreichen wollt?


T.C.: Kunst zu machen und damit frei zu sein; Glauben und biblische Mythologie ohne ideologische Botschaft zu behandeln. Das ist alles. Wir sind nur Songwriter, wir spielen die Musik, die wir lieben und so lange, wie wir das tun können, ist alles in Ordnung.

Bitte erzähle uns etwas über den Songwritingprozess bei REGARDE LES HOMMES TOMBER.

T.C.: "Exile" wurde in kollegialer Arbeitsweise geschaffen, während das erste Album nur von einer Person, unserem Gitarristen J.J.S., komponiert wurde. In dieser Hinsicht haben wir uns sehr angestrengt, die Ideen eines jeden Mitglieds während des Schreibprozesses einzubinden. Bei diesem Album ist die Produktion viel größer: "Exile" wurde aufgenommen, produziert und gemastert von Francis Caste (Studio Sainte Marthe, Paris) und er hat einfach verdammt gute Arbeit getan … der Aufnahmeprozess selbst war sehr fließend und natürlich, ein wirkliches Vergnügen.

Bitte gib uns einen Überblick über die Texte auf "Exile".

T.C.: Alle Texte beschwören biblische Mythologien herauf (Abel, Kain, Lilith, die Stadt Sodom, et cetera). Zum Beispiel veranschaulicht das Artwork von "Exile" den Song 'To Take Us': eine von Flammen zerstörte Stadt, eine ins Exil verdammte Menge … es zeigt Sodom und die göttliche Bestrafung der sündigen Menschen. Dieser Mythos ist faszinierend, obwohl es nicht der biblische ist, mit dem wir uns auf "Exile" beschäftigen, war es klar, ihn für das Coverartwork zu verwanden … einfach, weil dieses Thema unser Hauptkonzept zusammenfasst und etwas visuell Starkes und dunkel Verzweifeltes wachruft.

Was können wir von REGARDE LES HOMMES TOMBER in Zukunft erwarten?

T.C.: Wir haben keine "Pläne". Wir versuchen unseren eigenen Weg zu gehen, unsere Identität zu erhalten, ohne über Trends nachzudenken … Ein dritter Teil wird eines Tages veröffentlicht, aber im Augenblick messen wir dem Komponieren nicht die höchste Priorität bei. Wir wollen nur live spielen.

Vielen Dank für deine Zeit, meine Fragen zu beantworten. Die abschließenden Worte gehören dir.

T.C.: Wir sind wirklich sehr aufgeregt, dieses neue Material auf der Bühne darzubieten, nach all den Monaten der Komposition/Proben/Aufnahmen. Danke für dieses Interview, à très bientôt
Jean est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 11/01/2016, 20h42   #19
Jean
sans statut
Paragon de Noirceur
 
Date d'inscription: mars 2014
Messages: 376
Par défaut

Horns up

http://www.hornsup.fr/a-13328/interv...ommes-tomber-3


Alors que son deuxième album, Exile, venait tout juste de sortir, Regarde Les hommes Tomber a effectué une série de trois concerts qui s'est conclue à L'Aeronef de Lille dans une salle comble. Une très bonne occasion pour discuter avec A. (guitare) et T. (chant) en taxant leurs Kit-Kat.


1/ Salut A., salut T., comment ça se passe pour vous en ce moment avec Regarde Les Hommes Tomber ?


A : Très bien! Pour l’instant, c’est cool, on est hyper content de reprendre les concerts après une pause de quasiment 9 mois. On a travaillé un nouveau set, abattu pas mal de boulot et là, c’est la quatrième date ce soir.

T : Ouais c’est ça, il y a 15 jours c’était la release party et ce soir c’est la troisième date de suite. On était à Paris avant-hier, Orléans hier et ce soir Lille. Donc vraiment content de refaire des concerts, ça fait du bien.

2/ Vous venez juste de sortir Exile, votre deuxième album, comment sont les retours pour l’instant ?

A : Que des bons retours, même si en terme de promo ça commence juste à se faire petit à petit. Pas mal via des petits webzines, des gens qui font ça pour la passion, dans des genres de blogs (Ndlr : Interview réalisée début octobre). Donc pour l’instant plein de bons retours, mais le truc qui nous fait plaisir c’est que les gens ont compris vers où on voulait aller. C’est à dire que l’on gardait un peu la même recette que sur le premier album, mais en extrémisant ça, en allant vers quelque chose de plus black, qui nous correspondait mieux. Le groupe a évolué au fur et à mesure des années, le premier album, c’était vraiment la marque du groupe à l’instant T, le tout départ. A force de faire des concerts, on est devenu plus extrême, on a joué plus vite et cet album-là marque vraiment ce changement au niveau du son. Ensuite, c’est le premier album avec T, ça s’est hyper bien passé, on est super content de sa voix, on regrette rien du tout.

3/ Vous avez réussit à taper très fort dès le premier album, presse et public unanime, premières parties prestigieuses, présence au Hellfest, Motocultor, Roadburn… le mec de Trivium qui se promène avec vos T-shirts que vous avez vendu par palettes. Vous ne vous êtes pas dit à un moment que ça allait trop vite ?

Ok, là pour le coup, je peux rentrer dans les détails, car on ne m’a jamais vraiment posé de question la-dessus. Si tu veux il y a deux choses, déjà au départ, il y avait la musique qui était faite, car on a tous eu des groupes avant, mais on faisait des concerts sans rien préparer, on jouait alors que l’on n'avait pas de CD à vendre, on avait rien. Là, on s’est dit, la musique est super cool, on travaille quelque chose, on ne va rien dire à personne, bosser pendant 6 mois que là-dessus et quand on sera prêts, on fera un concert et advienne que pourra... Ensuite, la chance que l’on a eue, c’est qu’au premier concert, il y avait Gerard, des Acteurs de L’Ombre, qui a vraiment adoré. Je pense qu’à l’époque, le label était plus petit, ce qui fait qu’à la sortie de l’album en 2013, on était, je pense le seul groupe du label à faire des concerts. T’avais The Great Old Ones, mais ils n’avaient pas d’album à sortir. Du coup, ils ont mis le paquet sur nous, on a eu de la chance niveau promo, et après je ne sais pas comment dire... Ça a plu... Ça a plu... Tu fais ton truc de ton côté, tu bosses la musique, tu bosses le concept, nous les visuels, c’est un truc auquel on a attaché énormément d’importance dès le départ. C’est à dire que Regarde les Hommes Tomber, c’est un concept entier. Un groupe comme Cult Of Fire, s'ils n’avaient pas toute leur esthétique propre, les bougies… Bah ça marcherait sûrement moins bien ! La musique est géniale, mais il manquerait surement quelque chose ! Donc pour nous, c’était fondamental

4/ Et du coup ça va être quoi l’objectif avec Exile ?

C’est un peu plus stressant car pour Exile c’était plus compliqué. On a beaucoup joué, on avait du mal à boucler les morceaux, vraiment, au contraire du premier qui a été composé rapidement… Donc les objectifs, déjà arriver à faire pareil que pour le premier, car il s’est passé tellement de chose folles dès le départ que là, ça devient un peu compliqué... Mais aller plus loin, jouer à l’étranger. On a déjà eu la chance de jouer au Roadburn, il y a un truc en mai qui est en préparation pour une tournée européenne… On va essayer de jouer autant que possible et surtout faire en sorte que les gens écoutent l’album, qu’ils nous kiffent et qu’ils comprennent un peu mieux là ou on veut aller.

5/ Au niveau de la composition, si je ne me trompe pas, le premier album avait été entièrement réalisé par J.J (guitare) sans même la conception de groupe en tête...

En fait, il avait composé 5 morceaux, on a gardé les deux premiers. Ces deux-là, on les a explorés et c'est ce qui a donné l’univers du groupe. Lui à la base, il avait effectivement composé ça tout seul, avec une seule guitare. Nous, on se connaissait tous et quand j’ai découvert ça, j’ai dit “Putain les gars, je veux absolument jouer avec vous !”. Après on a bossé, on a répété, répété, répété… Donc il a composé l’architecture du premier album, nous, on a tous donné nos idées, mais vraiment, c’est lui à la base des compos.

Après moi quand je jouais, ça m’évoquait beaucoup de choses, c’était un truc assez ésotérique. Puis le nom, Regarde Les Hommes Tomber, à partir du moment où on l’a eu, ça c'est débloqué C’est moi qui ai eu l’idée, mais au début personne dans le groupe ne semblait convaincu. Ils trouvaient ça long, compliqué, mais au final on s'en fout, le nom défonce ! Et à partir de là, on avait Regarde Les Hommes Tomber, la musique, il restait à créer l’univers. L’univers, c’est ce que j’avais imaginé en jouant les morceaux. Il fallait quelque chose qui soit ancien, qui rappelle… Si tu veux un des premiers groupes de black metal que j’ai écouté, c’était Emperor, tout leur délire graphique me plaisait et Regarde les Hommes Tomber, même si ce n’est pas la même chose, me rappelait un peu ça. On s’est donc dit que ce serait trop cool de réussir à mélanger tous ces trucs-là. Puis j’ai découvert Fortifem qui ont fait un boulot de taré pour nous.

Et du coup qu’en est-il du processus de composition pour ce deuxième album ?

Pour le deuxième album, c’était un travail plus collégial. J.J. a composé beaucoup de morceaux, on en a gardé quelques uns et ensuite on a plus travaillé entre nous. C’est à dire qu’un morceau comme Embrace The Flames par exemple, n’a quasiment pas bougé par rapport à la preprod. Après on a arrangé des choses en studio, mais les riffs n’ont pas bougé, ce sont ceux que J.J. a composé. Pour d’autres morceaux, par exemple The Incandescent March, j’ai composé la structure puis après il a rajouté les mélodies. Un autre morceau, c’est notre batteur qui l’a composé et derrière on a rajouté nos idées, etc etc … Si tu veux ça s’est fait plus en repet’ et pour nous, c’est toujours pareil : si ça sonne en repet, on s’en fout des preprods ! Les preprods on les fait pour nous servir de support, mais si elles ne sonnent pas en repet, c’est pourri. Mais à partir du moment où ça sonne, on est bon.

Pour finir sur la voix, le travail de composition et d’arrangement s'est vraiment affiné à partir du moment où T. a rejoint le groupe. On est hyper content de sa voix et il a apporté quelque chose en plus, il a été plus loin que ce que l’on espérait.

6/ On va rester sur T. justement, le principal changement entre ces deux albums, c’est le départ d’Ulrich et donc la venue de T., pouvez vous revenir sur cette modification de line-up et l’intégration de ce nouveau chanteur


À la base du groupe, on n'avait pas de chanteur, on s’était dit que l’un de nous aller chanter, on a fait des essais et c’était complétement naze haha ! En fait, au début, on ne voulait pas d’un chanteur en avant, même si maintenant, c’est le contraire. On a vu que nous, ça ne le faisait pas donc on a cherché un chanteur. Le premier concert s’est fait sans, puis Ulrich nous a contactés deux jours avant que l’on teste un premier chanteur, et ce premier chanteur, c’était… T. ! Il a donc répété avec nous, c’était génial, et à la fin, on lui a dit “Bah écoute mec, ta voix, elle défonce, mais y a le mec d’Otargos qui nous a contactés…” Et là T. nous a dit “Prenez-le !”

T : C’est bien normal !

A : Ce qui fait que quand Ulrich est parti, les gars ont dit “Bah on recontacte T.”, mais est-ce qu’il va bien le prendre, ou ça va le faire chier … Mais il a fait le test.

T : Et ça l’a carrément fait ! Les premières repet’ se sont très bien passées, malgré une grosse masse de travail car j’avais toutes les paroles du premier album à apprendre assez rapidement. Puis le vrai test ça a été les trois dates que l’on a fait en novembre il y a un an, Poitier, Paris et Verdun. Et là autant scéniquement qu’humainement ça a été génial !

Vous vous connaissiez avant ?

A : Un petit peu.

T : Ouais, vite fait de loin.

A : Je connaissais vite fait T., mais je le voyais tous les matins quand j'allais à la fac.

Ok, car pour en revenir à Ulrich, en plus du fait qu’il est le leader d’Otargos, vous vous connaissiez tous avant, ce qui devait lui donner le sentiment d’être un peu une pièce rapportée. C’est quelque chose que vous pensez évincer avec Thomas ?

Effectivement, c’était un peu le cas avec Ulrich, oui, mais c’est une question de feeling aussi. Ulrich, c’est le leader d’Otargos et une fois qu’Alexxx s'est barré, il s’est retrouvé seul aux manettes du groupe. Quand il nous a rejoints, il n’avait pas composé la musique et les paroles, c’est un ami à nous qui les a écrites. D’ailleurs, on tient vraiment à ça, car on aime sa plume et c’est un travail commun. C’est hyper important et je tiens absolument à ce qu’il continue avec nous, car c’est une pièce maitresse de l’univers du groupe.

De plus, Ulrich n’avait pas non plus composé les lignes de chants, avec le bassiste, on a fait une sorte de maquette avec la voix et on lui a demandé de les faire comme telles, avec quelques arrangements bien sûr. Ce qui fait que oui, c’était un peu une pièce rapportée, c’est vrai. Après il a apporté quelque chose, c’était les lumières, le fait que sur scène, ce soit lui qui gère les spots. Ce que T. a pu reprendre ensuite.

Par contre quand il est parti, on s’est dit : “Bon, il part, OK, faut qu’on trouve une solution” Et c’était génial que l’on reprenne T., qui faisait partie du processus initial. Quand il est arrivé en repet', c’était du délire ! J’étais en train de jouer, j’ai juste entendu et j’ai pensé "ouais ok, la voix niquel”, il connaissait toutes les paroles, parfait ! On a fait le premier concert, il apportait quelque chose que je trouvais visuellement encore mieux qu’Ulrich, enfin diffèrent, mais que je préfère !

7/ Vous avez cette fois décidé d’enregistrer chez Francis Caste au Studio Sainte-Marthe
qui a sorti entre autres Kickback, Necroblaspheme, Arkhon Infaustus, pourquoi ce choix ?


On voulait tester ce que c’était d’enregistrer dans un grand studio et Francis Caste, comme tu dis, a des premiers albums prestigieux, donc c’était un kiff d'aller chez lui. Même notre ingé-son nous disait “putain les gars, si vous voulez allez dans un studio, allez chez Francis Caste ! “ On adorait le son de batterie hyper naturel de ses productions, même si moi, je trouvais que sur certaines, la guitare manquait un peu d’impact, mais on a pu travailler ça avec lui. En outre, on est bien branchés avec les gars de Svart Crown, qui sont des potes maintenant et qui nous ont dit “Les gars, Francis, c’est un magicien, allez chez lui !” et ouais, c’était génial !

T : Ce qui est intéressant avec Francis, c’est qu’il produit un son qui a un impact vraiment maximal, mais où l’on sent un côté très organique, un son très naturel sur tous les instruments et c’est ce qui justement se prête au mieux à notre musique. Ce n’est pas clinique, c’est chaud.

A : Après même le mix est assez froid au final, mais si tu veux le son de batterie par exemple est hallucinant, on était fous, il est terrible ! Mais ce que les gens ne savent pas, c’est que le studio est dans Belleville, un quartier à l’ouest de Paris très particulier et c’est une ambiance de fou ! Que Necroblaspheme aient appelé leur album Belleville, c’est directement lié à ça !

Justement, en temps que non-parisien, j’ai juste une idée très vague de cet endroit...

Francis a un groupe de pop qui s’appelle Belvil, Necroblaspheme a appelé leur album Belleville… Y a un truc ! Belleville c’est la jungle, c’est tout pété, quartier asiatique, y a des putes dans la rue tout le temps, c’est tout cassé ! C’est vraiment la jungle, c’est un endroit particulier pour enregistrer un album.

8/ Pour les paroles, encore une fois, c’est Henoch qui est crédité, il avait une totale carte blanche ou vous avez un droit de regard dessus ?

A : On voulait continuer sur quelque chose d’inspiration biblique, continuer à explorer ça, le côté un peu mythologique, ésotérique et trouver le concept pour l’album. On a donc travaillé à nouveau avec lui là-dessus et on s’est orientés sur tous ceux qui furent rejetés, maudits par Dieu. Après T. était plus en contact avec Henoch et ils ont pu travailler ensemble sur l’architecture des paroles

T : On reste sur le même thème que le premier, c’est le reniement absolu.

D'ailleurs quand on voit l’artwork, on sent une continuité avec cet album.

A : Comme pour le premier, chaque morceau a un sujet, à un personnage principal, excepté pour Lilith qui a droit à deux morceaux. À chaque fois, c’est un épisode, une idée que l’on veut exprimer, un thème général. Sur la pochette par contre, l’idée nous est vraiment venue à la fin, on s’est fait plaisir parce que l’on s’est dit que ça pourrait être génial de faire la suite. C’est moi qui ai trouvé le titre Exile un peu par hasard, via quelque chose qui n’a vraiment rien à voir et on s’est dit que ça collait parfaitement ! Avant ça on a pensé à appeler l’album "Les Maudits" ou un truc du genre...

T : Ouais il y a eu pas mal de suggestions plus ou moins intéressantes lors d’un brainstorming (rire)

A : J'ai dit “Exile, les gars ?” - “Ouais ok”

9/ Pour rester sur les paroles, sont-elles créées après la musique, l’inverse ou les deux sont totalement différents ?

A : On lui a envoyé les musiques, puis il a travaillé avec T.

T : Ils composent, puis Henoch m’envoie les lyrics en temps que tels. Mon taff, c’est de les coller rythmiquement au morceau.

10/ Les paroles sont inspirées des thèmes bibliques, c’est un sujet que vous connaissez ou travaillez beaucoup ? Genre Lilith et Cain, moi, je n'ai pas appris ça au catéchisme, ni même quand j’ai fait la genèse au collège...


A : La religion, c’est quelque chose qui me passionne, je creuse vraiment ça en ce moment et sur toutes les religions, sans être moi-même quelqu’un de religieux. Mais je vois la musique comme quelque chose de religieux et chaque concert, c’est un peu quelque chose qui, si on ne rentre pas vraiment en transe, reste mystique et c’est une chose que je voulais garder pour l’album. Pour les paroles, il y a tellement de choses à explorer à ce niveau-là… Ce n’est pas une critique, mais sur la pochette, tu vois le peuple qui est exilé et va vers Lilith, qui elle a été rejetée par Dieu et se trouve en enfer. Nous, on rejette la notion patriarcale du divin suprême, c’est hors de question. D’ailleurs certains avaient cru qu’on était un groupe chrétien et nous avaient bien fait rire, ils n’avaient pas dû assez lire les paroles. Donc rien de tout cela, mais après, c’est quelque chose qui nous inspire et pour l’instant, on va rester sur ce thème-là, car Henoch écrit très bien là-dessus, mais on va creuser d’autres choses à l’avenir.

11/ Vous avez sorti une lyrics vidéo, c’est justement pour pouvoir mettre les paroles sur le devant et permettre d’explorer un peu plus cette facette, ou juste parce que c’est à la mode ?

T : C’est simple en fait, on pense que c’est un excellent moyen de communication finalement et que ça se prêtait bien. Ça permet à la fois une mise en avant des paroles et les visuels et c’est pour cela qu’on a penché vers ce type de média.

A : Notre label nous mettait un peu la pression pour un clip etc… Or nous, on a bossé comme des tarés pour l’album, on s’est dit que si c’est pour faire un clip et qu’au final, c’est pourri, jamais ! On est assez nazis là-dessus, hors de question de sortir un truc nul ! On s’est donc dit pourquoi pas une lyrics video. Sauf que je détestais ça ! Pour moi, les lyrics vidéo, c’était plus deathcore, avec les paroles en gros. Jusqu’à ce que je voie que certains groupes faisaient des trucs bien. Là, je me suis dit que, putain, on pouvait aller dans cette voie-là ! On a donc travaillé avec un ami qui s’appelle Hugo et que je connais depuis que je suis en seconde, qui fait de la vidéo dont des lyrics video justement, mais qui ne me plaisaient pas. Je lui ai dit qu’on aller essayer de travailler d’une autre manière avec lui. C’était un peu long au départ puis il a capté le truc. Il a bossé ça avec T. qui a corrigé toutes les fautes.

T : Scrupuleusement !

A : Et au final, on a un très bon résultat et je suis très content de son accueil ! Par exemple, l’avis de mon frère compte énormément pour moi, on est un peu pareil, il m’a dit que c’était cool, donc à partir de là, c’était bon !

12/ Vous avez beaucoup tourné depuis ce premier album, c’est déjà la troisième fois que l’on vous voit à Lille. Or là, vous avez entamé la tournée pour promouvoir Exile avec un enchaînement de 3 dates dont deux en ouverture d’Amenra, comment ça s’est passé ?

Et bien écoute, la release party de Nantes, c’était un peu la date du label et ça s’est super bien passé. On sortait de résidence, on était super chaud et c’était génial ! J’ai des amis proches, que j’estime beaucoup, qui m’ont fait des retours super positifs. Ce qui m’a rassuré car c’était dur. Pour les dates avec Amenra, on a joué d’abord au Divan du Monde, c’était très compliqué, car les gars avaient fait la route toute la journée…

T : On est arrivé assez fatigués sur place, car on s’est tapés pas mal de route. Du coup, on est arrivé pour les balances un peu à la bourre, ce qui fait que ce n’était pas simple pour nous de se mettre dans le bain directement. Et Amenra à balancé derrière un set de très haute volée, de grande qualité donc on a fait ce qu’on savait faire, mais c’est vrai qu’après ce n'était clairement pas notre meilleur concert.

A : Ensuite on a joué à Orléans et là, ça s’est hyper bien passé, avec un public de folie, ça n’avait rien à voir ! Donc on était un peu dégoûtés de pas avoir été complétement dedans sur une date qui était sold out depuis trois semaines… Mais on viendra prendre notre revanche ! Hahaha

13/ Vous passez d’un concert dans un bar et un autre dans un sous-sol à 1H du mat à un concert à l’Aeronef, une des meilleurs salles de la région, avec ses conditions et votre nouvel album, donc une nouvelle ère, peut-on s’attendre à quelque chose de différent ?


On travaille là-dessus. On ne peut pas venir avec que des nouveautés d’un coup, ce n’est pas possible, il faut prendre son temps. On n'est pas un produit marketing, pour nous la musique, c’est hyper important, alors on prend du temps pour faire évoluer les choses, il faut que ça vienne naturellement. On a des idées, pas mal de pistes, puis T. a agrémenté le jeu des lights et on est en constante recherche. Donc je pense que d’ici un an et demi, il y aura une certaine évolution.

14/ Votre nom est tiré du film d'Audiard et colle parfaitement avec l’atmosphère du groupe, mais ça vous a tout de suite paru comme une évidence ? Car sur le film en lui-même, il n’y a aucun rapport…

L’histoire est très simple, j’avais vu le film "Un Prophète" d’Audiard, que j’avais adoré. Quand j’aime quelque chose, j’aime bien le creuser et sur wikipedia, j’étais tombé, simplement, sur la liste de ses films. J’ai vu la phrase “Regarde les Hommes Tomber” et ça m’a complétement époustouflé ! La phrase est magnifique, c’est un octosyllabe, ça sonne comme une punchline ! Je me disais merde, j’aimerais bien avoir un groupe avec ce nom-là, mais en anglais. Or en anglais, c’était pourri, dans l’ordre des mots ça sonnait hyper mal. Quand j’ai intégré le groupe et que l’on a commencé à répéter avec les gars, dans le noir, éclairés à la bougie au fond du jardin de J.J, un truc assez particulier, je voyais ça ! J’avais ce nom-là, je voulais en faire quelque chose, je me suis lancé : les gars, ça vous dirait qu’on colle tout ça et après tout a découlé de ça… Par contre, le film, je ne l’ai jamais vu ! Tu l’as vu toi ?

T : Non…

A : Je crois qu’aucun de nous l'a vu…

Bah bravo !

T : J’avoue ça pue…

A : Mais c’est pour ça que le nom n’a rien à voir !

Ouais, c’est vraiment la phrase !

A : Voilà ! Ça aurait pu être n’importe quoi, que ce soit un film, je m’en fous ! Ça aurait pu être pris n’importe où, d’un spectacle, d’une pièce de théâtre… C’est vraiment juste la phrase.

T : Et ça reste une synthèse assez évocatrice de l’univers du groupe comme tu l’as souligné.

15/ D’ailleurs, ce nom, ils ne galèrent pas trop à le sortir les non-francophones ?

Bah justement, c’est marrant ce que tu dis, hier avec T, on était comme des gamins ! Des mecs, des Néerlandais, qui sont venus voir Amenra à Paris. Ils sont arrivés dès le mercredi pour le concert de CHVE, le projet du chanteur d’Amenra et ils avaient nos T-shirt, achetés sur internet. Ils étaient aussi au Divan du monde, se sont pointés à Orléans où on a pu discuter un peu avec eux.

T : Total respect !

A : Ouais si on fait ça, c’est pour des types comme eux ! On a commencé à discuter, on leur faisait des prix, car ils achetaient tout et pour rebondir sur ce que tu disais, un des Néerlandais m’a raconté qu’un de ses potes, qui nous avait vus au Roadburn, avait adoré. Il lui a donc parlé de nous, sauf qu’il a dit un truc genre “wegarde les hommes…” Et le reste, il a oublié. Puis une fois sur youtube, il écoutait le side project d’un mec d’Amenra et on est apparus en recommandation. Il a écouté, il a kiffé et voilà, c'est internet quoi ! Après on ne s’est pas encore vraiment exportés, c’est un peu l’objectif sur le long terme comme je te disais.

16/ Dans une précédente interview sur Horns up, tu disais ne pas pouvoir réellement mettre un nom sur le style de Regarde Les Hommes Tomber, et que tu ne savais pas où vous vous situiez avec toute la scène post black et black metal, disant que tu verrais ça au deuxième album. Bon bah du coup qu’en est-il ?


Ha merde, j’ai dit ça ? Bah écoute, ceux qui me connaissent savent que j’aime bien classifier les styles, mais ouais, c’est toujours galère. C’est un peu compliqué de se revendiquer totalement black metal, car j’ai un énorme respect pour cette scène. C’est un peu black ce que l’on fait, mais qu’est-ce que le Black Metal ? On peut en parler des heures, mais notre style ce n’est pas que ça. D’un autre côté, on dit sludge, mais entre nous, on a rien de sludge. Enfin le terme sludge n’a rien à voir avec ça initialement, mais on a repris les passage lourds et dit que c’était sludge. Pour le post-black metal, perso, je fuis les groupes avec cette étiquette… T. dis ce que t’en penses haha !

T : Bah c’est une question de lexique, on est une espèce de mixture entre pas mal de choses. C’est un carrefour, il faut le voir comme ça.

A : Par contre sur cet album, on a plus creusé quelque chose de Black Metal, c’est plus incisif, ça va plus vite, il y a plus de blast, on a voulu avoir un son de guitare plus crados... La production, Francis Caste disait que c’était la vallée, quand on écoutait des trucs, on était projetés dans une sorte de panorama ! Je suis un immense fan de black metal donc ouais, on voulait quelque chose de ce genre, une sorte de tourbillon. Comme disait A., le but était d’avoir un rendu quasiment visuel, presque comme une fresque sonore, quelque chose de très panoramique, de très ample et large.

17/ Sur votre artwork, on peut lire à l'intérieur un “no keyboard”. Bon, on l’avait entendu ça, alors pourquoi le préciser ? Vous avez quelque chose contre cet instrument ou vous êtes fan de Tsjuder ?


A : Ça me faisait rire, c’est un peu un clin d’oeil à toute cette scène. Il y a un autre clin d’œil sur le premier, qu’on a repris ici et dont j’attends que quelqu’un me le sorte. Mais le truc, c’est que quand on était en studio, on a mis beaucoup de guitares en clair. Ça ne s’entend pas trop sur l’album, mais c’était pour rendre plus claires certaines parties. On trouvait ça hyper beau et quand on écoutait les pistes de guitares seules, on a tellement mis de couches qu’on avait l’impression d’entendre des nappes de clavier. Du coup, on a mis ce clin d’œil pour dire que rien n’avait été utilisé.

18/ C’est la fin de l’interview, si vous avez un dernier mot à balancer…

T : Bah on espère que ça va bien se passer ce soir, c’est bien parti pour en tout cas ! On a été bien contents de faire ces trois dates-là et on espère que les gens aimeront les prochains concerts et surtout qu’ils aimeront l’album.

A : Ce que je voudrais rajouter, c’est que tout ce qu’on fait avec le groupe depuis le début, on y fout nos tripes, surtout avec Exile, c’est beaucoup de boulot. Les gens s’en foutent que ça soit beaucoup de boulot, mais on a fait ça avec passion, détermination et on en a besoin. Si ça vous intéresse, écoutez et venez nous voir, on essayera d’aller le plus loin possible.

Un grand merci à A., T. et tout Regarde Les Hommes Tomber pour leur temps, ainsi qu'à l'équipe de l'Aeronef.
Jean est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 11/01/2016, 20h46   #20
Jean
sans statut
Paragon de Noirceur
 
Date d'inscription: mars 2014
Messages: 376
Par défaut

Scholomance Webzine

http://www.scholomance-webzine.com/2...omber.html?m=1

Voici notre première interview du groupe de Post-Black Metal nantais, Regarde Les Hommes Tomber. Une formation phare de l'année 2015 avec la sortie de l'album "Exile", chroniqué sur nos pages. Nous avons voulu aller plus loin dans la connaissance du groupe avec cette entrevue par mail avec l'un de ses deux guitaristes, J.J.S. .

_____________________________


- Bonjour, et merci d’accepter cette interview, pour commencer, qu’avez-vous pensé des retours sur votre deuxième album « Exile » ? Vous attendiez-vous à transformer l’essai de cette manière après le succès qu’avait rencontré votre premier album?



JJS : Salut et merci à toi. Et bien écoute, les retours presses, webzines et autres sont tous très positifs. Ça nous fait vraiment plaisir, d’autant plus qu’on a vraiment mis nos tripes dans ce nouvel album. Pour nous, c’était vraiment important de faire aussi bien que le premier car on était attendu et on ne voulait pas décevoir. On s’est mis pas mal de pression mais au final tout ceci a été bénéfique. On voulait montrer que le premier album n’était pas un coup de chance et je pense qu’avec Exile, l’essai est transformé.


- Depuis l’album éponyme le groupe a changé de frontman, comment se passe cette nouvelle collaboration, en live tout comme en studio ? Qu’est-ce qui distingue Thomas d’Ulrich ?




JJS : C’est exact, Ulrich nous a quittés pendant la composition du nouvel album. L’orientation vers une musique plus black ne l’enchantait pas trop donc il a préféré se reconcentrer sur Otargos et d’autres projets. Thomas nous a rejoint très vite. Nous le connaissions déjà et avions fait un test avec lui quand nous composions le premier album. Il s’est tout de suite impliqué dans la vie du groupe. Il s’est intégré très facilement car humainement, c’est un mec au top. En studio, il a vraiment apporté un plus à l’atmosphère de notre musique, notamment avec ses idées et sa voix possédée. Pour le live aussi. Ulrich avait plutôt tendance à se mettre dos au public. Thomas, lui chante avec un pied de micro et reste toujours devant le public. Il apporte donc une stature et une présence forte.


- Comme dans l’album précédent, vous faites énormément de références bibliques tant dans le visuel que dans les paroles et à travers l’atmosphère générale qui émane de votre musique et de vos shows. Qu’est-ce qui vous a poussé à donner autant d’importance à ces thèmes, en particulier l’épisode de la chute de Babel duquel s’inspire le nom du groupe ? Cet album doit-il être vu comme la suite du premier épisode (après la chute, l’exil) ?




JJS : Dès le début, il était clair que pour nous, Regarde Les Hommes Tomber serait un groupe concept. Nous avons pris comme base l’atmosphère des premiers morceaux composés, il y a maintenant cinq ans, pour créer un univers cohérent autour. On voulait un truc ancien et mystique. Antoine avait en tête cette phrase : « Regarde Les Hommes Tomber » qu’il trouvait très belle. Elle vient en fait d’un film de Jacques Audiard, mais nos textes n’y font pas références. Donc on est parti de cette phrase et des morceaux composés pour créer le concept du groupe. Nous faisons références aux textes bibliques car ils regorgent de récits qui relatent la chute et les défaillances de l’Homme. Nous sommes des passionnés d’histoire, de religion et de mythologie, c’est pour cela que nous avons puisé dans cet univers. Mais nous ne sommes pas pour autant un groupe chrétien. Nous avons plutôt un œil critique sur la relation entre les hommes et la religion, et les effets pervers qui en découlent. A savoir, que c’est un ami à nous, Henoch qui rédige les textes. Enfin, pour répondre à ta dernière question, oui Exile et la suite directe du premier album. Après avoir été maudit, les Hommes sont chassés du royaume de Dieu. Démarre alors l’Exil…

- Par la suite, les autres albums (si le groupe en prévoit d’autres) seront-ils aussi conceptuels?



JJS : Oui, tous les albums à venir, s’il y en a, tourneront autour de ce concept.


- À l’écoute de l’album j’ai pu constater une certaine tendance à rendre votre musique moins lourde, moins Doom et moins Sludge, davantage « Post-Black », quelles étaient vos intentions musicales au moment de la composition d’ « Exile » ? Quelles différences feriez-vous entre les deux albums parus à ce jour?



JJS : C’est exact ! Après la sortie du premier album, on a pris un peu de recul sur celui-ci et on s’est aperçu qu’il était un peu lent… Du coup, en live, on a commencé à jouer les morceaux plus vites, de manière plus dynamique. Ce qui les a rendus un peu plus vivants. On a essayé de conserver cette énergie lorsqu’on a débuté la composition d’Exil. Il faut ajouter à cela le fait qu’on est aussi des grands fans de Black Metal. Donc, l’évolution nous a paru tout simplement naturelle.


- Vous avez récemment effectué quelques dates avec Amenra, dont une le premier octobre au Divan du Monde à Paris, comment rapprocheriez-vous votre art de celui de cette entité belge des plus créatives ? Fait-elle partie de vos influences et à ce propos, quelles sont ces influences ?



JJS : Oui, Amenra fait partie de ces groupes qui nous ont beaucoup influencés. Ça s’entend beaucoup sur le premier album je pense, plus lourd, plus sludge, mais moins sur Exile qui est plus black.. Tout comme eux, nous aimons prendre notre temps pour développer des ambiances dans des morceaux qui s’étirent sur la longueur ; nous aimons aussi donner une sorte d’aura mystique à nos musiques. Et en live, nous aimons jouer dans des ambiances feutrées, avec peu de light. En tous cas, c’est deux concerts ont été une superbe expérience pour nous. On a conscience du fossé qui nous sépare encore de ce groupe culte, mais, les observer nous permet d’apprendre et de s’améliorer.

- D’une manière générale, comme vivez-vous vos morceaux sur scène, est-ce intentionnel de les rendre plus dynamique et plus directs que ce qu’on découvre en plaçant le vinyle sur la platine?



JJS : Nous nous sommes toujours définis comme un groupe de scène. Dès le début, c’était clair pour nous : on voulait le maximum de show possible. On adore ça et c’est dans ces conditions que notre musique révèle tout son potentiel. D’ailleurs, quand on compose, on fait en sorte que tout soit jouable en live. Du coup, dès qu’on monte sur scène, on donne le maximum et logiquement notre musique devient plus directe, plus dynamique.


- Le groupe vient de Nantes, que pensez-vous de votre scène locale? Y a-t-il des combos récemment formés que vous voudriez faire découvrir à votre public et à nos lecteurs ?



JJS : Oui la scène nantaise et très dynamique ! Et depuis de nombreuses années, que ce soit dans le metal, le hardcore ou même le punk. Les trucs que je peux conseiller sont pas vraiment black métal mais ça reste mortel à découvrir : Harm Done, War Inside, Instant Zero, Watertank.


- Avez-vous de nouvelles ambitions depuis la sortie d’ « Exile », comme celle de plus tourner à l’International?


JJS : Oui, on a beaucoup joué en France et maintenant, on aimerait commencer à jouer dans les pays européens. On a déjà mis un pied dans les pays du Benelux et la Suisse, mais maintenant, on aimerait toucher des pays comme l’Allemagne, l’Angleterre mais aussi l’Europe de l’Est. On travaille en ce sens avec Thibaud de Kongfuzi Booking qui se démène à fond pour nous !

- Depuis ses débuts, Regarde Les Hommes Tomber collabore étroitement avec l’artiste/designer Fortifem, qui travaille d’ailleurs avec quelques autres représentants de la scène française. Comment avez-vous été amenés à travailler avec lui?



JJS : En fait, Fortifem est composé d’Adrien et Jessica, un couple de graphistes parisiens qui font un super boulot. Avant, la sortie du premier album, on cherchait un artiste à l’aise avec les gravures puis on est tombé sur la pochette d’un album de Direwolves. L’album s’appelait Me From Myself, To Banish. Ça nous a tout de suite parlé et on s’est demandé qui avait réalisé ce magnifique artwork. C’est ce qui nous a emmenés à eux. Ils ont donc réalisé nos deux pochettes à ce jour et largement contribué à l’entité visuelle et l’aura du groupe.


- Et avec Les Acteurs de l’Ombre?



JJS : Et bien c’est simple, nous avons réalisé notre premier concert en Mai 2012 à Nantes, au Ferrailleur, et Gérald, le boss du label était présent ce soir-là. Il me semble que c’est un pote en commun qui lui avait conseillé de venir nous voir. Il était également venu pour voir Wolves In The Throne Room, pour qui nous ouvrions. Il a tout suite été touché par notre musique et a décidé de nous signer dans la foulée. Depuis, ils font un super taff pour nous et on leur doit en grande partie notre réussite actuelle.


- Merci d’avoir répondu aux questions de Scholomance !

Merci à toi !
Jean est déconnecté   Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion

Règles de messages
Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
Vous ne pouvez pas modifier vos messages

Les balises BB sont activées : oui
Les smileys sont activés : oui
La balise [IMG] est activée : oui
Le code HTML peut être employé : non

Navigation rapide


Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 23h26.

Édité par : vBulletin® version 3.8.3
Copyright ©2000 - 2017, Jelsoft Enterprises Ltd. Tous droits réservés.
Version française #17 par l'association vBulletin francophone
Les Acteurs de l'ombre - Skin vBulletin réalisé par Vicomte
© Les Acteurs de l'Ombre 2001-2013