Les acteurs de l'ombre

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Dragonland, entretien avec Olof Mörck

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Parmi les artistes de la scène métal à suivre en 2012, Dragonland se place dans les starting blocks avec « Under the Grey Banner » qui vient clôturer la trilogie de The Dragonland Chronicles dix ans après la sortie du premier volet.  Lors du concert mémorable d’Amaranthe en première partie d’Hammerfall au Bataclan, les acteurs de l’ombre avait rencontré le savant fou du power métal, Olof Mörck.


- Votre album « Under the Grey Banner » contient beaucoup d’élèment psychédélique, dès l’introduction, il y a une atmosphère très Pink Floyd, « Live at Pompei ». Ce groupe fait-il partie de tes influences ?

Olof : Ah bon ? Je suis flatté. Je ne dirais pas que je suis un fan absolu de Pink Floyd mais c’est un des groupes qui a construit mon univers musical. Mon père était un grand fan de Pink Floyd, il jouait et écoutait beaucoup les albums. A mon avis, cet effet sur l’album est inconscient mais il n’est pas prémédité.

- L’identité de Dragonland cependant est toujours marqué, et l’auditeur se balade encore avec plaisir avec « Under the Grey Banner » dans des univers fantastiques différents.

Olof : Exactement ! C’est un des points majeurs de cet album, nous voulions faire voyager notre public. Après « Astronomy » (2006) nous savions que nous pouvions donner une suite et commencer une nouvelle chronologie. Mais le troisième volet des chroniques, « Under the Grey Baner » est devenu un véritable challenge pour nous. Quand nous avons crées les Chroniques de Dragonland (ndlr. The Dragonland Chronicles ; The Battle of the Ivory Plains et Holywar) tout le monde s’attendait à nous voir enchaîner les concept-albums sur les mêmes structures musicales pour assurer notre succès. Mais nous avons eu Starfall (2004) et « Astronomy » (2006) qui ont prouvés nos capacités et qui ont même bien marchés! Nous avons retenu ce qui nous a plus dans ces deux albums et nous sommes revenus dans l’univers fantastique et conceptuel des Chroniques.

- D’où vient cette idée de chronique sous forme de trilogie ?

Olof : Jonas est un grand fan de Tolkien et du Seigneur des Anneaux. Lui et moi nous sommes aussi des accros à WOW et tout ce genre  de trucs. Et par conséquence, nous avons voulu recréer musicalement, l’univers fantastique que nous nous étions construit à travers les jeux vidéo.  
Mais je suis aussi un geek accro à la théologie et à la mythologie grecque et romaine que j’ai étudiée à l’université. Cette trilogie est aussi une forme de l’Illiade et l’Odyssée d’Homère qui une légende parfaite  avec les cyclopes, les sirènes, les figures mythologiques, etc... mais ce qui est surtout intéressant, c’est que tout se joue autour des sentiments humaines. Comme pour le retour d’Ulysse, nous voulions une suite d’événements épiques dans nos albums et surtout des émotions. Dans ce genre d’album, il faut mettre de ta personne parce qu’au final, il n’y a peut-être que vingt personnes qui t’écoute mais il t’écoute vraiment. J’espère que nous toucherons encore plus de gens avec « Under the Grey Banner ».

- « Under the Grey Banner » est donc le troisième album de ces  Chroniques, mais faut-il avoir écouté les premiers albums pour entrer dans l’univers de Dragonland ?

Olof : Il serait bien sûr plus bénéfique d’avoir écouté les deux premières parties pour en ressentir plus profondément l’évolution. Mais je pense que nous sommes allés beaucoup plus loin musicalement sur « Under the Grey Banner ». Il marque aussi la fin de cette trilogie. Nous travaillons sur ces albums depuis si longtemps avec tellement de passion mais il serait totalement arrogant de se dire que tout le monde connaît le fil rouge qui les lient. « Under the Grey Banner » s’écoute comme n’importe quel album mais l’associer aux deux albums n’en sera que plus agréable.

- Pourquoi avoir enregistré cet album dans des multiples studios ?

Olof : Principalement car deux d’entre nous possèdent son propre studio. J’ai le mien où je travaille les projets de Dragonland, d’Amaranthe mais aussi des chansons de Nightwish et Elias (synthé & piano) a le sien. Il faut savoir que nous avons commencé à enregistrer « Under the Grey Banner » dès 2009. Notre première démo vocale a été enregistrer dans ces studios pour être sur que nous étions dans la bonne direction.
Il existe de réelles différences entre un « vrai » studio et le sien. Dans les studios professionnels, toute ta musique est calibrée au millimètre près dû au peu de temps qu’il t’est accordé mais aussi au coût financier, ce qui renforce beaucoup ton stress et diminue ta créativité.  Ce n’est pas comme être dans ton propre studio, chez toi, où tu peux enregistrer si tu le veux à deux heures du matin avec un bon verre de vin pendant des heures et te plonger dans ton atmosphère et renforcer ta créativité.

- Avoir son propre studio demande aussi beaucoup d’investissement et d’argent non ?

Olof : J’ai fait construire le studio un peu après 2006. Et effectivement ça coûte beaucoup d’argent (Rires)! J’ai dû mettre de côté pendant quelque temps puisque les premiers rentes que tu obtiens de ton travail tu le partage avec tes proches. Nous avons aussi enregistré l’album  « Astronomy » au studio Fredman presque par nos propres moyens.

- Comment arrives-tu à jongler entre Amaranthe, Dragonland et tes autres projets ?

Olof : Eh bien, je n’ai pas beaucoup de temps libre ! (Rires). Et à vrai dire je n’en profite jamais assez. Par exemple, hier nous avions une journée de libre en Allemagne, nous avons passés de très bons moments mais à la fin de la journée, j’étais plutôt stressé parce que j’avais plein d’idées et je ne peux pas composer comme je le veux en tournée. Je n’ai ni mon studio ni mes équipements. Bien sûr, je peux toujours sortir et m’amuser mais ma routine est telle que tous les jours je pratique et je compose. C’est évidemment qu’avec plusieurs groupes je sois plus occupé que d’autres musiciens mais je crois que je passerais définitivement pour un fou, si les gens pouvaient voir les projets que j’entreprends une fois chez moi. Ce que je pratique avec Amaranthe n’a rien à voir avec Dragonland même la préparation sur scène. C’est deux sentiments très différents et très plaisant. J’aime être occupé, je déteste ne rien faire parce que je me sens alors inutile.

- Comment s’est passé le concert à Paris qui a regroupé plusieurs générations de power métal avec Hammerfall en tête d’affiche/ Death Destruction et Vicious Rumors ?

Olof : Absolument ! C’était une très belle date. J’avais discuté avec les gars de Vicious Rumors et nous avons pu partager nos expériences. Ils ont plus de trente ans de métier et ils ont vécu les débuts mais aussi les plus belles périodes de l’histoire du métal. Heinrik (Death Destruction) et moi, nous avons écouté pendant des heures, les anecdotes de Geoff (chant-guitare Vicious Rumors) en particulier celles de leur première partie avec Metallica en 1991. C’était incroyable ! J’avais l’impression de faire partie du « secret ».  Et Heinrik est aussi un gars génial. C’est un de mes bassistes favoris et je ne dis pas ça parce que j’ai partagé la tournée avec lui. Adam d’Hammerfall est un mec talentueux. J’ai vu leur premier concert en 1997, j’avais quatorze ans et je suis vraiment fier d’avoir fait cette date avec eux.

- Comment recrées-tu l’univers de tes albums aussi bien avec Dragonland qu’Amaranthe sur scène ?

Olof : Dans un live, tu dois toujours jouer la musique la plus vraie, la plus sincère  qu’il soit parce que tu es directement en contact avec le public. Nous essayons toujours de lier un lien. Les concerts d’Amaranthe et de Dragonland sont tout de même différents car nous n’avons pas la même audience et le même temps. Nous avons un large public pour Amaranthe et un gros set, pour Dragonland, nous ne faisons des sets de trente minutes.  Mais l’atmosphère se crée dans la musique elle même.

- Dernière question : Amaranthe et /ou Dragonland au Hellfest 2012?

Olof : Pour le moment, nous sommes en discussion depuis que l’album est lancé pour boucler des dates mais j’espère en tout cas emmener Dragonland sur la tournée d’Amaranthe.

 
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