Les acteurs de l'ombre

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Death Agony, entretien avec Matthieu

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Death agony est un cri de rage qui décrit la réalité de l'être dans ses derniers retranchements : le désespoir, la haine, les pensées suicidaires, la fatalité, les hallucination psychotiques. Dans cette atmosphère sombre explicitée, c'est la question de la mort qui est exploitée dans toutes ses possibilités. Comme vous pouvez le constater, c'est avec authenticité que le combo respecte les règles du Metal De La Mort pour notre plus grand plaisir. Il sera de plus à l'affiche des Estivales Metal Du Klub à Paris le dimanche 5 août 2012 en compagnie d'Aazylium, Herpès, Master Crow et Denied. L'occasion s'est présentée naturellement de faire le point avec Matthieu.


- Pouvez-vous revenir brièvement sur les débuts du groupe ?

Death agony s'est formé en Juillet 2005 à Valenciennes. Il s'agit au départ d'une retrouvaille entre Olivier, batteur, et moi même (Matthieu, guitare-chant). Nous avions eu un groupe en commun auparavant, dans la veine metal/fusion. Nos chemins se sont ensuite séparés, puis nous sommes de nouveau retrouvés dans des influences communes, autour du death old school, avec l'envie d'évoluer dans un style un peu plus "technique" que ce que nous faisions, mais surtout beaucoup plus brute. Julien, basse, et Philippe, guitare, nous ont rejoint respectivement en 2006 et 2008, apportant leur propres influences et permettant au groupe d'évoluer d'avantage.

- Quelle est l'origine du nom du groupe ? A-t-il une signification particulière ?

Death agony signifie simplement "agonie". Death Agony est un cri de rage qui décrit la réalité de l‘être dans ses derniers retranchements, que ce soit autour du désespoir, des pensées suicidaires, de la fatalité etc... . Le nom est arrivé comme une évidence dans l'univers que nous voulions dessiner.

- Pouvez-vous décrire votre musique avec vos propres mots ?

Nous faisons du death au sens large et qui ne s'impose pas de barrières. Nous avons tous un vécu musical différent, que ce soit le rock, ou encore le thrash par exemple, et toutes ces influences par petites touches viennent enrichir la voie death que nous avons emprunté depuis le départ.

- Quelles sont vos sources d'inspirations, ces groupes qui vous ont motivé à la création de Death Agony ?

A la base nous avions une influence principale, Six feet under. Nous avons dés le départ composé en faisant en sorte d'avoir des rythmiques entrainantes propices au headbang. Nous avons également toujours été motivés par d'autres groupes plus brutaux tel que Cannibal corpse, Vader ou encore Behemoth.

- Pensez-vous que les codes propres au Death Metal doivent être respectés à la règle ? Les thématiques telles que la mort, le satanisme, le côté morbide, les arts occultes vous intéressent-ils ?

Oui et non car tout dépend de ce que tu cherches à communiquer.

Musicalement parlant, sortir de certains codes et mettre des choses plus personnelles permets l'évolution des genres. Le Death est d'ailleurs au départ une combinaison de styles et d'influences.

Pour ce qui est des lyrics, il y a forcément des sujets qui reviennent, mais chaque groupe aura sa propre vision des choses, et sa propre façon de l'exprimer. Il y a une grande forme de liberté finalement dans l'expression des thématiques.

Nous sommes focalisé sur l'aspect morbide,  autour de la violence morale et psychologique. Nous exprimons un peu d'images crues relatives au gore, mais cela est plutôt une manière de donner de la puissance à l'expression de la douleur. Nous avons par exemple un morceau qui s'appelle "Tormented by shadows" qui aborde l'aspect dépressif sous un angle fictionnel; Les pensées les plus sombres qui te rongent prennent forme vivante et te torturent cette fois physiquement. C'est également le trouble de la personnalité et la psychose qui entrent ici en jeu. En bref, tous les sujets que nous abordons sont en lien avec la mort, le désespoir et la fatalité.

- Comment se passe le travail de composition au sein du groupe ?

Nous essayons au maximum de composer en commun. C'est généralement la guitare qui est amenée en premier, et nous allons jusqu'au bout de l'idée qui est proposée. Chacun des musiciens y apporte ensuite sa touche. Nous sommes complémentaires au bout du compte, certains membres maitrisent le côté arrangement du morceau, d'autres sont sensibles à la composition brute.

- Pouvez-vous nous dire de quels sujets traitent vos textes ?

La thématique centrale est le rapport à la mort. Chaque texte est comme un témoignage d'un vécu traumatisant, c'est une vision d'une situation à un moment donné. Pour te donner quelques exemples, nous avons un morceau qui fait l'éloge du chaos et de la fin du monde("Magnificent chaos"). Le morceau "Deliverance" de la demo de 2009 est lui en lien avec les pulsions suicidaires et la scarification. Un des derniers titres que nous avons composé, strange silence of the wounded soul, est inspiré du dernier ouvrage de Boris Cyrulnik, un psychanaliste Français, qui fait le portrait clinique du honteux. J'ai détourné ce thème, ou comment t'accepter dans un monde qui n'a fait que te rejeter, en insistant sur la destruction de la personne, et l'impossibilité de s'en sortir.

L'aspect positif de chaque thème est balayé pour être décrit de manière péjorative.

- Qui se charge de l'écriture des lyrics ?

Matthieu, guitare/chant.

- Où êtes-vous en ce qui concerne votre album ?

L'album s'intitule Carcinogenic Memories et est à l'heure d'aujourd'hui en cours de pressage. La sortie est prévue le 8 Septembre 2012, à l'occcasion du Momignies extreme fest II où nous jouerons avec 12 groupes dont notamment Gronibard. Nous avons mis le temps pour le travailler, et préparer sa sortie mais nous sommes véritablement satisfaits du résultat!

- Quels retours avez-vous reçu de la part des différents acteurs de la scène Metal Underground depuis la création de votre formation ?

Nous avons eu beaucoup de soutien notamment de la part de groupes avec qui nous avons joué. Ces échanges et ces liens qui se sont tissés nous ont permis d'évoluer. On pense notamment à Dark Managarm, groupe de black métal venant d'Arras.

Les programmateurs et les structures également nous ont soutenus et certains nous ont d'ailleurs permis d'ouvrir pour des groupes internationaux, comme Debauchery par exemple. Depuis 2010 nous sommes véritablement actifs et le public apprécie ce qu'on fait. Cela nous booste constamment.

- Etes-vous à la reherche d'un label ? Avez-vous reçu des contacts de la part de certains ?

Nous avons eu des contacts mais nous avons au final décidé de sortir l'album par nous même. C'est une expérience supplémentaire qui nous permettra de faire nos preuves.

C'est bien entendu notre prochain objectif de pouvoir signer avec un label, pour nos futures sorties.

- Pouvez-vous dire trois qualificatifs qui symboliseraient le mieux la personnalité de Death Agony ?

Combatif, déterminé, passionné.

Comment voyez-vous l'avenir proche et/ou lointain du groupe. Avez-vous une préférence pour les enregistrements studios ou alors est les prestations scèniques qui priment ?

Notre priorité aujourd'hui est de faire un maximum de concerts pour défendre ce premier album. Nous cherchons à tourner le plus possible à l'extérieur de notre région. Nous aimerions élargir le public, se faire entendre du plus grand nombre. Oui nous sommes fort focalisé sur la scène, mais il y a aussi un temps pour le studio, qui est essentiel. D'ici fin 2013, nous prévoyons de sortir une nouvelle galette, peut être un EP. Nous avons déjà commencé à composer, et ça risque fort d'envoyer le bois!

- Considérez-vous les concerts comme des rituels ou est-ce pour vous uniquement de la musique joué devant un public averti et initié ?

Ni l'un ni l'autre, on cherche à mettre en avant ce qu'on a envie d'exprimer, que ce soit aux initiés ou non. Quand on est sur scène, on cherche à y mettre toutes nos tripes, à vivre au maximum notre musique. C'est fort communicatif pour le public, et au final quand la mayonnaise prend, c'est une formidable communion.

Nous avons souvent l'opportunité de jouer dans des festivals très éclectiques, seul groupe de death, placé entre du rock et de la variété. C'est loin d'être un soucis, au contraire, quand tu arrives à toucher des gens extérieur au métal, et encore moins metal extrême, c'est juste énorme.

- Que vous inspirent cette école suèdoise de Death Metal Mélodique ?

Il y a d'excellents groupe dans cette scène. Elle est très active et gagne en popularité. Meme si certains membres en écoute un peu, Death agony n'est pas spécialement inspiré par ce style. Les riffs moins bruts que nous composons parfois viennent plutot de l'influence de la scène black metal.

- Vous avez partagé la scène avec de nombreuses formations telles que ?Nirnaeth, Psychobolia, Wild Karnivor, Lord, Mortuary, Gorath, Hacride, Como Muertos... Quels souvenirs et expériences tirez-vous de ces moments sur scène ?

Ce sont des expériences qui nous ont construit; Quand tu commences à jouer avec des groupes qui ont du coffre et de la bouteille, c'est véritablement intense. On a su rester humble, et nous sommes extrêmement reconnaissant envers ceux qui nous ont donnés ces opportunités. On a eu l'occasion aussi de faire d'excellentes rencontres, comme avec les Mercyless, ou encore les Mexicains de Disgorge. Tu apprends beaucoup de ce genre de groupe, et l'expérience humaine est d'autant plus enrichissante.

- Vous allez partager l'affiche le dimanche 5 août 2012 avec Aazylium, Herpès, Denied et Master Crow à Paris au Klub et de nombreuses autres dates en prévision. Comment appréhendez-vous ces dates à venir ?

Nous sommes sereins quant aux prochaines dates prévues. On a juste hâte de défendre cet album et de découvrir de nouvelles scènes, de nouvelles personnes, de nouveaux groupes. C'est la première fois que l'on vient à Paris, et c'est véritablement un grand plaisir de pouvoir jouer dans la capitale.

- Que pensez-vous de la scène Death Metal actuelle ? Pouvez-vous nous citer des groupes que vous jugez dignes d'intérêt ?

Il y a en ce moment un certain retour au old school, et au son à l'ancienne. C'est significatif d'une belle évolution, le genre reprend ces propres bases et propose de nouvelles choses. Le tout dernier Vader par exemple, Welcome to the Morbid reich, est une sacré tuerie. Récemment le "Undead" de Six feet under témoigne d'un certain renouveau du groupe, qui a malgré tout gardé l'esprit Six feet.

On a également eu de belles surprises en partageant la scène avec Mercyless et Como muertos, d'excellents groupes qui ont chacun leur identité propre.

Sur un niveau plus local, il y a bien entendu les Parisiens de Psychobolia dans un registre brutal, et on soutient également un groupe de chez nous bien old school, Faloide.

- Mieux encore avez-vous eu récemment un coup de coeur musical ?

Les Tchèques de Pandemia, les Italiens de Grimness 69 et les Allemand de Dawn of disease.

- Que pensez-vous de l'évolution du Death Metal et du dernier album de Morbid Angel ?

Morbid angel reste et restera un groupe précurseur et avant gardiste, au même titre que Death.

En intégrant des éléments nouveau dans le paysage metal, on voit bien que la scène death n'est pas encore prête à ce genre de chose. Les premières écoutes de Illud Divinum Insanis, il faut l'avouer, sont assez déroutantes, l'album présente deux univers qui se cotoient mais qui ne se fondent pas ensemble; tu passes du brutal à l'électro sans prévenir. Une fois dompté, c'est quand même une galette intéressante. Quoi qu'il en soit, Morbid Angel sur scène c'est une énorme baffe.

- Pour finir, je vous remercie d'avoir consacré du temps aux Acteurs De L'Ombre et à moi même. Je vous laisse l'honneur du mot de la fin.

On tient à remercier tout ceux qui portent un intérêt de prêt ou de loin au groupe, qui nous permettent d'avancer, et on a juste hâte d'être sur scène pour envoyer le bois!

 

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