Phenix est l’exemple parfait de la génération de trentenaires élevée au biberon de la Vierge de Fer ! Né en 2000, ce groupe franc-comtois est dédié à l’origine aux concerts. Son feeling live et même le comportement général de ses musiciens est symptomatique de son très fort ancrage dans le sacro-saint heavy metal des années 80. Après un Sacred Fire remarqué, nos heavists de l’est proposent aujourd’hui à la fin 2004, Wings Of Fire.
D’entrée, l’influence de Maiden semble énorme sur la formation expressément sur un morceau comme Trial By Fire ! En effet le bassiste nous place des lignes et un jeu typé Steve Harris : des lignes mélodiques en parallèle qui se démarquent du riff principal de guitare. De plus la voix de Bertrand Gramond dans les montées d’aigus fait véritablement penser à du
Dickinson. Ce chanteur même s’il semble bien aidé par la reverb est vraiment talentueux. Si on pourrait être déçu que Phenix n’apporte rien de particulier à son heavy ultra classique de facture légendaire il faut d’ors et déjà lui tirer un coup de chapeau car ne fait pas du Maiden qui veut ! Bien entendu il ne s’agit tout de même pas du jeu de Nicko Mc Brain (converti chrétien depuis peu soit dit en passant !) mais j’apprécie vraiment le jeu du batteur d’une manière générale. Il se veut inventif comme sur Babylon, une pièce heavy de 9 mn bien en place et agréable (s’il l’on compte The Pilgrimage comme son introduction). L’instrumentiste place une double grosse caisse fort judicieuse sur le refrain. A ce heavy légendaire, Phenix à l’intelligence de placer des pointes progressives comme sur The Quest Goes Ever On…(pièce musicale conclusive de 17mn) ou The Fifth Dimension et l’on peut jauger de l’expérience des instrumentistes. Leur niveau technique est bel et bien professionnel et semble admettre une belle marge de progression.
Par ailleurs, si les compositions méritent le respect, on regrettera que la production n’ait pas été plus percutante (même si elle reste correcte). Ce style demande à mon sens une production parfaite sans quoi les compos et les instruments se rendent moins métalliques.
Au total, Wings Of Fire est un bon album réservé en premier lieu aux grands adolescents de 30 ans qui ne jurent que par Maiden. L’album possède un peu de cette atmosphère festive et un brin naïve des 80’s. Cheveux longs, vestes à patchs, blue jeans ultra serrés ou pantalons de cuir….Ahhh ! En définitive que manque t-il à Phenix pour atteindre de plus hautes sphères ? Simplement l’imagination de composer des morceaux ultra percutant qui vous alpaguent dès la première écoute comme un Killers ou un Wicked World. Mais bien sûr c’est ce que recherche tous les artistes et l’imagination et l’inventivité musicale dépendent directement du talent (mais se travaillent). Gageons que Phenix atteint par ce passage réussi une strate supplémentaire sur son échelle de progression.
Tracklist :
1. The Pilgrimage (3'07'')
2. Babylon (6'37'')
3. FireWings (3'06'')
4. Trial by Fire (3'21'')
5. The Fifth Dimension (7'07'')
6. Still of the Night (6'31'')
7. Blood in the Arena (4'00'')
8. Rebellion (4'.42'')
9. Still Believe (3'50'')
10. Time to Live (5'10'')
11. The Last Ride (5'23'')
12. Guardians of Metal (3'34'')
13. The Quest Goes Ever On... The Endless Quest chapter II (17'46'')






