Les acteurs de l'ombre

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Inner Chaos - Different Stories

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Après deux démos dont la première parue en 1998 et un premier album Neopolis en 2002 très remarqué par la critique, les hybridations progressives d’Inner Chaos reviennent sourdre à notre entendement avec Different Stories. On note des basses très (voire trop) importantes au mixage ce qui étouffe un peu le son d’ensemble, le discernement de chaque instrument souffre de ces quelques imperfections de la production à mon sens. Au niveau de la musique pure, la recette progressive est toujours synonyme d’une belle maîtrise technique de la part des compères d’Inner Chaos. La voix de Bertrand Drécourt est suave et s’accomode bien au style musical pratiqué. Il est toujours surprenant d’écouter la saturation de guitare à la Pantera sur une musique progressive qui emprunte énornément à Dream Thea ter. En cel réside une hybridation peu commune à n’en pas douter et elle est toute à l’honneur des franciliens. Les claviers de M Bienfait sont très polyvalents et amènent un peu de légèreté et de subtiles vagues aériennes pour contrecarrer des instruments amplifiés parfois rugueux et trop graves. Quant à la traditionnelle question des compositions, c’est ici que le bas blesse sans aucun doute. The Stomp est par exemple bien trop clinique et démonstratrif à mon sens. A contrario comme si les musiciens l’avaient à l’esprit inconsciemment, le morceau suivant Letter From Home est plus aérien typique d’un hard rock tendance slow langoureux à la Scorpions. Sur des compos en demi teinte où il semble impératif dans tous les cas d’aimer le progressif Inner Chaos dégage de belles séquences fruit d’un clavier très polyvalent comme je le disais auparavant. En effet, les parties piano forment heureusement un beau contraste avec ce qui peut apparaître comme une monothonie au niveau guitare/basse. Ecoutez donc le beau Wings Of Death et c’est cette fois au doom metal qu’empruntent ces étonnants musiciens. Au total, au confluent du jazz, du progressif, du metal et du hard rock de formations comme Pantera, Dream Theater, King’s X ou Joe Satriani avec des sons de guitares épais parfois doom, Inner Chaos démontre un véritable talent technique sur des compositions qui peuvent manquer parfois de percutant et d’efficacité. La production donnant trop de place aux graves gâche le résultat final pour ma part, c’est bien dommage. Il n’empêche que la formation semble promise à un bel avenir une fois ce problème reglé et des compos plus centrées sur l’émotion se dégageant de quelques passages par trop démonstratrifs. L’éternel problème du progressif pour les non thuriféraires… alors que des adorateurs de LaBrie, Portnoy et consorts pourraient bien s’en délecter…

 

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