Necrophagia nous revient avec un album qui ne risque pas de convaincre les réfractaires à leur death crade et sanglant que celui-ci soit digne d’intérêt. Les fans ont, quant à eux, de grandes chances d’être convaincus. Quoiqu’il en soit, pour se faire une idée de cet album, il ne faudra pas se contenter d’écouter la première chanson au casque chez son disquaire avant de l’embarquer chez soi en se disant qu’on tient une bonne tuerie entre les mains. Car si « Dead Skin Flesh » (le premier titre de l’album est en fait une intro) est un bon morceau, pêchu, avec des passages d’une lourdeur convaincante et une fin qui donne envie de tout défoncer, il n’est pas ce que j’appellerai un morceau représentatif de l’album dans son ensemble ; car il est le seul, avec « Harvest Ritual », le morceau de cl
ôture du disque, à ne pas comporter pas de ces passages au clavier qui risquent de faire hérisser le poil de nombre de personnes. Dès « Unearthed », ledit clavier vient imposer ses sonorités électroniques et aiguës, et quoiqu’au début l’on puisse se dire que cette expérimentation se vaut car elle permet de créer une certaine ambiance malsaine, bien rapidement ces passages nous tapent sur les nerfs. Il faut dire qu’à l’intérieur d’un même morceau, c’est toujours le même sample qui revient, long et peu varié, mais que d’un morceau à l’autre, on a l’impression que c’est encore le même, ce qui est, on l’admettra volontiers, autrement plus grave. Ces passages sonnent toujours de la même manière, et vont parfois de manière fort désagréable flirter avec l’aigu. Bien entendu, certains apprécieront sans doute. Mais pour ceux qui n’aimeront pas ou qui aimeront sans plus, il sera vite insupportable de subir ces passages pour pouvoir accéder aux autres, bien métal eux, bien lourds, et le plus souvent fort bien sentis. La lourdeur des riffs bien crades de Necrophagia me fait parfois penser à Superjoint Ritual. La production, bonne, mets bien en valeur leur gros son et les vocaux, excellents et variés. De la bonne violence donc. Mais il y a un « mais », ce « mais » dont on déjà a suffisamment parlé. Concentrons-nous donc sur ce deuxième havre de paix (si tant est qu’on puisse appeler un morceau de Necrophagia ainsi, mais quand on a écouté 6 titres avec ce foutu clavier, on ne voit pas comment on pourrait appeler ça autrement), « Harvest Ritual » ; des chœurs angoissants et un cri déchirant sur une musique qui fait vaguement penser à du Ligeti dans ses sonorités constitue une bonne mise en bouche à ce morceau plutôt original et réussi. Le début du morceau, mélodique et malsain à souhait, fait place à une bonne explosion comme Necrophagia sait en faire, et les breaks permettent à des chœurs féminins de faire leur apparition. On peut reconnaître ici que Necrophagia sait instaurer certaines atmosphères ; les cris comme les chœurs permettent à ce morceau de sortir du lot. Pas qu’à ce morceau d’ailleurs ; car les autres contiennent de bons passages, notamment l’intro de « Cadavera X », ou celle de « Return to Texas » qui est une vraie torture, angoissante comme pas deux, ou des riffs plus bourrins comme sur le début de « Unearthed ». Malheureusement on ne peut pas dire que la variété soit l’une des caractéristiques du groupe. Mais soit, tant que ça sonne, on ne leur en demande pas plus. Autre bémol ; « Akumu », titre électro, genre « pause intrumentale », sans grand intérêt. Pas un flop ni un top, disons plutôt que cet album est à réserver à un public averti, c’est-à-dire aux fans. J’ai toujours pensé que le groupe valait surtout pour ses clips qui constituent une curiosité ; je reste sur ma position. Tracklist :
1. The World, The Flesh, The Devil
2. Dead Skin Slave
3. Unearthed
4. Cadavera X
5. London 13 Demon Street
6. Return To Texas
7. Akumu
8. Stitch Her Further
9. Excommunicated
10. Harvest Ritual







