Les acteurs de l'ombre

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Machina Deus Ex - Unease

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Ce qui surprend après la première écoute de ce mini CD ce n’est pas tant la qualité intrinsèque de l’œuvre en elle même que le fait de se rendre compte après coup qu’aucun label ne s’est encore penché sur le cas de Machina deus ex. A l’heure ou certains « décideurs » illuminés signent des groupes dont la légitimité m’échappe encore, saturant une scène metal qui n’aura jamais connu autant de sorties à tous les niveaux de son spectre musical que depuis ces dernières années, des groupes de qualité végètent dans l’ombre, obligé de s’auto suffire à eux même pour espérer arriver un jour à quelque chose. Vous me direz dans un élan de cynisme « je les plaindrai quand j’aurai le temps », et à juste titre d’ailleurs, surtout qu’ils sont nombreux les malheureux à rester dans l’ombre alors qu’ils ont suffisamment d’éclat pour être mis en lumière au grand jour. Alors voilà, sans être le plus coruscant de tous, Machina deus ex mérite tout de même largement d’être sous les feux de la rampe. Ne serait-ce que par la capacité de séduction de sa musique, à même de trouver grâce auprès d’un public dépassant le simple cadre des sphères métalliques. Bien sûr, et sa présence dans nos colonnes en est d’ailleurs la raison même, Machina deus ex s’est donné pour point de départ une base metal qui est l’axe directeur principal de son orientation musicale. Mais le groupe infléchit suffisamment le cheminement de ses morceaux avec des éléments extérieurs plus souples, pour amener sa musique à dériver vers d’autres horizons musicaux qui viennent enrichir le matériau premier et lui donner plus de substance. Il en résulte une texture sonore envoûtante affichant une prédilection marquée pour le sombre et la mélancolie, mais telle qu’elle pourrait aussi bien enflammer le dance floor des soirées gothiques, à l’image du morceau « Last scene » avec son intro electro qui a tout ce qu’il faut pour faire se déhancher les créatures de la nuit, qu’aller flirter avec le grand public comme sur l’envoûtant « So tired », ou la voix de Sandrine se fait lascive et caressante, en harmonie avec une atmosphère délicieusement ouatée que même des guitares toujours aussi affûtées ne sauraient troubler, s’effaçant même pour laisser quelques fragiles notes de piano accompagner tout en douceur le morceau vers sa fin. A noter que la séraphique demoiselle est secondée dans ses vocaux par un autre chanteur, Gregory qui s’acquitte des parties de chant un peu plus « appuyées » dirons nous, tout en restant toujours très mélodique dans l’approche, et leur duo est tout à fait réussi. Le caractère hypnoide des compositions n’altère en rien leur densité avec une section rythmique qui bien qu’étant loin des grosses machines du genre, reste toujours très présente et ne s’adoucit que rarement, accessibilité ne signifiant en aucune façon complaisance chez Machina deus ex dont les chansons séduisent sans se prostituer à l’autel de la facilité, ce qui n’est pas la moindre de leur qualité. Ils ne leur restent plus qu’à séduire suffisamment pour voir le groupe rentrer dans les bonnes grâces d’un label qui aura la bonne idée de les prendre sous son aile. En tout cas c’est tout le bien que je leur souhaite.


Tracklist :
1. Claire & confused
2. On the verge
3. Last scene
4. So tired
5. Misfired treaty
 
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