Les acteurs de l'ombre

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Estertor - Beetween silence and light

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En provenance du fin fond de la Bolivie, Estertor a du sûrement se perdre en chemin pour venir jusqu’à nos frontières car c’est maintenant seulement que ce premier opus arrive jusqu’à nos oreilles alors qu’il est sorti tout de même depuis deux bonnes années déjà. Doit-on mettre ce laps de temps gargantuesque sur le compte de la fatalité, un sens de l’orientation défaillant ou bien est-ce encore un complot des hautes instances de la poste qui aurait sciemment égaré le précieux album dans les méandres inextricables de ses réseaux de distribution tortueux dont la nodosité n’est plus à prouver? En effet, qui n’a pas déjà vu l’un de ses précieux colis s’évanouir dans la nature et disparaître à jamais, perdu dans les dédales de l’oblivion, sans qu’aucune explication rationnelle puisse jamais êtr e fourni? Bon, point n’est besoin de patrocinner ad vitam eternam, le mal est fait, et il convient désormais de le réparer en donnant un petit coup de projecteur à nos amis boliviens qui le méritent amplement. Basé dans la sympathique bourgade de cochabamba, le quartet a dépassé depuis belle lurette le simple cadre du succès d’estime dans ses contrées et est considéré comme étant de loin l’un des meilleurs groupes boliviens en activité. Et après écoute, cette reconnaissance me paraît on ne peut plus légitime et il ne serait que justice que leur renommé s’étende au delà de leur fief d’origine. Car on a incontestablement affaire à du bon travail avec ce premier effort qui augure de bien belles choses pour l’avenir de cette formation qui s’annonce des plus doré, si elle continue à briller de la sorte. Between silence and light met en lumière une prédilection évidente pour le death mélodique, mais seulement comme base de départ pour s’orienter vers une direction musicale qui diffère singulièrement de celle emprunté d’ordinaire par les adeptes du genre. Car si la formation s’inspire en premier lieu de certains standards en vigueur comme les Dark tranquillity ou les In flames de la première heure, elle ne se contente pas non plus de les reprendre bêtement à son compte mais au contraire les retravaille à sa manière pour aboutir à un résultat des plus probant. Ouvrant son art à des perspectives beaucoup plus variées, Estertor s’affranchit des clichés inhérents à l’exercice de ce style pour arriver à affirmer une vraie personnalité. La texture sonore est très variée et on peut mettre au crédit du groupe une certaine facilité à teinter sa musique d’influences diverses parmi lesquelles on peut citer le heavy, le death traditionnel, et même faire état par moment d’un léger feeling doom dans ce que le genre peut avoir de plus aérien. Il faut dire que l’album s’étendant sur plus d’une heure, les musiciens ont largement le temps de donner toute latitude à leurs morceaux pour se développer. Et ils ne s’en privent pas, avec une nette propension cependant à privilégier le primat de la mélodie sur la puissance, la plupart des parties de guitares étant orientées dans ce sens même si certains passages plus agressifs contiennent leur quota de riffs bien acérés. Même si la six-corde tient le haut du pavé, l’impulsion rythmique est plutôt à chercher du côté de la batterie et de la basse, et bien que cette dernière ne soit pas toujours mise en avant, elle nous réserve parfois quelques bonnes surprise. Il n’en demeure pas moins que les démonstrations mélodiques restent assez impressionnantes, surtout que les deux guitaristes Marcelo et son compère Arturo, ont le médiator plutôt aventureux et n’hésitent pas à s’engager parfois dans un périple guitaristique de longue haleine, mais sans que leur jeu ne montre à aucun moment des signes de fatigue, et loin de s’égarer dans des pérégrinations instrumentales décourageantes pour l’auditeur lambda, prennent bien soin d’aérer leur musique avec quelques intermèdes acoustiques de temps à autre et l’insert d’arpèges harmonieux qui rendent le tout très agréable à l’oreille. La plupart des titres sont d’ailleurs structurés avec un tel souci de variété qu’on a parfois l’impression d’écouter des plans tiré d’un album de prog’, mais plutôt en version allégée, car le format reste raisonnable et on est loin d’avoir affaire à ces compositions interminables souvent typiques des dérives progressives. Outre le soin particulier apporté à la structure des morceaux, je tiens aussi à attirer l’attention sur la qualité des vocaux qui contribue à la bonne tenue de l’ensemble, Franky à la batterie et Marcelo à la guitare se répartissant les tâches pour couvrir un large registre d’émotions avec de belles voix claire et un chant death majoritaire. Alors bien sûr, Moonlapse n’étant rien d’autre que le label monté par le guitariste Marcelo avec son propre groupe comme seul « signature », l’album est un peu enregistré avec les moyens du bord comme toute autoprod’ qui se respecte, et ne bénéficie peut être pas d’un son de premier ordre, mais la production reste tout de même suffisament acceptable pour refléter avec justesse la valeur évidente de la musique d’Estertor. J’irais même jusqu’à dire qu’elle n’a en fait pas grand chose à envier aux réalisations plus « professionnelles », tout comme l’artwork lui aussi confié aux bons soins du label. Je vous laisse imaginer ce dont Estertor serait capable si un plus gros label venait à mettre à sa disposition des moyens à la hauteur des ambitions qu’il peut caresser. Car même si ce premier opus ne réécrira pas l’histoire du metal, il est plus que prometteur pour la carrière de ce groupe que je vous suggère fortement de soutenir.


Tracklist :
1. Intro …in the forest
2. Ride to the unknown
3. Shadows
4. Dark silent room
5. Green
6. Eternal fall
7. Lifebuilder
8. The follower
9. Drunk song (Nietzche)
10. Hunting lost dreams
11. Sacred sin…death in life…
12. Slept shining dew
13. To my conscience (instrumental)
 
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