Après leur album Superhero plutôt bien remarqué, apprécié pour la beauté atmosphérique des ambiances et des lignes de claviers, le duo Suédois récidive en 2005 avec Man Made Machine. Carptree, projet composé de Niclas Flinck au chant et de Carl Westholm au clavier, (sans oublier leurs "guests" : The No Future Orchestra !), signe là un album magnifique qui ne devrait pas décevoir ceux qui ont déjà été conquis par "Superhero". La voix de Niclas m'a séduite d'emblée, si pleine de légèreté, profondeur et élégance, et c'est peu dire que les lignes de claviers assurées par Carl sont de toute beauté.
Voyons de plus près les facettes de ce petit bijou : on ouvre avec cette chanson au titre énigmatique : "Titans clash aggressively to keep an even score", et tout de suite on a les délicats accor
ds de piano ouvrant le morceau, et la voix d'abord intimiste de Niclas qui semble nous conter une histoire... et soudain, effets de choeurs, envolées de voix soutenues par le clavier, puis guitares et batterie qui viennent s'y superposer pour créeer cette ambiance si particulière, avec parfois des effets de sons électro un peu "hantés" si l'on peut dire, mais le tout est d'une classe incontestable ! Des choeurs, on en retrouve avec le morceau suivant, "Sunshine waters", où des voix légères ouvrent avec une mélodie entêtante... le chant de Niclas arrive, très "glam" sur ce titre je trouve, bientôt soutenu par les accords de guitares et de longs passages de claviers, aériens, magnifiques ! Le morceau finit en apothéose avec des choeurs féminins délicats et puissants à la fois, jusqu'au bout le clavier égrène sa mélodie qui reste en tête longtemps après l'écoute encore...
Tous les morceaux ont quelque chose d'accrocheur. "The Weakening Sound" me plaît beaucoup avec son intro voix/claviers pleine de mélancolie, ambiance triste et feutrée où le chanteur semble nous murmurer des secrets..."I don't believe in you", chante-t-il tristement... Beau crescendo typique du progressif, le morceau prend peu à peu de l'énergie jusqu'à l'arrivée des choeurs, de la batterie et la guitare qui propulsent le morceau dans une symphonie enlevée, pour retomber doucement dans le duo voix/piano... et ainsi de suite. Car on remarque très vite ce procédé dès l'écoute des premiers titres : alternance de passages doux et lents avec le duo chant/piano, et de moments plus rythmés et symphoniques avec des choeurs et différents instruments. On passe très souvent plusieurs fois de l'un à l'autre dans le même morceau. Cela peut dérouter au départ, mais c'est d'une grande efficacité ! Le résultat est beau, on a des chansons pour le moins variées, tout en conservant une certaine homogénéité.
"Pompeux" diront certains, "majestueux" affirmeront d'autres, toujours est-il que cet album ne laisse pas indifférent ! Choisissez votre camp. Pour ma part, cette élégance m'a touchée. Dans la seconde partie, les morceaux prennent un caractère plus "pêchu", notamment le "Man Made Machine", titre éponyme et donc un peu emblèmatique de l'album, dégageant une atmosphère très troublante... il comporte des passages électro, une froide ambiance indus tranchant nettement avec les morceaux précédents. Ambiance trouble et inquiétante propre à évoquer les machines crées par l'homme ? Tout porte à dire que oui. Morceau très efficace en tout cas, auquel succède "Burn to something new" qui présente également des composantes électroniques dès l'intro, battement rapide et sons distordus... terrible ! et quel final. Après une alternance de passages calmes/aériens avec des plages de sons froids et inquiétants, on finit avec des effets de choeurs superposés à la batterie du plus bel effet ! "In the centre of an empty space" est très rythmée dès le départ, les guitares s'y font plus énervées, et le battement dansant qui hypnotise lascivement nos oreilles dès le début s'arrête, puis revient, puis s'arrête... morceau expérimental, surprenant, l'un des plus efficace de l'album. Angoisse d'un espace vide ? Evocation de la froide immensité de l'univers ? On peut en imaginer, des choses, en écoutant ce morceau !
Puis un très court morceau, à la fois mutin et triste, nous emmène vers l'ultime chanson de l'album : "This is home". C'est le bouquet final de ce superbe travail, ouvrant sur un bruit ressemblant à une étrangé respiration, et très vite les guitares distillent leurs mélodies prenantes, les claviers allègent l'ensemble à certains passages, la voix enrobée de choeurs annonce la conclusion de cet étonnant voyage. Magnifique. Amateurs de sons goths, expérimentaux, indus, de claviers et belles voix : Man Made Machine sera du nectar pour vos oreilles. A consommer sans modération. Tracklist :
1. Titans clash aggressively to keep an even score
2. Sunshine waters
3. The weakening sound
4. Tilting the scales
5. The man you just became
6. Man Made Machine
7. Burn to something new
8. In the centre of an empty space
9. The recipe
10. This is home






