Décidément la scène normande n'en fini pas de refourguer à tour de bras ses perles black métalliques. Leur première démo "Aux Funérailles Du Monde" laissait croire à un bel avenir. Eh bien pour une fois, je n'ai pas honte de le dire mais j'ai bien fait de Croire.
S'il fallait réaliser une comparaison (ce dont je ne me priverai évidemment pas, vicieux comme je suis) je dirais : les bases de la démo sont ici exacerbées. Plus violent, plus sombre, plus dépressif et mélodique.
Ils détiennent une identité propre. Ils créent. Violence et mélodies peuvent s'accorder, Angmar le prouve.
Une voix déchirée, écorchée vive, hurle en français des textes d'une belle intensité, une franche impacte. Sa force et sa célérité évoluent avec la rythmique, mais nous verrons cela plus tard. Certains mots s
e comprennent à la volée, effet garantie. Fog démontre ses capacités à poser ses gémissements sur un rendu dépressif particulièrement communicatif, comme ses cris haineux à en mourir au milieu d'un chaos sonore parfaitement maîtrisé.
Voilà le mot que je cherchais, maîtrisé. Ils savent ce qu'ils font de A à Z. On ne sent pas une lueur de test, ils ne se tâtent pas. Les idées sont là, prêtes à l'exploitation.
A cette voix s'ajoutent des chœurs guerriers et de temps à autre simplement tristounés. Trois membres, trois brailleurs... Pas d'indifférence possible. Ca se passe de commentaires. On se surprend à entonner les cœurs déchirés à plus d’une occasion.
Glisser magistralement un passage suicidaire au milieu de deux hystéries brutales fait toujours son effet. Et quel effet ! "Le Paria" reflète synthétiquement le fond de l'album ; ses blasts déchaînés alliant neurasthénie à haine violente, montrent à quel point il est possible d'exploiter la bonne vieille recette (de l'omelette) norvégienne. Ca ne s'arrête pas là.
Dans leur bio se trouve la définition suivante : Melodic Black Metal. Tiens donc ? Serait-ce une allusion à peine voilée au titre uniquement au piano ? Tututu. Que nenni ! Il n'en ait rien. Melodic pour les raisons suivantes :
- Des choeurs guerriers, hurlés, déchiquetés voir parlés.
- Une guitare indépendante qui se retrouve parfois seule face à un vide soudain.
- Des guitares acoustiques.
- Un morceau de piano et deux intros 'ambient' mystiques assez développées.
Récapitulons avec Bouthros-Bouthros Gali.
"_Triste ?
_Triste, ok.
_Violent ?
_Même ultra-violent, ok ?
_on a tout dit, je crois...
_Non mon cher Ophanin, tu ne nous a pas tout dit par le biais de ta verve inflexible dont Proust serait bien jaloux s'il n'était pas assez idiot pour être mort.
Effectivement tu oublis qu'Angmar essaie quelque chose de peu répandu, le 'blast Vocal'. Je m'explique, ravale ta langue, mon grand.
Le 'blast vocal' pour moi ce sera l'idée de coller un blast plus rapide à chaque changement de voix. Par exemple, lorsque le chant est juste vomi, la batterie se contente d'un mid-tempo. Puis Fog monte d'un cran dans la déchirure de ses cordes vocales et le rythme devient alors un beau petit blast, et caetera... La batterie et la voix deviennent de plus en plus extrêmes à l'unisson. Et pour toi, Ophanin, qu'est-ce que ça sera ?
_Boarf, ce sera une grande frite avec un coca light sans les bulles.
_Ok, quelle cuisson, ton coca ?
_Saignant limite Tartare.
_Vendu, je te met l'album 'Metamorphosis' avec ceci ?"Tracklist :
1.Resurgence
2.Dead Nation
3.Normannia
4.Homini Delenda Est
5.Metamorphosis
6.When The World Overturns
7.Supreme Being
8.Le pAria
9.Die Unterwilt







