Les acteurs de l'ombre

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Dissection - Rebirth Of Dissection

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La quintessence du cultissime. A peine sorti de prison, Jon Nodveidt, n'a qu'une chose en tête : répandre la bonne parole et les bons riffs sur scène. "Rebirth Of Dissection", le bien nommé, propose le premier live de cette pseudo re-formation. Enregistré le 30 octobre 2004, c'est un objet dorénavant culte et toujours de grande qualité que tout fanatique qui se respecte se doit de posséder. Nous verrons pourquoi avec un brio fulgurant, bien entendu. Nous parlions de re-formation et pis encore de "renaissance", Jon reste paradoxalement la seule pièce d'origine. Le secondent : un ex-batteur de Dark Funeral (le barbu Tomas Asklund), un ex-guitariste d'Aborym (l'adepte du look "pas content" cancéreux sans sourcils Sethlans Teitan) et enfin cocorico l'ex-bassiste de Nightrade (Brice Leclercq). Tous ce petit monde interprète très professionnellement ses parties et à aucun moment ne cherchera à voler la vedette à l'original compositeur. Au premier visionnage, chose étonnante, le concert donne une impression d'ennui partagé à la fois par Dissection et le public. Bizarre, on l'entend un peu chantonner sur "Where Dead Angels Lies", on le voit un peu remuer du chef mais c'est tout. Il faut dire que le public n'a pas franchement une place de choix, on ne le voit pas très souvent mais tout de même de façon régulière. Ne surtout pas s'arrêter à cela, il suffit de revoir cette prestation exemplaire pour saisir toutes les petites nuances auparavant dérobées. Déjà première étrangeté, en appuyant par hasard sur "lecture" au lieu de "OK", apparut alors à l'écran un "Backstage" tout à fait intéressant. Voire passionnant ! Les traditionnelles images de l'équipe préparant la scène alternent avec un Jon tout euphorique et rigolard, il n'attend qu'une chose : le live. Dissection c’était vraiment toute sa vie. Il peut aussi s'atteindre en faisant "précédent" durant le premier morceau. Un son puissant comblera vos esgourdes attentives tout au long de ces longues minutes de délectation. N'ayant jamais eu l'occasion de voir Dissection en concert, je fus agréablement surpris de constater l'ampleur que prennent les morceaux dans ce contexte. Tout bonnement phénoménale. Au niveau des guitares, le son propre et clair, net et précis confère une perception nouvelle des riffs inventifs et géniaux. La voix prend à quelques rares instants un écho de bon aloi, globalement elle reste fidèle aux vieux enregistrements que nous lui connaissons. Seule la batterie peut paraître légèrement en retrait, or dans les versions studios elle possède la même sonorité organique, elle conserve donc la place d'antan. D'ailleurs l'ancien batteur de Dark Funeral pourrait presque siffloter tant il semble à l'aise et impassible derrière ses fûts. Un musicien épatant. Tous s'entendent distinctement et ne prennent jamais le pas sur l'autre. Les solos apparaissent par conséquent limpides et fluides. Bref, tout ceci est énorme. Du haut de ma chaîne 2.1, je puis vous assurer que nulle n'est besoin d'amplifier les basses ou tripatouiller l'égaliseur pour obtenir une production remarquable et, répétons-le, puissante. Une tracklist impeccable, les tubes Dissection sont à peu près tous présents et comme dit plus haut leur interprétation se révèle exemplaire d'efficacité. Des deux bombes atomiques que sont "The Somberlain" et "Storm Of The Light's Bane", il ne sera point joué que trois titres du premier ! Une heure et demi... Ca démarre très fort et continue sur cette ligne en grimpant d'un cran en intensité après un Maha Kali faisant bien tâche, seule ombre au tableau. Simplement, Jon donne l'impression de faire un prêche, les bras en croix et le regard vague, il récite le grand n'importe quoi qui lui passait jadis par la tête. Tristement on suit ce moment de puérilité. La folie douce nous guette. Dissection va jusqu'à jouer le morceau au piano sur son générique de fin. (on voit toute la clique dans la neige en train de faire des gestes sans doute très méchants vu leurs expressions) Le public, contrairement à la première impression, se déchaîne de bout en bout à la moindre sollicitation. Il faut faire preuve d'une observation minutieuse et constante pour s'en apercevoir. Certes les suédois ne sont pas aussi expressifs que des napolitains mais ils gesticulent en haut, en bas, à gauche, à droite, dans tous les sens... raisonnablement. Les têtes bou-bougent avec Jon-jon au premier rang. Pour éclaircir ce point, disons qu'il n'y en a que pour Jon. Les nombreuses caméras s'arrêtent sur tout le monde de façons brèves néanmoins assidues, ainsi l'ambiance du concert se reflète correctement, sans plus. On ressent la bonne humeur et l'atmosphère bon enfant, c'est le principal dirons-nous. A voir avec un matériel 5.1. Notons au passage que la version commercialisée comporte trois formats audio différents, à savoir DTS 5.1, Dolby Digital 2.0 et 5.1 Sur le promo, je n'ai pas le choix. Voilà pour ce formidable live, les "extras" maintenant. L'interview s'avère purement indispensable ! On y apprend toutes sortes de choses tel le "quasi-split" de Dissection en 1997 (pour quelqu'un qui devait sortir un album rapidement...). En faisant plusieurs fois ‘’précédent’’ vous tomberez nez à nez avec le morceau "Black Horizon". Il est au début du concert, seulement l'ampli de Jon lui faisait des misères, du coup son micro devenait obsolète. Quant au clip de "Starless Aeon", que raconter sinon le dynanisme et le professionalisme de celui-ci, presque un pléonasme. Esthétiquement beau et sans temps mort, il devient risible lorsque l'ami se prend l'envie de discuter. De plus, la tête de Jon dans la lumière blanche ressemble étrangement à celle d'un autre génial compositeur, Ihsanh, sur Empty. Finissons rapidement en parlant de l’inévitable galerie de photos. Bon, les clichés respectent la bienséance métallique, sans originalité, ils sont (fort heureusement, pourrait-on ajouter) agrémentés de sons inhérents au live. Maintenant que Jon a rejoint Euronymous et compagnie, il n’y a plus lieu de tergiverser sur le split prévu de Dissection. Les grésillements du générique de fin et les neiges du live prennent une forme prémonitoire, un vague à l’âme, une impression de documentaire interdit tellement usé par le nombre de visualisation qu’il en garde les marques douloureuses. Ne jugeons pas toute une vie sur un seul acte.


Tracklist :
1. Intro : At The Fathomless Depths
2. Nights Blood
3. Frozen
4. Maha Kali
5. Soulreaper
6. No Dreams Bread In Breathless Sleep
7. Where Dead Angels Lie
8. Retribution... Storm Of The Lights Bane
9. Unhallowed
10. Thorns Of Crimson Death
11. Heavens Damnation
12. In The Cold Winds Of Nowhere
13. Elizabeth Bathori
14. The Somberlain
15. A Land Forlorn
 

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