Les acteurs de l'ombre

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Profundi - The Omega Rising

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Alors là, mince... Je vous prie d'accepter mes excuses pour cet excès de vulgarité mais flûte, quoi. Des albums de la sorte, on les compte sur les doigts de la main d'un lépreux. Pour faire simple, Profundi matérialise le travail et la vision d'un seul homme expérimenté : Jens Rydén (ex-Naglfar et ça s'entend !). Ce petit cachottier ne souhaite pas catégoriser son groupe, puisque nous sommes passablement atteins par la folie, disons-le de suite : il pratique du Brutal Black Sympho teinté d'Indus. « The Omega Rising », le bien nommé, consiste en un déluge ininterrompu de brutalité, d'efficacité, d'orchestration pompeuse, de mélodie entêtante et de puissance par-dessus tout ! Ecouter Profundi remplace le meilleur des gélifiant capillaires à tendance « sommeil d'insomniaque contrarié. » L 'ambiance salvatrice dégagée retourne les sangs. Imaginez l'espace de quarante minutes, un mélange intense entre Limbonic Art (période « Ad Noctum/Dynasty of Death »), Anaal Nathrakh (« The Codex Necro », « Eschaton » oui-oui tout à fait,), Axis Of Perdition et Naglfar. Démentiel, n'est-ce pas ? La première impression émanant de ce disque c'est sa tessiture perpétuellement abrasive. Sa sonorité nous brûle littéralement les tympans. La production proche de celle d'Anaal Nathrakh et Axis Of Perdition aboutie à ce transport. Ajoutons à cela, l'omniprésence du chant rythmique déchiré et doublé, nous comprenons mieux pourquoi. En effet, celle-ci fait penser à la voix de Famine (alias Feu Cruel) sur la démo « Phalènes et Pestilence - Salvatrice Averse » de Peste Noire, elle dégage une ambiance si malsaine et agressive qu'elle se hache sous sa propre impulsion. Elle décuple ces pulsions destructrices que nous nous efforçons avec brio de refouler. La connotation Indus provient subséquemment de la production torréfiée, pour ne pas dire en fusion, elle se couple de plus à des riffs « travaux sur la voie publique » ; directes et brutaux, ils fusent droit au but avec toute l'énergie d'un Chihuahua cocaïnomane. On pense par conséquent aux misanthropes anglais susnommés, Anaal Nathrakh, dont les compositions présentes de troublantes similitudes. A commencer par cette atmosphère de Jugement Dernier sous les bombes, cette violence chaotique à force de persistance et, bien entendu, cette bacchanale de puissance pratiquement inintelligible. L'utilisation d'une boîte à rythme ne se dénue pas de responsabilité dans l'affaire. Nous parlions de Limbonic Art dans ses heures les plus frondeuses et bestiales. Ne passons donc pas grossièrement à côté des claviers volontairement kitch (et proches de l'inévitable « Anthems to the Welkin at Dusk » ) dont « Silent Host Of Decay » relate par le menu l'indigence de son humanisme. Les orchestrations lugubres et fournies donnent des airs de manoir victorien hanté aux rares pauses précédent la déferlante mélodique qui s'ensuit. L'orgue se met en exergue sur « ... Of Flesh And Blood » (s'agrémentant au passage de hurlements et de ricanements suspects) enfin les rythmes tribaux à la contrebasse prennent bruyamment la relève sur « Out Of The Evenning Mist ». Maintenant, on pourrait dire « Oui, alors comme çaaa, c'est brutaaal, c'est rentre-dedaaans, alors du coup, voilààà, ce n'est pas dans le détail. » Déjà on est gentil, on le prend sur un autre ton ensuite on fait erreur. De la finesse, il y en a, ne serait-ce que lors des petits passages symphoniques cours mais intenses disséminés tout au long des titres les plus brutaux, et toc ravale ta cuillère, Albert. On trouve de la lead sur « Split-Tounged », par exemple. Nous rencontrons de même un riff à la fois directes, sans concession et eurythmique sur « Coffin Born », ses brillantes apparitions tirent le coup de feu pour la « course maladive aux cervicales d'or. » Récapitulons brièvement, Profundi incarne à la fois la mélodie à la suédoise (ne quitte pas volontiers Naglfar qui veut), les compositions catchys à la Limbonic Art (référence à « Ad Noctum »), la brutalité apocalyptique d'Anaal Nathrakh et Axis Of Perdition ainsi qu'une commune atmosphère délétère de Fin du Monde. Faisons laconique : brutal, efficace et mélodique. Alors, tremblez irrespectueux de Belphegor, bruissez songes de Limbonic Art, hurlez vilaines créatures anglaises, aux rangs, Ginette ! la concurrence lâche du leste, elle monte, elle monte. Saurez-vous contraindre son ascension ?


Tracklist :
1. ...Of Flesh & Blood
2. Unanimation
3. Split-Tounged
4. The Omega Rising
5. Coffinborn
6. Silent Hosts Of Decay
7. Engulfed In Hellfire
8. Lifeless, Cold & Crimson
9. Out Of The Evening Mist
 

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