Les acteurs de l'ombre

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Oceansize - Frames

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Petit retour en arrière. 2003, j’acquiers, sur les conseils d’un vendeur de la F… (non, y’a pas de gros mot ! (même en anglais :-p)), le premier album d’un groupe mancunien totalement inconnu. Et là, grosse baffe : « Effloresce » reste aujourd’hui encore, ma grosse surprise de ces dernières années. Un véritable choc pour moi que l’écoute de ce groupe, sorte de chaînon manquant entre Tool et Anathema (2 combos que j’idolâtre). 2 ans plus tard, « Everyone into position » viendra confirmer l’énorme talent du groupe ; plus structuré et maîtrisé, il lui manquait néanmoins la douce folie qui m’avait fait craquer pour son prédécesseur. Mais quid d’Oceansize (puisque c’est d’eux qu’il s’agit) en cet an de grâce 2007 ? Eh ben, je peux vous le dire tout de go : la musique du groupe me fait toujo urs autant triper. Toujours aussi progressifs, au sens Floydien du terme (rien à voir avec cette cochonnerie musicale qu’est Dream Theatre…), les morceaux de l’album prennent leur temps pour installer leur ambiance, fonctionnant la plupart du temps sur la technique du crescendo, avant d’atteindre une sorte de climax impossible à tenir et finir par « mourir » comme consumés par leur propre énergie. Le premier morceau, « Commemorative t-shirt » en est le plus parfait exemple avec sa petite mélodie à 6 notes répétée à l’infini et qui sous-tend toute l’architecture du morceau : la batterie lui emboîte le pas après plus de 3 minutes, suivie de la voix, puis des grattes saturées pour une sorte de litanie incantatoire du plus bel effet. Ce titre d’ouverture de plus de 8 minutes sert aussi de prélude au morceau suivant, « Unfamiliar », plus « pêchu » et plus dans la lignée d’ « Effloresce ». Ce fonctionnement en diptyque sera repris pour les morceaux 6 et 7. L’instrumental, très post-rock, de 10 minutes « An old friend of the Christies » étant l’intro du très énervé « Sleeping dogs and dead lions » sur lequel Mike Vennart hurle tout ce qu’il peut dans une furia rappelant Mike Patton aux meilleures heures de Fantomas. Encore plus atmosphérique que par le passé (comme sur le très beau « Trail of fire »), la musique d’Oceansize laisse libre cours aux émotions de ses interprètes et fait étalage d’une sensibilité toute britannique (on sent planer l’ombre de Radiohead). Pour preuve, le magnifique « Savant » avec son vocoder déchirant et son final aux violons comme seuls nos amis d’outre-Manche savent nous en mitonner. Le travail sur les harmonies de guitare est toujours aussi réussi (rappelons qu’une des particularités su groupe est de compter en son sein 3guitaristes) et l’on constate une progression notable au niveau du chant, seul point faible du groupe par le passé. Mais, vous vous en doutez, tout n’est pas rose (sinon ce serait l’album du siècle :-D). Le cinquième titre « Only twin » tombe un peu comme un cheveu sur la soupe en plein milieu de l’album. Trop trip-hop, il rompt l’unité avec le reste des morceaux, la musique d’Oceansize n’étant jamais aussi belle que quand elle reste éminemment « organique ». L’instrumental, quant à lui, est un poil longuet et le dernier titre « The frame », même s’il conclu bien l’album, n’en demeure pas moins un peu juste au niveau de l’inspitation. Ca pourrait passer avec d’autres groupes, mais là, on demande l’excellence car on sait qu’ils en sont capables. Au final, « Frames » est un très bel album, et Oceansize confirme qu’il est, avec Porcupine Tree, ce que la Perfide Albion nous a concocté de meilleur dans sa vielle marmite métallique ces dernières années. Si la délicieuse frénésie chaotique du premier album a disparu, c’est aussi au profit d’une plus grande constance et d’une meilleur homogénéité. A la croisée du post-rock (pas si éloigné que ça dans la démarche du dernier Isis), du metal atmosphérique (Anathema) et du metal progressif (Tool), Oceansize est un groupe talentueux, au son unique et à la musique à la fois tripante et chargée émotionnellement. Rien à ajouter. NDLR : à noter que j’ai écouter une version non masterisée de l’album. Néanmoins, je ne sais pas du tout l’influence que cela peut avoir sur le son du CD que j’ai pu écouter.


Tracklist :
1. Commemorative T-Shirt (8:37)
2. Unfamiliar (6:32)
3. Trail of Fire (8:06)
4. Savant (8:07)
5. Only Twin (7:22)
6. An Old Friend of the Christies (10:19)
7. Sleeping Dogs and Dead Lions (6:42)
8. The Frame (10:08)
 

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