Divine Heresy, pour ceux qui ne le savent pas encore, c’est le nouveau projet de Dino Cazares (ex-Fear Factory dont il fut le co-fondateur). Mais ce n’est pas un projet comme peuvent l’être les autres groupes auxquels il a participé et que sont Brujeria et Aesino. C’est pour notre ami Dino un véritable nouveau groupe qui lui tient vraiment à cœur. En effet, l’idée avait commencé à mûrir il y a quelques années. Il ne lui manquait que les musiciens pour le faire. Il a donc tout d’abord trouvé Tim Yeung (Vital Remains, Hate Eternal) pour tenir le rôle de batteur. Dino Cazares a fait là un excellent choix car c’est un batteur très rapide et convient très bien au style. A ensuite été enrôlé Tommy Vext (l’illustre inconnu du groupe) pour tenir la place de chanteur.
Reste à savoir ce que cette a
ssociation peut donner…
Lorsque l’on sait que le fondateur de Divine Heresy est le même que celui de Fear Factory, on est en droit de se demander si le nouveau groupe sera une copie de son aîné ou pas. Mon sentiment à ce sujet est mitigé.
L’album démarre très bien. Une rythmique impeccable et la batterie qui suit à fond les ballons. On a l’impression d’un réel nouveau groupe de Metal avec des côtés très Death Metal. Et le chanteur renforce cette énergie dont on a l’impression qu’elle va tout dégager sur son passage, un peu comme certaines morceaux de Morbid Angel ou Hate Eternal. Et chose surprenante, notre bien aimé guitariste nous gratifie de quelques petits soli. C’est une très bonne entrée en matière. Le groupe a d’ailleurs intérêt à ce que ce soit une très bonne chanson car c’est celle qui porte le titre éponyme de l’album.
Sur le morceau suivant, Tommy Vext nous montre même qu’il sait chanter pour de vrai sans se contenter de hurler. On peut penser que le groupe sait se diversifier et poser un peu de mélodie dans ses composition.
Mais plus l’album avance, plus on a l’impression d’entendre du Fear Factory époque Soul Of A New Machine, mais avec un peu plus de maturité toutefois. La présence de quelques samples renforce d’ailleurs cette impression qui rappelle Demanufacture.
En écoutant peu mieux, on peut se rendre compte que ce n’est pas la seule similitude avec Fear Factory. La batterie suit très (trop ?) souvent les rythmes saccadés de la guitare comme on pouvait déjà l’entendre sur l’ancien groupe de Dino Cazares, et c’est d’ailleurs ce qui faisait une des particularités du groupe. C’est pour ça qu’il est dommage de retrouver la même chose.
Vous pourrez faire deux objections par rapport à ces propos. Pourquoi changer une formule qui a fait ses preuves ? Il est normal d’entendre des similitudes quand c’est la même personne qui compose la musique dans les deux groupes. Mais c’est justement parce que c’est prévisible qu’il faut essayer de prendre le contre-pied de ce qu’on a eu l’habitude de faire pendant 15 ans.
Mais alors, me direz-vous, est-ce un Fear Factory bis ? Je répondrai par la négative en disant que même si ça ressemble en un certain nombre de points, on a affaire là à quelque chose de moins commercial, de plus mature même et avec un côté un peu plus brut, voire punk pour l’esprit de certaines parties. La production et les parties speed avec des blasts aident Divine Heresy à se démarquer. Et puis Tim Yeung n’est pas Raymond Herrera… Et pour être honnêtes, si on occulte de son esprit le fait que c’est Dino Cazares qui est derrière la guitare, on se rend compte que c’est une musique qui dégage beaucoup d’énergie et de puissance grâce à une production réussie de Logan Mader (ex-Machine Head).
On arrive à avoir des ambiances différentes et assez riches avec par exemples quelques parties acoustiques, ou certains riffs avec une guitare accordée un demi-ton en dessous, le tout rendant cet album à la fois brutal et varié. Le morceau Closure qui comme son nom l’indique clos l’album en est un très bon exemple tant il se démarque de tout le reste de l’album par son côté un peu plus « commercial » (ce terme n’est bien entendu pas à prendre au premier degré, n’exagérons rien, même si on se demande un peu ce qu’il fait là)
Je conclurai en disant que cela reste un bon album de Metal, efficace, sans avoir la prétention de révolutionner quelque chose. Dino Cazares veut juste faire du Metal qui lui ressemble et la performance est assez bonne.
Tracklist :
1. Bleed The Fifth
2. Failed Creation
3. This Threat Is Real
4. Impossible Is Nothing
5. Savior Self
6. Rise Of The Scorned
7. False Gospel
8. Soul Decoded (Now And Forever)
9. Royal Blood Heresy
10. Closure







