Les acteurs de l'ombre

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Iron Fire - Blade of triumph

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Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour Iron fire, qui depuis sa formation il y a cinq ans enchaîne autant les albums que les changements de line-up, et semble avoir un peu de mal à trouver comment mener sa barque dans les eaux encombrées du power metal, où naviguent tellement de groupes similaires que le manque de talent et d’originalité finit par envoyer immanquablement par le fond. Après être parti à l’abordage de son public avec un premier assaut guerrier où flottait fièrement en guise d’étendard une bannière avec la mention « TRUE METAL » écrite en gros dessus, la formation danoise se saborde elle même lors d’une seconde tentative qui manque cette fois foncièrement de « trueitude », dépourvue qu’elle est de ces attributs métalliques les plus virils qui faisait tout le mâle intérêt de son prédecesseur. S’en suivent 5 ans de sûrement intenses réflexions (true ? pas true ? plus true ? moins true ?), aux termes desquelles le groupe se remet métalliquement à flot avec le bien nommé « The revenge »et ses riffs gentiment bourrins, qui eux remettent aussi et surtout les pendules à une heure qui n’a certes pas encore sonné pour Iron fire, mais qui depuis tout ce temps aurait pu être la dernière pour cette formation danoise à la volonté vraisemblablement insubmersible. Dans un genre à la dérive et où les épaves sont nombreuses, le quintet danois n’est jamais loin du naufrage malgé tout ses efforts, et si le navire n’a pas encore coulé c’est sans doute parce que son équipage adore ramer. Mais tout de même, faudrait voir à arrêter de sortir des albums comme on sort des bouées de sauvetage, car ce Blade of triumph prend l’eau de partout niveau inspiration, et si on échappe à la noyade, c’est encore de peu. Pourtant le groupe semblait avoir colmaté ses brèches en interne, avec un line-up qui tient bon la barre depuis leur précédent périple sonore, et rempile donc glorieusement sur cette nouvelle odyssée. Une nouvelle odyssée où comme le laisse plus ou moins deviner la pochette aussi jolie que peu originale, il est toujours question pour ne pas changer d’épopée épique sur fond de castagne chevaleresque (« Bloodbath of knights »), avec des messieurs en armure qui s’empalent joyeusement les uns les autres avec leurs épées (« Steel invaders »), quand ils ne courent pas justement après une épée qui est plus magique que les autres (« Legend of the magic sword ») pour affronter une bestiole à écaille qui crache du feu (« Dragonheart »). Tout un programme d’aventures follement trépidantes, qui ne change pas vraiment de l’ordinaire aussi bien thématique que musical auquel la plupart des combos nous habitue dans un genre ayant perdu depuis bien longtemps sa capaciter à emballer le palpitant de l’auditeur moyen, mais qui bien retransmis peut quand même arriver à meubler agréablement le temps entre deux diffusions. Et c’est bien là le problème, les danois ne font que meubler avec ce Blade of triumph, qui lui tient carrément plus de la rediffusion qu’autre chose. Iron fire, avec son chanteur aussi lisse que Michel Drucker c’est Vivement dimanche en version heavy metal. Clairement, les 5 ne manquent pas de bonne volonté, mais manquent par contre foutrement d’ambition pour se complaire ainsi dans un tel marasme créatif. Si ils étaient mauvais, passe encore, ce ne serait que l’un de ces nombreux cas de figure où l’on se trompe simplement de carrière, mais non, c’est évident que ces mecs là ont du potentiel, c’est juste qu’ils ne savent l’exploiter à sa juste valeur. Prenez les deux guitaristes par exemple, qui ne se foulent pas vraiment du médiator et se contentent de nous tricoter des plans avec leurs guitares comme des couturières avec leur métier à broder. Ils aiment les soli transparents et c’est leur droit, mais je suis sûr que si on leur greffait une paire de couilles supplémentaire, ils arriveraient à nous pondre des trucs beaucoup plus burnés, et passeraient moins pour des eunuques à côté d’autres groupes qui eux en ont dans le caleçon. En parlant d’eunuque, malgré un court séjour dans les aigus avec son chant sur « Jackal’s eye », le très aimable chanteur Martin Steene nous épargne avec bienveillance les vocalises en altitude pour raser plutôt gentiment les paquerettes, avec des vocalises en moyenne d’une linéarité telle qu’on se dit que c’est indéniablement lui qui gâche le plus son talent. Oui, parce que faut pas croire, le monsieur sait chanter, mais ne connaît visiblement pas le sens du mot « emphase », qu’il devrait mettre plus souvent à profit pour faire gagner son chant en intensité. Un cas de figure type se présente d’ailleurs sur le titre « Gladiator’s path », ayant tout pour tuer avec son refrain classieusement kitchounet et virilement lyrique, mais qui interprété par un chanteur dont l’organe manque de vigueur sonne un peu trop gay. Jugez plutôt : « My name is Armageddon My steel is like the venom From the cobra that will bring you down (Die for the gladiator) Deep down in the dungeon I await like a scorpion Someday all will kneel down The gladiator comes for you Feel the pain when the steel goes go through All enemies will hit the ground » Non mais sans déconner, « Feel the pain when the steel goes through », « sens la douleur quand l’acier passe à travers » en français dans le texte, c’est pas la classe true metal dans toute sa splendeur ? C’est vrai quoi, merde, TU LA SENS LA DOULEUR QUAND IL TE PASSE A TRAVERS MON GROS ACIER ? HEIN, TU LA SENS LA DOULEUR ? Eh ben non, voila, c’est dit. Que dalle, à peine un petit picotement de satisfaction titillant mon inconscient de true metalleux, qui lui me souffle à l’oreille pour toute réponse qu’interprété par un vocaliste qui sait poser ses burnes sur la table au moment de chanter, ça aurait eu autrement plus de gueule. Bien dommage, vu qu’Iron fire a le chic pour placer de mâles refrains qui nous restent virilement en mémoire (« raise your metal fist in the air » sur le sympathique « Steel invaders », par exemple.) mais qui pêchent par manque de testostérone dans le chant. Dommage aussi cette production de chochotte, de la part d’un Fredrik Nordstrom qui nous avait habitué à des trucs meilleurs dans le genre. Dommage est d’ailleurs un mot qui résume très bien Iron fire et ce « Blade of triumph », et sur lequel je n’aurai pas, je l’espère, à m’arrêter une nouvelle fois lors du prochain album.


Tracklist :
1. Dragonheart
2. Bloodbath of knights
3. Dawn of victory
4. Lord of the labyrinth
5. Bridges will burn
6. Follow the sign
7. Steel invaders
8. Jackal’s eye
9. Legend of the magic sword
10. Gladiator’s path
11. Blade of triumph
 
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