Me voilà bien embarrassé aujourd’hui car j’ai semble-t-il entre les mains un opus très difficile d’accès mais sans la clef lui correspondant. Ce décodeur propre à chaque œuvre, auquel Onfray fait référence lorsqu’il analyse la nature de l’art et sa crédibilité, m’est absent. Je suis persuadé d’être en présence d’un de ses rares opus qui tâche, avec plus ou moins de brio, de faire avancer les choses mais impossible de rentrer dedans ! Tel un étranger ne parlant pas la langue, « Advent Parallax » débarque dans ma chambre sans la possibilité de me communiquer la moindre émotion ou hérissement de poil (je m’arrêterais à ça, l’étape suivante étant généralement réservée à des albums d’un niveau légèrement supérieur).
A première vue on est pourtant sur un sentier battu, un Black Metal des plu
s banals : voix haineuse, batterie agressive, une production propre et crade à la fois. Mais concernant les mélodies et les gammes utilisées par Averse Sefira une indifférence totale s’empare de ma personne, je dirais même plus (oui je porte très bien le chapeau melon) une incompréhension et parfois même une répulsion. Je suis dans l’incapacité de mettre un nom ou même un sentiment sur la musique des américains. Pourtant amateur des dissonances d’un Deathspell Omega ou d’un Blut Aus Nord au sommet de leur forme, je n’arrive pas, écoute après écoute, à comprendre la démarche du groupe.
J’espère que les lecteurs exigeants que vous êtes comprendront ma position (décidemment la débauche me gagne ce soir…) et se contenteront d’une brève description s’en tenant aux faits. La production plus que correcte, disais-je, permet donc une bonne appréciation (au sens du jugement vous l’aurez compris) des compositions. Une batterie précise et variée s’adapte parfaitement aux différentes ambiances des morceaux variant du brutal à des passages plus posés mais assez malsains. Car même si ceux-ci de part leurs longueurs, nous donnent l’impression d’une certaine linéarité, les riffs, certes un peu trop répétés, oscillent assez régulièrement. On regrettera les effets sur la voix et son manque de puissance et de présence bien qu’elle soit haineuse à souhait. Concernant les guitares, l’originalité et la complexité les caractérisent plus que la réussite à mon oreille malgré tous les efforts fournis pour tenter de les comprendre. Peut être un artwork plus complet m’aurait-il permis de mieux préparer mon esprit à cet opus.
Il est difficile de juger une œuvre qui ne relève pas de son domaine de connaissance et c’est aussi là le lot des groupes un tantinet avant-gardistes que de ne pas toucher le public à coup sûr. Il faut accepter de ne pas toujours être bien compris, et garder la tête haute grâce à la fierté de ne pas revomir sempiternellement la pitance fournit par nos ainés. Vous l’aurez compris « Advent Parallax » n’est pas à placer entre des mains de puristes et il est nécessaire de faire preuve d’une certaine (immense même) ouverture d’esprit pour parvenir à appréhender ce genre de production.
Tracklist :
1. Descension
2. Seance in a Warrior’s Memeory
3. Viral Kinesis
4. Cognition of Rebirth
5. Serpent Recoil
6. A Shower of Idols
7. Refractions of an Unexploded Singularity
8. Vomitorium Angelis






