Les acteurs de l'ombre

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Agalloch - The white Ep

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Qui ne connaît pas encore cette formation pourtant déjà « culte » qu’est Agalloch serait bien avisé de se pencher alors sur la discographie des natifs d’Oregon, avant de jeter une oreille sur « The white Ep », dernière parution en date du groupe, faisant suite à son devancier chromatique »The grey ep », et surtout à une pléthore de Ep dont l’intérêt demeure aléatoire. Car plus connu d’ordinaire pour la majesté atmosphérique de son black metal épique enluminé de parures folks coruscantes, le combo de Portland nous présente cette fois une oeuvre dont le contenu ne reflète pas avec exactitude la nature habituelle de leurs travaux antérieurs, et s’offre une parenthèse qu’on pourrait apparenter au « Damnation » d’Opeth, occultant tout l’aspect metallique pour ne plus se concentrer que sur le côté folk. Démarche qui ne manque pas d’intérêt, quant on sait que depuis la sortie du légendaire « The mantle » qui avait permis à cette entité de se faire un nom sur la scène metal, jusqu’à celle de « Ashes against the grain » faisant honneur avec brio à ce nom désormais respecté, certains de leurs fans ne cachaient pas leur hostilité à l’encontre de ces influences folks. Faut-il voir par conséquent en « The white Ep » une réponse directe à leurs détracteurs ? Je ne le pense pas, d’autant que les septs titres qui nous sont ici proposés ont été composés durant une période s’étalant sur plusieurs années et sont plutôt ce qu’on appelle dans le jargon musical des « chutes de studios », en d’autres termes des compositions qui n’ont pas été retenus lors de divers sessions d’enregistrement. Rien d’étonnant alors au fait qu’elles soient quand même d’excellent qualité, car pour un groupe aussi distingué qu’Agalloch il est difficile d’imaginer un seul instant que ces compositions aient été mises de côté parce qu’elles seraient mauvaises. Ce qui étonne en revanche, c’est la cohérence de la tracklist malgré la disparité temporelle des morceaux. A aucun moment on ne serait tenté de procéder à une quelconque dissociation, et l’homogénéité de la chose n’empêche nullement la diversité des sensations sonores, qui n’a d’égal que celle des instruments employés, allant de la guitare aussi bien acoustique que sagement électrique à l’accordéon, en passant par le piano ou encore la harpe. Entre folk sombre et dark ambiant, sérénité bucolique et mélancolie spectrale, « The white Ep » est habité tout du long par une puissance émotionnelle dont le caractère très cinématique évoquera sûrement à l’auditeur des images d’une nature qui variera selon sa sensibilité. Néanmoins, quelque soit la manière dont on la ressente, la beauté de la musique ne fait ici aucun doute, et y succomber ne représentera un problème que pour ceux qui ne trouvent aucun charme à tout ce qui n’est pas metal, réticence qu’il ne m’appartient pas de critiquer, mais qui à mon sens constitue le seul obstacle légitime à l’acquisition de cet Ep.


Tracklist :
1. The isle of summer
2. Birch black
3. Hollow stone
4. Pantheist
5. Birch white
6. Sowilo rune
7. Summerisle-Reprise
 
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