Les acteurs de l'ombre

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Kingdom Of Sorrow - Kingdom of sorrow

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Certains labels bien intentionnés se font un devoir d’expliquer aux humbles chroniqueurs que nous sommes, comment considérer au mieux le travail des artistes qu’ils remettent aux doux soins de notre critique. Merci donc à Relapse, de nous avoir précisé avec une promotionelle obligeance que Jamey Jasta et Kirk Windstein doivent être traités avec tous les égards dus à leur rang, légendaire il va s’en dire. Enfin « légendaire » selon la biographie du groupe, et sûrement de l’avis de quelques milliers de fans répartis aux quatre coins du globe métallique, accordons leur au moins ça. Ce groupe de légende(s), puisque c’est quand même de cela dont il est question, c’est donc Kingdom of sorrow, projet musical en gestation depuis trois ans dans la tête de l’éminent leader de l’institution hardco re Hatebreed, ainsi que dans celle du vénéré guitariste des cultissimes Down et Crowbar, Kirk Windstein. Le temps de mûrir la chose, nos deux zygomars musculeux s’accoquinent dans l’intervalle avec quelques collaborateurs musicalement triés sur le volet, parmi lesquels figure Derek Kerswill, bourreau des fûts chez Unearth, ainsi que Steeve Gibs, progéniture de Bee gee qui gratte les cordes de sa guitare chez Crowbar, et fut un temps Black label society. Voilà pour les présentations et la brosse à reluire, maintenant on peut passer à l’état musical des lieux. Alors à quoi diable s’attendre quand deux poids lourds de la scène métal à tendance camionneur décident de faire la route ensemble, après s’être trouvé un créneau horaire commun dans leur emploi du temps de ministre spécialisé dans la cause pachydermique ? Mais à du lourd bien sûr. Du lourd servi sur un plateau de plomb graisseux par une production lestée finement, grâce à l’intervention avisée d’un Windstein à qui on ne le fait pas en matière de pondéral qui tâche. Ni en matière de riffs pas beaucoup plus propres d’ailleurs, comme en témoigne d’emblée l’opening track « « Hear this prayer for her », ressucée grassement paresseuse de l’autre (super)groupe du monsieur, à savoir Down. Un Down dans lequel notre homme a déjà imprimé sa patte de fabrique, déposée depuis ses débuts marécageux avec Crowbar, et qu’on retrouve donc du premier au dernier album des bayou boys de la Nouvelle Orléans, mais aussi sur Kingdom of sorrow. Une empreinte tellement prohéminente sur ce premier essai, qu’on a du mal à identifier concrètement le reste de l’espace collaboratif alloué à la contribution de Jasta. D’autant que lorsque le petit Kirk pousse virilement la chansonnette, il en impose tout de même sévère. Et le grand Jamie lui, a beau se planter platement derrière son micro pour pousser une de ses gueulantes socialement remontées comme il a l’habitude de le faire avec Hatebreed, eh ben d’accord ça fait mal aux oreilles, mais ça va pas chercher vocalement beaucoup plus loin. Notre coreux vocaliste a largement le coffre pour se faire entendre, c’est un fait, mais que ce soit dans Hatebreed ou dans Kingdom of sorrow, le constat demeure le même quant à la manière qu’il a de faire passer son message. Jasta est limité, tant dans son chant que dans son écriture, mais arrive néanmoins à sauver les apparences en mettant intelligement le simplisme de ses paroles au service des limitations imposées par ses capacités vocales restreintes. Donc voilà, d’un côté –très gros côté même d’ailleurs- on a un mélange plutôt fonctionnel de Down et de Crowbar, et de l’autre, plus petit, on retrouve quelques accès brefs de rage à la Hatebreed, canalisés différemment, ainsi que des textes gentiment simplistes, mais aux refrains taillés pour un maximum d’impact en live. Après n’exagérons pas, si l’originalité est aux abonnés absent, l’efficacité elle, est bel et bien au rendez-vous, avec des titres qui vont droit à l’essentiel. Fondée sur un principe de fonctionnement bilatérale, la section rythmique ne risque effectivement pas de vous donner des maux de tête, puisque soit ca démarre vite pour finir lentement, soit l’inverse. De fait, même si quelques moments s’avèrent passablement marquants, comme par exemple la mélodie introductive bien sombre et menaçante de « Grieve a lifetime » qui assombrit de manière plaisante l’atmosphère, les morceaux se suivent et se ressemblent tant et si bien qu’on a un peu de mal à en retenir un plutôt qu’un autre. Ce qu’on retiendra au final, c’est qu’à défaut de changer notablement l’histoire du metal, ce projet devrait changer en mieux l’état des finances d’un label qui a vu –très justement- en ce duo hautement médiatique une manne providentielle pour remplir ses caisses sans trop se fouler. Si l’argent est ensuite misé sur des groupes moins connus mais plus intéressant, alors longue vie à Kingdom of sorrow…


Tracklist :
01. Hear this prayer for her
02. Grieve a lifetime
03. Piece it all back together
04. Led into demise
05. Demon eyes (demonized)
06. With unspoken words
07. Free the fallen
08. Screaming into the sky
09. Lead the ghost astray
10. Begging for the truth
11. Buring in black
 
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