Mais c’est qu’il en existe un paquet des « Sauron » dans le Black Metal... L’œuvre manichéenne à souhait de Tolkien aura donc eu raison des plus fervents antagonistes du catholicisme. Passons outre les débats idéologiques et autres crétinismes satanico-juvéniles sans fin qui je n’en doute pas vous tiendraient en haleine mais ne justifieraient pas ma paie mensuelle pour se consacrer au nouvel opus d’un des Sauron du genre donc, polonais celui-ci.
Autant l’annoncer de suite, j’aurais préféré une autre nationalité car l’ouverture d’esprit est ici de mise. Non pas que le rendu soit très original car le groupe nous offre un Black Metal peu révolutionnaire, mais au premier abord les riffs employés sont loin d’être conventionnels. Des harmoniques dans tous les sens, des riffs torturés insensés, une voix atmosphérique lointaine : sorte de gargouillements cachés sous une tonne de reverb… Et que dire de la production ? Une boite à rythme guère camouflée dont la seule pensée m’inspire le dégoût quand on connait les possibilités que permettent les technologies actuelles. Le trig omniprésent fait office de fond sonore, privant la basse de sa place inconfortable par nature. Les guitares nous offrent une sorte de bouillabaisse sauce polonaise, mélange de riffs incongrus mais tout aussi imprévisibles.
Dans l’ensemble Sauron évolue dans un Black Metal original, mais franchement pas accessible, puisant dans le Death ces mélodies sans vie pour en ôter la puissance, la lourdeur du Death Metal et les incorporer dans des morceaux linéaires au possible. Le moins que l’on puisse dire est que cette bouillie reste homogène durant l’album, quelques harmoniques se laissant distinguer par-ci par-là. Ce genre structures originales aurait sûrement été plus mis en valeur par une production adéquate prenant ici l’allure de morceaux d’amateur que l’on trouve en quantité sur le net aujourd’hui. Composer des morceaux malsains de par leur singularité à la manière d’un Deathspell Omega prend toute son ampleur lorsque l’on fourni les efforts nécessaires sinon l’on pourrait croire rapidement à du n’importe quoi. Et c’est un peu l’impression que donne Sauron selon moi. Il est inutile d’enchaîner les riffs « techniques » et biscornus sans travailler la cohérence du morceau et sa construction au risque d’obtenir un effet sans vie, loin des intentions des auteurs je pense, même si l’expression peut paraître alléchante à certains nécrophiles marginaux.
En conclusion Sauron aura plus facilité ma sieste à l’heure où le soleil est au zénith que me pousser dans l’émerveillement. Peut être qu’un jour les Black Metalleux comprendront que talent ne rime pas avec production pourrie. On ne peut pas rejouer éternellement le scénario de « Transylvanian Hunger » et il faut savoir tourner la page : ce que Sauron semble avoir la capacité de faire ici en combinant des mélodies et effets assez improbables encore faut-il aller au bout de ses convictions et proposer quelque chose d’abouti…







