Les acteurs de l'ombre

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Archgoat - The Light-Devouring Darkness

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L’archichèvre semble bien décider à rompre avec le silence qui l’avait trop longtemps confiné au statut de groupe ubercvlt, mais surtout uber absent. Après un « Whore of Bethlehem » sans faute, qui a en grande partie relancé l’intérêt de la faune pour le black / death bestial, Archgoat se fend d’une nouvelle offrande, avec toujours comme cahier des charges d’offrir la bande-son rêvée pour animer nos snuff party. Première constatation : c’est court. Une mauvaise langue dirait qu’il s’agit davantage des chutes de l’album précédent que d’un réel nouvel opus, car celui-ci n’excède pas les 29 minutes, intro comprises. Mais allons, la valeur n’attends pas le nombre des morceaux ! Si ce n’était cette cruelle impression de redite. Pour le mur sonore et la crasse satanique évoquée par brutales accélérations et riffs lourdauds assénés à la truelle, le combo suédois sait toujours y faire. Ici et là, une virgule de synthé contribue à renforcer la tessiture miasmatique des guitares, quant à la voix elle se fait plus grinçante, moins bestiale, me faisant parfois penser à Inquisition, pour son côté atonal et totalement dénué d’émotions…

Pour le reste : on a droit à du riffing sans réelle inspiration, tacheronné avec application, mais il y manque ce grain de folie et cette noirceur crasse qu’on avait décelée auparavant sur WoB. Peut être est-ce du à une production trop soignée, à un manque de cadence dans les compositions, qui parviennent à se faire longuettes alors qu’elles excèdent rarement les trois minutes ? La monotonie, parfois essentielle à un bon album de black, cède parfois la place à l’ennui…dommage car il n’en demeure pas moins quelques morceaux de pure dégueulasserie qui font du bien au trou à tarte, mais toujours desservie par un choix de production douteux : une agaçante « ligne claire » qui ne laisse, ni à la guitare et à la voix, le manque d’amplitude et la saturation nécessaire pour laisser libre cours à la folie dévastatrice de Archgoat. Résultat : un beau gâchis. Nom de Dieu, retournez enregistrez dans votre garage bande de bouffeurs de Krisprolls !

 

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