Qui de nos jours n'a pas entendu parler de cet excellent groupe montant qu'est Nocturnal Depression? Leur passage à paris étant programmé pour dans moins d'un mois, un petit entretien s'imposait...
Salut, et merci d'avoir accepté de répondre à ces quelques questions. Pour commencer, question un peu bateau mais nécessaire à nos lecteurs, pourrais-tu retracer brièvement le parcours de Nocturnal Depression depuis sa création?
L.Lokhraed : Nocturnal Depression est une entité qui est apparue dans les années 90. Les compositions sont restées écrites sur papier jusqu'à ce que nous décidâmes d'enregistrer « Suicidal Thoughts » en 2004. Jusqu'à cette date, le Black Dépressif était encore un genre inconcevable et nous n'étions pas suffisamment dans l'état d'esprit pour donner le rendu souhaité. Ensuite chaque année a vu apparaître 2 démos que nous limitions à nos proches avec des pochettes photocopiées, des « tapes » conçues sur de la provocation etc... Un parcours commun et non à la recherche d'une popularité.
On sent beaucoup d'influences dans votre musique, aussi bien dans le black que le doom... Avec quels groupes avez-vous découvert le métal extrême, et quels sont ceux qui vous ont le plus inspiré lorsque vous avez décidé de créer Nocturnal Depression? Et d'ailleurs, comment définirais-tu exactement le style dans lequel vous évoluez?
Les groupes de l'Inner Circle Norvégien bien sûr, Marduk et encore une grande quantité. En matière d'inspiration cela serait plus nettement Katatonia, Betlehem, Burzum, Forgotten Tomb et Nargaroth. Ces influences sont celles qui ont formé le son de ND. L'étiquette du style a toujours été une grande question : Black/doom que je trouve assez proche du mélange, on pourrait parler d'un nom de style qui nous serait assez personnel comme Spleen Black Metal qui sera d'ailleurs le nom d'un prochain album en cours d'écriture.
D'une manière générale, la France n'est pas énormément pourvue en groupes de black métal dépressif. Il existe néanmoins quelques excellents groupes, je pense notamment à Grisatre, ou plus connu, Nehëmah.... Néanmoins, quelle opinion avez-vous de la scène black hexagonale?
La France est un pays qui aux yeux du monde possède une scène Black Metal de qualité. Il est vrai qu'elle est assez pauvre en matière de Black Dépressif mais c'est un genre qui est devenu tellement facile. Tu prends un logiciel pourri pour la boite a rythme, une guitare avec la disto à fond et une grosse saturation sur la voix : un nouveau one man's band de DSBM est né! Je pense que la scène française est comme n'importe quelle autre : du bon et du mauvais.
Revenons un peu à ND. Vous avez sorti en 2008 « Reflections Of A Sad Soul » sous l'égide du label roumain « Sun and Moon Records », qui a rencontré un véritable succès. Penses-tu que cet album marque un tournant de quelle manière que ce soit dans l'histoire du groupe?
Cet album a permis de montrer ND sous un jour différent. L'ambiance y est d'avantage ancrée dans le style Black Metal que les précédents. De plus il s'agit du premier album avec le groupe complet et non plus seulement les 2 personnes d'origine (H.Suizid et moi). L'ambiance générale sur ce disque est poussiéreuse et fantomatique, telle que nous le souhaitions. Ceci s'entend davantage sur la version vinyle. Je ne sais pas si on peut parler de succès, ce n'est pas un facteur qui m'intéresse, tout comme les chroniques...
Nous parlions plus haut de votre label, Sun And Moon Records, qui est un petit label roumain qui n'a à son actif que 5 productions, dont vos deux derniers albums en date. Comment en êtes-vous arrivés à cette collaboration? Etant donné l'avancement de la réputation du groupe, je suppose que vous avez dû recevoir des propositions assez alléchantes...
Sun&Moon Records est depuis 2006 notre label se chargeant de sortir les nouveaux cd. La collaboration est arrivée assez basiquement : ils ont écouté « Four Seasons to a Depression » sur myspace, nous ont contacté et nous en sommes arrivés à travailler ensemble. Ce sont des gars qui exercent dans la scène UG Roumaine depuis longtemps et qui se sont mis en collaboration pour créer ce label. D'ailleurs la diffusion de Nocturnal Depression est leur travail, ainsi tu peux trouver nos cd sur Avantgarde Music, Relapse, No Colours... Nous avons eu quelques propositions il est vrai. Vu que nous sommes pas mal actifs nous essayons au maximum d'honorer chaque demande. Cependant nous préférons travailler avec des petits labels indépendants que devenir un énième nom sur un catalogue d'une grosse firme.
Vous êtes assez actif en ce moment au niveau des concerts, notamment avec la tournée « Spreading The Negation Tour », qui va d'ailleurs prendre une tournure internationale, puisque vous serez au Mexique en février 2010. Vous avez également joué au concert exclusif qu'à donné Nargaroth à Lyon en septembre dernier (excellent concert d'ailleurs, s'il en est!), et vous n'étiez pas en ouverture... On peut donc en conclure que la formation prend du galon! Ca n'effraie pas de temps en temps de grimper comme ça, jusqu'aux tournées internationales, aux têtes d'affiche, … ?
C'est assez surprenant pour un genre aussi particulier. La France n'est pas réputée pour apprécier les concerts de metal extrême avec des tempo lents. Lors du concert à Lyon, la majorité des groupes étaient axés sur la brutalité, ce qui a pu emmené quelques questions sur notre présence. Assez surprenant aussi que l'on se situe entre Nefarium et Nargaroth, alors que le premier est un groupe international qui connait une grande popularité. Disons que l'avantage que ND possède est un que nous ne sommes pas des musiciens capricieux : le concert est identique face à 300 personnes ou 30 dans la salle, des prises d'électricités et voilà.
Lorsqu'on me dit « Nocturnal Depression », je ne peux m'empêcher de penser à l'immense « Anthems to Selfdestruction », ou encore au prenant « Nostalgia »... Y a-t-il un titre que vous considérez plus réussi que les autres, ou qui vous transporte plus?
Chaque cd est un concept différent aussi bien au niveau musical que pour la trame. Pour ma part, à choisir : « Soundtrack for a suicide opus II » est le plus abouti.
Quel est le groupe au côté duquel vous aimeriez jouer le plus?
Assez dure comme question car il y a quelques temps de ça j'aurais répondu Forgotten Tomb et Nargaroth. Enfin maintenant je dirais Katatonia,
Quelle est la question que l'on ne vous pose jamais en interview et que vous brûlez d'envie qu'on vous pose? (N'hésitez pas à y répondre par la même occasion!)
Étant donné mon désintéressement sur les avis, aucune,
Quels sont vos projets pour après cette tournée? Comment voyez-vous l'avenir du groupe en se projetant dans un an?
A partir de Décembre 2009, nous allons commencer l'enregistrement du nouveau cd « The Cult of Negation », cette fois-ci ce sera une ambiance plus Dark/Doom ponctué par bien sur une influence Black Metal. Ensuite « Spreading the Negation Tour » continuera avec des dates en Europe comme les pays Slaves, l'Allemagne, la Grèce... Dans un an, je pense pas un grand changement à part moins de dates et un nouveau disque en préparation.
Très bien, et bien je te laisse conclure cette interview, merci beaucoup pour ces réponses, et rendez-vous le 8 novembre au Klub!
Merci de l'interview, bonne continuation.






