Les acteurs de l'ombre

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Satan Profane, portrait d’une jeunesse enténébrée de Nicolas Walzer

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Satan Profane, portrait d’une jeunesse enténébrée de Nicolas Walzer

Cette analyse sociologique part d’un questionnement : face à la recrudescence des profanations et à leurs médiatisations que représente aujourd’hui Satan pour la jeunesse ?

En introduction Nicolas Walzer constate l’augmentation exponentielle des exorcistes accrédités par l’Eglise et la « curiosité » emprunt de clichés de la MIVILUDE (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) s’intéressant, jusqu’à la désinformation dangereuse, au métal et au gothique autant comme genre musical que mouvement social tout de suite identifiable par le look.

Dans une première partie il convient selon lui de d’abord faire le tri entre les différentes idéologies satanistes. Les mass médias focalisant beaucoup sur L’ Eglise de Satan et son fondateur Anton Lavey. Mais en la prenant comme modèle on passe d’un  paganisme des campagnes à une institutionnalisation.
Le Temple de Set, The Process Church of The Final Judgement, The Temple of Vampire, The First Satanic Church… l’auteur montre les ambiguïtés et les différences de concept que recouvre l’image de Satan et parvient à démêler grâce à son style particulièrement limpide les jeux d’influence, d’intérêts personnels et autre enjeux philosophiques.

A propos de la situation  « En Europe, le satanisme est une religion de classes moyennes voire aisées. Il forme « un ensemble syncrétique de procédés et de principes non nécessairement cohérents, auquel semblent être particulièrement sensibles les classes moyennes, parfois instruites et même intellectuellement raffinées, qui comptent en leurs rangs d’avides lecteurs de JRR Tolkien » (Ferrarotti, 1993). En France comme à Londres, un ésotérisme diffus et bricolé assemble l’ Héroïc fantasy, l’occultisme, le spiritisme et la divination avec la magie noire et le satanisme ».
Il souligne aussi les rares cas de métalleux se revendiquant ouvertement satanistes et la différence sémantique entre les suffixes « iste » et « ique » ainsi que l’adhésion religieuse et/ou culturel. Mais il s’intéresse aussi à la thématique d’appartenance minoritaire à l’extrême droite et son lien supposé à la criminalité.
Enfin Il explique bien les différences entre satanisme et néo-paganisme ainsi que le cas spécifique du luciférisme (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucif%C3%A9risme ).

Dans une seconde partie il analyse les représentations de l’imaginaire satanique, la curiosité des jeunes pour la religion mais aussi les relations conflictuelles à la foi de part une éducation jugée trop stricte ainsi que le côté « ludique » du diable et le détournement des clichés qui lui sont associés. Nicolas Walzer illustre cette partie d’interviews de métalleux et de l’exemple du Père Robert Culat  (L’Age du métal chez Camion Blanc) preuve que l’on peut être prêtre, donc non sataniste et aimer le métal.

En conclusion il souligne l’ambivalence de l’utilisation de la figure de Satan et le paradoxe d’une jeunesse marginalisée idéologiquement mais pas socialement plus intéressée par la symbolique que par la destruction purement matérielle! Grâce à un style fluide et d’enrichissantes notes de bas de pages il parvient à rendre intelligible les différents concepts philosophiques, sociaux, religieux et culturels.

Myspace de l’auteur : http://www.myspace.com/nicolaswalzer

Nicolas Walzer, Editions Desclée de Brouwer, mars 2009.

Par La Libraire psychopathe

Note : Tous les écrits d’Anton Lavey sont disponibles chez l’éditeur Camion Blanc, collection Camion Noir  : http://www.camionnoir.com/?p=moteur&Q=Anton+LaVey&x=0&y=0

 

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