Voici un concept artistique intéressant puisqu’il est composé d’un livre mêlant poésie et dessin, sur le thème des légendes de Brocéliande, et d’un cd pour illustrer musicalement ce thème.
En ce qui concerne le livre, sabine Adelaïde (illustration) et Lafey Cyril Roy (textes) ont plutôt fait un travail inattendu. En tournant la première page on trouve une explosion de couleurs très vives allant du rouge orangé au vert et bleu turquoise. Les mélanges ont été bien pensés puisqu’ il y a une sorte d’harmonisation, où tout nous apparait comme une évidence.
Adelaïde a décidé de travailler davantage sur les formes et les couleurs comme un ensemble. Les illustrations sont plutôt naïves car on n’a pas le travail du détail et du contour. D’ailleurs les limites du trait ne sont pas clairement définis ce qui donne par exemple une robe de Viviane si longue qu’elle se fond dans le décor ne se terminant jamais. Cela plairait beaucoup aux enfants.
Le sujet est certes les mystères de la foret de Brocéliande mais finalement, les contes ne sont pas explicitement contés. Cyril a plutôt choisi d’écrire de petite poésie mettant en scène chaque personnage ou lieu phares de cette légende. Tout le monde y passe, de merlin, au val sans retour, des saisons en passant par la dame du lac. C’est assez sympathique, cela se lis facilement et rapidement. Mais il ne fallait pas attendre après ce livre pour apprendre la véritable histoire de cette foret mystique.
En ce qui concerne le cd c’est là que je suis le plus déçue. Très peu de chansons sorte du lot et son à la hauteur de nos espérances et de nos attentes. En effet, on s’attend plus ou moins à des musiques folks, celtiques avec des rythmes médiévaux. Et bien non. Le concept est tout autre. Globalement, l’album ressemble à un cd de relaxation que l’on pourrait trouver dans des boutiques bio ou herboristerie. Dans La pluparts des morceaux, le chant est quasi exclusivement féminin. Le grain de voix est doux, cristallin, céleste ça donne un coté de légèreté un peu comme les fées. Ca colle avec ce coté un peu fantastique mais ça reste commercial j’ai l’impression. La musique qui accompagne le chant n’a rien de très accrocheur. C’est assez intimiste, les instruments jouent parfois que quelques notes et c’est vraiment le chant qui est omniprésent occupant tout l’espace temps du morceau. Souvent on se retrouve avec un duo voix piano ou voix guitare. La même mélodie se répète inlassablement, mais ce qui est gênant c’est le manque de diversité au niveau des rythmes. C’est assez plat, sans mouvement sans surprise on s’ennuie assez facilement.
Par contre c’est l’occasion de faire connaissance avec des sons nouveaux car certains groupes ont la particularité de jouer avec des instruments traditionnels comme la harpe.
Il est vrai que la harpe à toujours était un instrument chargé de symbolique. On s’imagine, des princesses dans leur château apprenant la harpe pour passer le temps. Les fées qui construisent elle-même les cordes par magie….C’est un instrument gracieux.
Heureusement qu’il y a « Butterfly », la première composition qui nous donne à s’évader. Une flûte enchantée vient jouer des airs irlandais, sur un petit rythme de percussion bien sympathique. Notre esprit part facilement au milieu de prairies verdoyantes guettant le moindre petit « lépreuchonne ».
Le miroir aux fées est la seule chanson en français. Ça fait plaisir d’entendre d’autres langues méconnues mais cela fait également plus écho quand c’est notre langue. Sa voix si virevoltante nous décrit bien ce fameux lac appelé miroir aux fées.
L’album se termine sur une bonne note, puisque nous avons le seul morceau médiéval ce cet opus. Les percussions prodiguent un rythme hypnotisant et électronique. Il se répète encore et encore mais à chaque fois il y a un élément de plus qui s’ajoute. C’est innovant car ce groupe joue une musique moyenâgeuse mais il a recourt à des techniques et sons électroniques.
Donc le bilan est pour moi mitigé. Le livre vaut le coup d’œil, les textes sont légers gracieux mais ne s’inscrivent pas dans la tradition du mythe. Le cd est trop long à mon sens et les morceaux se ressemblent trop. En effet, le cocktail est souvent le même, c'est-à-dire une voix féminine certes très fraiche voir fantastique, des instruments à cordes ou à vent qui se font s discrets, des morceaux lents et un peu plat. Bien sûr il y en a qui sorte du lot, d’autres qui décrivent bien cette ambiance naturelle, reposante et mystérieuse, et d’autres qui n’ont pas grand intérêt. A vous de juger…
Tracklisting :
1. Boann – The January Man (France)
2. Rija – Garden of Love (Autriche)
3. Sora – The Juniper (Canada)
4. Myrdhin – Marzhin en e Gavell (Bretagne)
5. Sarah Shayna – La Ronde de Viviane (France)
6. Ariel Rose – Verticordia (États-Unis)
7. Dandelion Wine – Prelude to Sleep (Australie)
8. Louisa John-Krol – The Seagiant (Australie)
9. Alizabar & Ann’ Sannat – The Butterfly (Moldavie)
10. Reseda Tilsim – She Moves Through the Fair (Russie / France)
11. Mood & Naïss – Oleya (France / Bretagne)
12. Sarah Shayna – Le Silence de la Forêt (France)
13. Jillian Ladage – The Black Woods (États-Unis)
14. Alarc’h – Le Miroir aux Fées (Italie)
15. Faun – Andro (Allemagne)
Label : Prikosnovénie Records
Date de sortie : 23/11/2010
Site de l’illustratrice : Sabine Adelaïde
Site du label : http://www.prikosnovenie.com







