
On apprend des choses et on en découvre à tout âge ! A l’aube de ma quasi trentaine d’années, je n’avais jamais encore entendu le terme « djent metal ». Je l’ai découvert, il y a peu dans un reportage des sympathiques métalleux de 2Guys1TV, qui s’offraient pour l’occasion une journée avec les jeunes trublions de « I The Omniscient » (que j’abrègerai, fainéantise oblige en ITO).
A la fatidique question « quel genre de metal faites vous ? » les parisiens d’ITO n’ont pas voulu se coller d’étiquettes mais ont néanmoins évoqué les milieux djent ou bien également mathcore.
Pour faire simple et éclairer la lanterne des ignorants dont je faisais encore partie jusqu’à la semaine dernière, j’avancerais l’idée toute simple que le djent metal est un hybride, voire un genre d’évolution, une croisée entre le metal progressif, le mathcore, le tout mâtiné d’un soupçon de deathcore. Pas facile d’expliquer cette mouvance tant elle est jeune mais pour citer des noms afin que tout le monde comprenne, on évoquera Meshuggah, Periphery, Vildjharta ou encore le groupe Volumes. Je pense que ça parle à un peu plus de monde !
En tant que metalleux avec un ENORME passif black et death, la majorité de ces noms m’étaient inconnus il y a encore quelques jours (bon ok Meshuggah of course) et je me suis laissé aller à quelques téléchargements et je n’ai pas été déçu en général.
Revenons à nos petits parisiens. Petits ? Oui, mais loin de jouer le vieux beauf condescendant, faisons une rapide présentation.
Etienne(17ans) aux vocaux, Yndi (17ans) et Jim(18ans) aux grattes, Léo(18ans) à la basse et enfin Dylan (18ans) à la batterie. A changer de d’habitude où on s’en fout royal, j’ai aujourd’hui mis les âges de nos comparses afin de souligner la jeunesse du groupe. Bon, ok, des djeunz qui font du metal et qui envoient, on en connait tous, comme Emperor, Bathory ou encore Decapitated dans un autre style. Vous pourrez en citer d’autres je présume, mais cette fois, j’y accorde de l’importance par pur chauvinisme ! C’est français, c’est jeune et ça POUTRE ! Je mets en exergue le fait que ce combo soit à peine majeur, car la première fois où j’ai entendu un titre de ITO, je me suis dit « mais putain c’est pas possible d’avoir un tel niveau et une telle prod à cet âge. C’est un des trucs les plus mâtures exécuté par des jeunes, que je connaisse ! »
Le premier effort d’ITO se nomme 'Lost In Nebula' et je ne saurai y trouver que des qualités. Petit détail sur le bébé :
Tout d’abord point de galette ici, on a affaire à un EP téléchargeable gratuitement ICI, et au vu de la qualité de la chose, l’effort est suffisamment louable pour être souligner.
'Lost In Nebula' s’étend sur 5 titres et une toute petite vingtaine de minutes mais la qualité n’attend pas la quantité et l’on démarre en douceur avec « Enter The Void » (waip comme le film de Noé) qui installe une intro qui m’a de suite fait penser à ISIS de par cette impression aérienne. Cette intro dure une petite minute et la première moitié est réellement planante et sympa avec sa voix en Vocoder(toujours trouvé ça cheap moi) jusqu’à l’entrée tranquille d’un riff aux grattes lesquelles sont soutenues par une basse bien présente mais pas envahissante. Un bon équilibre.
S’ensuit « The Parallel » qui est dans la parfaite continuité d’«Enter The Void » et permet à l’auditeur de se conforter dans son écoute. Les deux premières choses qui frappent chez ITO, ce sont la voix et la maitrise des instruments. Sur ce premier véritable titre, la voix arrive très vite et même si le niveau n’en sera que meilleur avec les années à venir, on ne peut qu’être abasourdi par la voix d’Etienne. Son timbre manque encore un peu de puissance certes mais il a suffisamment la gouache et la niaque pour que l’on prenne son pieds à l’écoute de ce premier titre. Le chant est bourrin mais sans être poussif et la diction est étonnamment claire pour que l’on puisse quasiment tout comprendre. Et Etienne se permet même de moduler sa voix sur les titres à venir, pour notre plus grand plaisir. Avec uniquement une seule année de pratique, ça laisse présager du meilleur pour la suite des événements !
Venons-en aux qualités musicales à proprement parler. Tout est nickel, sans fausse note (haha humour). N’étant pas du tout zicos pour un sous, je suis d’autant plus impressionné par la maitrise technique de TOUS les zicos d’ITO. Les grattes cavalent et sortent des putains de riffs, proposent des breaks vraiment cools tandis que la basse est audible et vraiment agréable à l’écoute. Elle propose vraiment une valeur ajoutée à l’ensemble et ne se contente pas de suivre platement les grattes. Il y a un échange bienvenu entre tous les instruments à cordes et ça fait du bien.
La batterie maintenant. Que dire ? Ca tartine sec derrière les fûts ! Du blast, de la grosse double qui fouette, du mosh, du break, du calme, de la poursuite infernale, il y en a vraiment pour tous les goûts.
Troisième morceau. « A Hostile Entity ». Alors, venez faire votre marché et prenez ce que vous désirez ! A la volée, on trouve, du riff entêtant, du chant hurlé (screamé ?) du bon grunt, du refrain HxC qu’on croirait débarque de la scène New-Yorkaise, un gros break placé à peine à deux minutes du morceau qui en compte huit, (le plus long), un passage plutôt éthéré, un riff qui m’a bizarrement évoqué Fear Factory, un changement de chant vraiment conséquent, qui m’a limite fait croire à deux chanteurs à un certain moment (en fait, il y en a vraiment deux, le second hurleur-grunteur étant Steve Gardner, le chanteur de The Bridal Procession), un solo échappé d’un morceau prog, de la polyrythmie, la liste est encore longue ! Assurément un des « Have-To-Listen » de cet EP. Le morceau de bravoure de ce groupe si jeune. Le morceau s’offre même le privliège de 4bonnes et grosses minutes d’instrumental, avec force variété et talent. Les aficionados d’ «Animal As Leaders » devraient apprécier, les autres (s’ils ont du goût) aussi.
Le temps passe vite et on arrive déjà à l’avant dernier morceau répondant au doux nom de « Transcending Reality » qui marque le retour de la voix en Vocoder dont je ne suis pas fan et qui fait ici la part belle aux samples éthérés et très lounge à mes oreilles. Mais c’est pas déplaisant. Ce côté jazzy est vraiment rafraîchissant et offre une bouffée d’air frais à l’EP (même si celui-ci n’en avait pas besoin). Malgré tout c’est un morceau rapide et compact qui va droit au but, sans fioriture. Il va bastonner en live celui là ! Cachez vos dents et vos côtes !
Et voilà, on arrive déjà au dernier morceau de cet EP si court avec «Contemplation » qui débute tout tranquillement avec une grosse minute de guitare aérienne avec plein de reverb dedans, avant que la batterie n’intervienne et qu’ensemble, ils ne répètent inlassablement la même boucle musicale.
Un effet de flux et reflux pour une fin d’EP relativement calme et bienvenue, qui démontre une fois de plus une maitrise technique admirable et un talent d’écriture adulte et posé. Une fois de plus, le groupe ISIS me revient en tête et il faut reconnaitre que ça ne sera pas la pire comparaison qu’on pourrait faire. Un dernier morceau tout en mid tempo, voire low tempo même (WAIP !) qui permet de reposer ses cervicales après les avoir bien secouées sur les titres précédents.
Afin de conclure brièvement, j’ajouterai (suite à ce que j’ai cru comprendre dans l’émission de 2GUYS1TV), que l’EP avait été produit J-F de Outcast / The Bridal Processions, ce qui est toute de même un sacré beau parrainage quand on connait la qualité du groupe en question. J’aurais juste aimé avoir une batterie qui tabasse un poil plus la gueule, niveau prod j’entends, car je la trouve juste un poil en retrait comparé au reste des instruments.
I THE OMNISCIENT, se présente donc malgré son apparente jeunesse, comme un des groupes les plus matures et sûrs de soi et sans prétention que j’ai pu entendre ces derniers mois. Un énorme coup de cœur à n’en point douter !
Je vous encourage donc tous à soutenir ce combo parisien lors de leurs prochaines dates dans la capitale, ailleurs en France et en Navarre si possible.
Tracklist :
01. Enter The Void
02. The Parallel
03. A Hostile Entity
04. Transcending Reality
05. Contemplation
Line-up :
Etienne : chant
Yndi : guitares
Léo : basse
Jim : guitares
Dylan : batterie
Myspace : http://myspace.com/itheomniscient
Facebook : http://www.facebook.com/itheomniscient







