Mais que se cache-t-il donc derrière ce titre et cette pochette plutôt originale que l’on pourrait croire tout droit sorti d’un dessin animé du début des années quatre-vingt ? Une chose est sûre, le côté psychédélique est de mise. Die Vorboten est une jeune formation de metal industriel formée en 2009. Après avoir sorti deux EP, « Anfang & Ende » en 2010 et « Lust & Laster » en début d’année, le groupe revient cette fois ci avec un véritable album dont la sortie fut prévue pour le 20 Mai 2011 sur Sonic Attack. Cet opus a été produit par Andreas Hilbert (Golem) au Soundforge studio de Berlin.
Les musiciens nous viennent des côtes de la mer Baltique, au nord de l’Allemagne de l’Est. Un lieu où se développe depuis quelques années un renouveau de la scène électronique propulsé par la nouvelle scène berlinoise. Il va de soi que l’influence de Rammstein est inévitable mais le groupe se revendique aussi clairement comme un digne héritier du Krautrock. Un sous-genre de rock progressif issu de la mouvance psychédélique des années 60 et qui n’a connu de succès qu’en Allemagne, on pourrait l’associer à la Zeuhl en France avec la célèbre formation Magma. On retrouve ainsi l’influence de groupe électronique tel que Kraftwerk ou encore le côté industriel de Megaherz. Il en résulte ainsi une base électro très classique de la scène allemande, le côté lourd et métallique en plus. Die Apokaliptischen Reiter et In extremo ne sont pas non plus très loin derrière sur certains morceaux plus calmes. Ce premier album est donc une sorte de mélange de metal industriel, d’électro, de rock gothique et d’un soupçon de progressif.
Leur musique est assez calme dans l’ensemble, car même si soutenue par une rythmique pesante typique du metal, elle n’est au final pas très agressive. Les guitares officient principalement sur la lourdeur. On note bien l’apparition de quelques soli sympathiques mais cela reste relativement anodin sur la durée. Par contre le clavier est loin d’être là simplement en soutien. Il est même plus que l’égale de la guitare dans son utilisation. Les morceaux sont très mélodiques et jonchés de sonorités déformées électroniquement. Des samples purement synthétiques s’entremêlent à la structure sans pour autant retirer la chaleur musicale. On déambule au fil des titres au travers de paysages sonores denses et énigmatiques.
Du côté des textes, ils semblent être tous aussi abstraits et très métaphoriques. Peu de groupes proposant leurs paroles intégralement en allemand arrivent dans nos contrées, ici la mélodie de la voix s’intègre parfaitement aux orchestrations. Le chanteur est certes un peu juste au niveau de son chant clair, mais son growl est parfaitement maîtrisé. L’album propose aussi des refrains entêtant qui viendront se graver profondément dans votre crane comme avec le morceau d’ouverture "Das Volk" ou encore «Der Weg". Un titre tel que « Hauptstadt » amène une lourdeur martiale comme ce que l’on peut retrouver chez Die Apokaliptischen Reiter. Mais on retrouve aussi des titres beaucoup plus progressifs et mélodiques. Les transitions sont plutôt inattendues. L’avant dernier morceau en est une parfaite illustration avec une reprise humoristique de l’« Aria » de Jean Sébastien Bach. L’ensemble constituant un album plutôt homogène bien que surprenant.
Par contre on pourra reprocher l’aspect un peu trop répétitif et une composition qui devient au fil des morceaux un peu trop prévisible. Ces précurseurs ne crient au final pas grand-chose de novateur. Il manque ici un peu d’expérimentation et surtout surement un peu de puissance du côté des guitares.
Die Vorboten nous propose ainsi un album plutôt insolite qui comblera les érudits du genre. L’accès à leur univers demandera par contre pas mal d’écoute pour les autres à moins qu’il ne se décourage avant.
Tracking List:
01. Das Volk
02. Vaterland
03. Extreme
04. Hauptstadt
05. Schmiede, schmiede!
06. Schreit!
07. Der Weg
08. Dein Herz
09. Freigeist
10. Krautsinfonie Op. 1
11. Hass
Label : Sonic Attack
Sortie : 20 mai 2011






