Les acteurs de l'ombre

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Grimoire - À la lumière des cendres

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De nos jours, des fois, il y a des crus récents qui nous réservent des surprises, et c’est bien le cas là avec cette formation québécoise « Grimoire ». Voici un groupe qui surprend, en nous proposant cet album « A la lumière des cendres », et j’en dirais que c’est pratiquement un chef-d'œuvre qui pourrait marquer l’histoire si ce n’était pas de l’époque où nous vivons. Où beaucoup d’œuvres ne se font que peu remarquer, voir même parfois, passent inaperçues, du fait qu’il y a trop de tout et de n’importe quoi.

Quelques mots sur l’album en tant que tel: d'abord, cet album se démarque d’office, car à moins de le savoir, il est loin de suivre la tendance '' socio-compo musicale '' inconsciente de l’endroit dont il est issu. Au premier abord, je n’aurais jamais pensé que ce produit était nord-américain. Cette œuvre, sans du tout copié, quoi que ce soit, et tout en ayant son identité bien personnelle, m’évoque, sans faire de comparaison, la scène autrichienne des années 90. Cela peut rappeler des groupes tels que Sumonning, Abigor, Die Verbannten Kinder Evas, Pazuzu, ou encore même de loin Dornenreich. Bref un peu de tous ces groupes qui s’illustraient à cette époque, et ce sans que Grimoire en soit un remake, juste pour dire que la façon d’aborder ou de penser la musique rappelle cette mouvance.
Tout d’abord pour présenter un peu ce projet qui garde tout de même un voile de mystère sur les détails l’entourant, voici quelques explications :
Grimoire est à la source, l’inspiration personnelle d’un seul individu : Fiel, que l’on a pu remarquer en tant que batteur dans certaines autres formations du même pays telles que : Forteresse et Csejthe. Ce compositeur, sur qui, je tiens à mettre l’accent, avec cet opus là (et le terme pour une fois est particulièrement bien employé), nous fait découvrir ici, tout son art et son talent dans son approche personnelle de la musique. On remarquera sa polyvalence sur divers instruments, puis avec quelle habileté et savoir-faire tant dans le côté technique, composition, que dans le côté organisation de sa musique, il joue, manie et maîtrise. Cela est encore plus remarquable lorsqu’en discutant avec lui, on apprend qu’il est autodidacte sur tous les instruments à l'exception de la batterie qui est son instrument principal.
Pour revenir au descriptif général du groupe, on a affaire à un projet quasiment solo puisque le seul rôle qu’il ne tient pas dans ce projet-là est celui du chant, tenu par Morne, qui collabore ici en tant que chanteur session, mais que l’on a pu remarquer pour son travail dans le projet Csjethe. Morne amène ici, de par sa voix et son style le petit condiment qui fait "le truc en plus" pour compléter l’œuvre de Fiel.
"À la lumière des cendres" est une œuvre qui a son petit côté magique, hypnotisant et envoûtant. Dans sa structure générale, on remarquera sa rythmique évolutive que je qualifieraisn de voyage émotionnel où s’entretissent des ressentiments tels que la joie, la mélancolie, la colère, pour en citer quelques uns tant il est riche dans cette matière. Des six élégies qui le composent, on découvrira quelques mélopées instrumentales le jalonnant. Je retiens notamment dans cette série là " l’ombre du vieux chêne" qui se révèle être une pièce au piano superbement composée et exécutée. "A la lumière de Cendres" est un de ces opus, qui ne devraient pas s’écouter en brime, si on veut en apprécier toute la quintessence et l’intensité. Cela se remarque de suite à la façon dont il est monté : non seulement il raconte une histoire, mais c’est également une part de l’esprit de son créateur et ce, pas juste en paroles, mais aussi en musique. Pour bien en saisir tous ses sens, je conseille de l’écouter du début jusqu'à la fin sans interruption, pour s’en imprégner à fond et en apprécier toute la dimension, ainsi que les émotions. Pour la composition et la technique je dirais la même chose, on ne peut pas parler juste de telle ou telle pièce, pour s’en faire une véritable idée il faut considérer l’ensemble, car chaque riff, note, chaque instrument, chaque rythme, a une position et un rôle bien précis dans l’ensemble de l’œuvre. Ça se passe de commentaires verbaux supplémentaires, il ne me servirait à rien de parler et décomposer chaque élément. Je mentionnerais peut-être que la production, et le mixage en sont également à la pointure du niveau de la qualité décrite de l’œuvre.

Je conclurai donc ma chronique en disant simplement, que si vous êtes amateur, ou non, d’ambiant, atmosphérique, dark , métal extrême , black , ou appelez ça comme vous voulez… Écoutez le, et vous comprendrez par vous-même que ce que j’ai tenté de décrire avec des mots est quelque chose qui ne peut mieux se découvrir, qu’en l’essayant simplement. C’est une expérience personnelle que l’on ne peut comprendre qu’en la vivant, en l’écoutant, ou en se procurant le cd.

 

Ma note : 8.5/10


Tracklisting :
1. Berisiel I 06:02  
2. Berisiel II 04:42  
3. À l'ombre du vieux chêne 03:26  
4. Les flammes de l'ignorance 07:43  
5. Ostara 08:02  
6. Les cieux de l'insignifiance 08:06

Site : http://grimoire.zzl.org/
Myspace :
http://www.myspace.com/grimoireqc
Label distro et marchandise : http://www.morbidwinter.com/

 

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