Les acteurs de l'ombre

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Guano Apes, entretien avec Sandra Nasic

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Huit ans d’absence mais un retour fracassant en Europe, Guano Apes a gagné des talons, de la douceur, de la maturité et de la féminité. Si la nouvelle direction musicale du groupe a de quoi faire grinçer des dents plus d’un rock critic, les fans accueillent ce nouvel opus avec beaucoup plus de tolérance et d’ouverture d’esprit. Sandra Nasic, leadeuse à baggy, débardeur informe et maquillage cheap au début des années 90’s, s’est transformé en  front-WOMAN moderne, glam et sexy. De passage à Paris, la belle s’est confrontée à la femme qu’elle est aujourd’hui et à la carrière de Guano Apes.


- Vous êtes en pleine tournée promotionnelle pour “Bel Air” votre quatrième album après huit ans d’absence, est-ce pénible de devoir justifier à chaque média votre come-back?

Sandra Nasic: Non, absolument pas! Nous sommes généralement très bien accueillis. Nous avons eu beaucoup de temps pour penser à notre séparation et à notre retour en tant que groupe. Nous n’avons aucun complexe à justifier nos choix d’aujourd’hui et d’hier.


- Que dites- vous à dire à ceux qui voient dans “Bel Air” un changement de direction musicale trop radicale pour ne pas dire commerciale?

Sandra Nasic: Pour les critiques, Fuck Off! (rires). On ne peut pas satisfaire tout le monde. Je fais Ma musique, c’est-à-dire la musique que j’aime, que l’on aime. Par contre je comprends que ça a pu être une grosse surprise pour les fans de la première heure. Il y a eu huit ans de rupture et aucun album entre les deux. Mais je ne pense pas que le choc fût aussi rude. Nous sommes numéro 1 en Allemagne, le public aime et comprend cette nouvelle orientation qui n’est qu’une simple évolution de Guano Apes. C’est naturel de changer et il n’y a rien à justifier. C’était un risque mais n’est-ce pas ennuyant pour un groupe de faire tout le temps la même musique?

- Que s’est-il passé pendant ces huit ans?

Sandra Nasic: Nous avons parcouru notre chemin musical chacun de notre côté. Nous nous sommes revus en 2009 pour faire quelques concerts et voir ce que cette réunion allait donner. Nous avons écrit quelques chansons et  l’alchimie est revenu. Tout était frais, nouveau et spontané. Nous sommes revenus en studio, c’était magique! Beaucoup de choses ont changés pendant notre absence surtout au niveau de la production. Tout le monde s’aidait et poussait l’autre à se dépasser.

- Avec « Bel Air » plus pop rock et électro, comment faites-vous pour équilibrer les sets avec les albums plus grunge/métal ?

Sandra Nasic : Parfois j’ai l’impression de faire une sorte de « retour vers le futur » quand nous jouons les chansons comme « Open your Eyes »  (ndlr. « Proud like a God »,1997) et « Sunday Lover » du nouvel album, mais ce n’est que dans ma tête. Au final, nous avons toujours gardé le même fil rouge musical sur tous nos albums, l’esprit de Guano Apes n’a pas changé.


- Comme pour ta voix car sur des titres comme « She’s a killer » ou « Fire » on retrouve cette voix agressive des premiers albums mais sur « Oh What a Night » ou « This Time », ta voix est plus lyrique et plus claire…

Sandra Nasic : Oui mais encore une fois, je n’ai pas dû forcer ou travailler  ma voix. Tout est venu naturellement.

- Es-tu moins en colère ?

Sandra Nasic : Oui et j’ai quand même avancé depuis ! Au départ, c’était pour moi en tant que femme de montrer que moi aussi j’en avais des grosses !

- Tu as dû subir le sexisme dans ta carrière ?

Sandra Nasic : Non, je n’ai jamais reçu aucune pression extérieure. Dans les années 1990, tout le monde pensait que je pouvais botter le cul à n’importe quel mec, mais je restais tout de même une fille. Je crois qu’à cette période, beaucoup de femmes ont ouvert la voie à d’autres pour s’affirmer sur la scène rock, s’imposer c’était déjà fait !

- Pourquoi avoir choisi « Bel Air » un quartier de Los Angeles comme titre ?

Sandra Nasic : (Rires). Rien à voir. Pour moi « Bel Air » est une expression qui m’évoque la beauté et la légèreté : un lieu où tous les rêves peuvent devenir réalité.

- Quels sont vos plans pour 2012 ? Des dates en France ?

Sandra Nasic : Nous allons revenir en France pour deux dates avec Scoprions en mars. C’est une grande chance pour nous.

- Est-ce que ce nouvel album vous apporte de nouveaux fans ?

Sandra Nasic : Absolument ! Il est aussi flatteur de voir qu’aujourd’hui, c’est plusieurs générations de fans qui se rassemblent à nos concerts.

- Quelle est cette histoire à propos du clip de « Sunday Lover » et Adam Sandler qui se cacherait derrière le costume du lapin ?

Sandra Nasic : (Rires) Je n’en sais rien du tout ! Il faut demander aux autres, ils m’ont raconté aussi cette histoire. Moi, je crois qu’ils me font marcher et que tout ça n’est qu’une grande farce ! Je n’étais pas là quand ils ont tourné le clip avec le lapin, nous avons faits des séquences séparés. Mais je ne crois pas qu’Adam Sandler est trouvé le temps de venir faire le clown dans un costume de lapin.

- Il reste pourtant une question : Pourquoi un lapin ?

Sandra Nasic : Je crois que c’est la meilleure métaphore pour décrire un « Sunday lover » (un amoureux du dimanche). (Rires).

 
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