Et voilà, encore une découverte du label Echozone… il y a des lois de séries plutôt sympatiques. Celui-ci, et un autre dont je fera une chronique aussi, juste après . Chacun des deux albums étant composé de deux cds. Ce n’est pas si souvent que nous voyons cela. Alors, je découvre Ikon seulement maintenant, et donc ce n’est pas un projet tout récent… et les deux albums que je me trouve à présenter sont des réeditions, accompagnés pour certains titres de re-mastering.
Mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais… et c’est avec plaisir que je me plonge dans ce projet Australien. Pour les présenter, il s’agit d’un projet fondé en 1991 à Melbourne, né sur les cendres d’un autre groupe gothique : «Death in the Dark ». Avec Ikon, ils jouent dans le registre goth, post-punk… et on sent assez nettement leur influences : Joy Division, New Order… et même Death in June. Que des grandes références donc, et si par moments on peut leur reprocher d’être « trop dedans », on ne peut nier que leur musique présente de nombreux intérêts… Immersion.
Le premier des deux cds s’ouvre sur un titre où on sent très nettement les influences précitées, tant la voix du chanteur rappellera par certains côté un certain Ian Curtis. « Persuasion » est donc très coldwave, et le titre suivant « Somewhere Else » est aussi bourré de belles ambiances, à mi-chemin entre la balade rock et le goth. Certains titres comme « Stranger I’ve Become » me rappelleront des passages de Cure, tant au niveau des basses que des guitares… Mais alors, cet album ne serait-il qu’un amalgame de « déjà entendu », me direz-vous ? Heureusement non… Le groupe, s’inscrivant dans la prestigieuse lignée de ces grands groupes de post_punk, a tout de même pu développer son univers personnel. Certes, cette voix qui joue vraiment sur une ressemblance avec celle de Curtis, ces inflexions dans le chant… tout cela me déroute un peu, mais il n’empêche qu’ils se sont bien gardés de l’écart du plagiat. Ouf. J’ai particulièrement aimé « Camouflage heart », et son introduction toute en légèreté, et le thème développé dans la chanson, l’amour et ses souffrances, sonne comme un (discret ?) hommage à un certain « Love will Tear Us Apart ». Bon, en tant que fan inconditionnelle de Joy Division, je me garderai bien de comparer les deux. Mais cette mélopée lancinante, ces rythmes froids et ces violons n’ont pas à rougir de rappeler éventuellement cette chanson. Il est intéressant, d’ailleurs, de lire les paroles des morceaux dans le livret. On constate une récurrence des thèmes goths qui ont longuement nourri les inspirations ces groupes, ces années. Noirceur des sentiments, amour-souffrance, questionnements… Univers sombre en demi-teinte ou la froideur des basses semble refléter celle d’un hiver sans fin. Voyons à présent le deuxième cd…
On reste dans la même veine, basse froide, chant sombre et lancinant… c’est peut-être le chant, du reste, qui me laisse un peu perplexe… cette façon de vouloir chanter ‘’comme Ian’’, tout le temps. Peut-être aurais-je aimé entendre un autre type de chant, pour être sûre qu’il ne cherche pas, constamment, à imiter… En tous les cas, je trouve de très bons morceaux encore dans cette seconde partie. Dans « Sleepless Pt 1 », j’ai aimé les ambiances froides et légères, la batterie très colwave. « Answer to Nothing », avec sa batterie + présente, a un côté un peu plus trouble que les autres titres, plus abrasif, avec une ambiance en synthé en fond qui achève de poser cette atmosphère. Un des titres les plus réussis, à mon sens. « The Gathering », titre plus dépouillé, sans batterie, purement instrumental, offre avec sa froideur et sa légèrement une coupure intéressante. On change vraiment d’ambiance, de procédé. Après, on repart dans des morceaux plus rock, avec des titres où le chanteur semble moins vouloir imiter Ian Curtis, comme dans « Touch the Eyes of Blindness », qui sonne beaucoup + rock que post-punk. L’intro de « Decline to the Anti-Christ », avec les accords de guitare sèche et le chant presque incantatoire, sonnerait plutôt comme un hommage à la néofolk. Voilà quelque chose qui me ravit particulièrement aussi… Précisons que le groupe a également Death in June dans ses influences. L’album se clôt sur des remix et nouvelles versions des morceaux, je n’y accroche pas forcément (trop ‘’lisse’’, trop electro…) je m’en tiendrai donc là pour la présentation de cet album double «Flowers for the Gathering ».
En somme voilà, je suis assez heureuse d’avoir découvert, même tardivement, ce projet australien. Et même si cette quasi-constante façon de chanter comme Ian Curtis m’a parut excessive, à la fin, il n’en demeure pas moins que c’est un bon projet avec son propre univers. M’étant donc fait une idée (et espérant vous en avoir donné une) avec ce premier album, je vous donne rendez-vous au prochain article sur Ikon pour que l’on étudie ça de + près encore…
Tracklist :
CD1
01. Persuasion
02. Somewhere Else
03. Life Without End
04. Stranger I've Become
05. Into Your Madness
06. Camouflage Heart
07. In Trust I Return
08. Beyond Grey Skies
09. Call Of Despair
10. On the Trail of Tears
11. For Eternity
CD2
01. Sleepless Pt 1
02. The Empty World
03. Answers To Nothing
04. The Gathering (previously unreleased)
05. Touch the Eyes of Blindness
06. Decline of the Anti-Christ
07. Everlasting Betrayal
08. Still Remains II
09. Somewhere Else (in passing)10. Sleepless (The Grey Mix)
11. Life Without End (remix)
Line-up :
Chris McCarter
Dino Molinaro
Clifford Ennis
David Burns
Website : http://www.ikondomain.com







