Lord of Mushrooms est un groupe de rock prog alternative actif depuis 1999. Après des débuts faite de reprises des plus grands groupes du genre et deux albums qui ont su les imposer sur le paysage français, les revoilà aujourd’hui avec un troisième album « Perspectives » plus naturellement déjanté et une nouvelle line up. Avec deux italiens et un brésilien Gustavo Monsato déjà connu pour avoir fait ses armes chez Revolution Renaissance et Takara, le groupe originairement niçois devient un melting pot rock fleurissant et intéressant. Rencontre avec Laurent James au Hard Rock Café.
- L’artwork est étrangement à la fois simple et complexe comme l’esprit de votre troisième album “Perspectives”. Qui a réalisé ce gentil petit poisson?
Laurent: Kevin Smith qui a aussi réalisé les pochettes d’albums pour Opeth, Devin Townshend, Nevermore....c’est un gars qui bosse bien et super sympa. Je lui avais demandé quelque chose non connoté rock ou métal sans trop s’en éloigner et je trouve qu’il a bien réussi son œuvre!
- C’est tout de même étrange, ce dessin qui s’étire quelque part...
Laurent: En réalité, tu as eu l’album promo et sur l’album en circulation, il s’agit d’un grand poster qui se déplie. On voulait être différent pour se démarquer.
- Vous démarquez, c’est un peu le port étendard du groupe avec déjà un nom qui joue sur l’auto dérision, Lord of Mushrooms:
Laurent: Non nous ne sommes pas des mangeurs de champis!
- Cependant, vous êtes très critiques par rapport aux étiquettes musicales, et il est vrai qu’à l’écoute de “Perspectives” on ne peut de toute manière classer votre orientation musicale sur cet album?
Laurent: Nous avons tous des affinités musicales vraiment différentes. Lucas et moi venons de la musique classique, nous n’étions pas des fans de rock à la base. Nos parents c’étaient plus Schubert, Tchekhov...et à l’adolescence, nous ne voulions pas faire ce que faisaient nos parents bien sûr, nous voulions faire du bruit! Du coup, nous nous sommes retrouvés à faire du rock. Au fur et à mesure nous avons évolués et nous avons réussis à nous caler dans le rock progressif.
- En parlant d’orientation musicale, la formation de Lord Of Mushrooms aujourd’hui n’est plus la même, certains se sont “échappés” vers la chanson française, on sent une certaine amertume dans quelques interviews de votre part....
Laurent: Non, c’est pas plus mal à la fin parce que je rencontre d’autres musiciens qui ont envie de faire du rock progressif. C’est normal d’être en accord avec tout le groupe, c’est plus naturel.
- Avec deux italiens dans le groupe et le nouveau chanteur Gus qui est brésilien, la majorité du travail se fait par Internet. Mais n’est pas parfois une source de malentendus? Pourquoi prendre des musiciens étrangers?
Laurent: Non, Nous parlons tous italiens à part Gus avec qui nous discutons en anglais. L’italien est ma langue maternelle, c’est aussi pour cette raison que je suis allée en Italie trouver des musiciens car aux alentours de Nice je ne trouvais plus rien (Rires). Pour moi, l’Italie est le pays ou l’esprit du rock progressif est le plus présent. Les débuts du genre se sont faits là bas avec des groupes comme Premieta Forneria Marconi (PFM) et Banco del Mutuo Soccorso par exemple.
- Gus a été choisi après des auditions, vous étiez à la “recherche de la Nouvelle Star” pour le groupe?
Laurent: (Rires) En quelque sorte ! Au début, on a un peu galéré. Nous avions un chanteur originaire de Nice avec qui nous avons tourné pendant deux ans. Tout allait bien vocalement et musicalement entre nous seulement il n’avait pas vraiment le déclic rock. C’était plus un chanteur de pop, c’est dommage parce qu’on s’entendait bien.
- Donc vous avez du vous rendre au Brésil pour trouver un chanteur ?
Laurent : Gus est en France six mois par an, il réside à Montpellier. Maintenant il est au Brésil mais il va revenir !
- Comment avez-vous sélectionnez les « candidats » puis Gus ?
Laurent : Il y a des gars qui nous ont envoyés des démos suivant une maquette que nous leur avons donnés du deuxième album. Il y en a qui ont fait vraiment des supers trucs et d’autres « no comment » comme on dit ! (Rires). Au final, Gus est venu directement chez moi à Nice et nous avons accrochés.
- Tu disais dans une interview que les groupes sont souvent confrontés à « une consanguinité musicale » entre musiciens. C'est-à-dire ?
Laurent : C'est-à-dire qu’à force de travailler avec les mêmes gens qui viennent du même coin, tu finis par tourner en rond parce que nous venons du même milieu, nous avons les mêmes influences. Tandis que là deux italiens et un brésilien ça donne quand même pas mal de diversités !
- Sur l’album « Perspectives » vous avez décidé de minimiser les sons synthétiques avec le clavier pourquoi ?
Laurent : On en avait un peu marre d’entendre les mêmes sons de claviers sur les albums de prog. C’est toujours un peu redondant. J’aime bien trouver les sons naturels d’un instrument. Sur « Perspectives », il y a bien sûr du synthé mais il y aussi un violoniste est venu enregistrer ainsi que du dabourka (qui est un instrument de musique turque). Lucas est clarinettiste classique donc nous en avons insérés qui est parfois mélangés avec du synthé mais ça donne vraiment un son différent très étonnant auquel je ne donne pas de nom ! (Rires).
- L’écoute de « Perspectives » c’est comme plein de petites bulles musicales qui rentrent en collision et éclatent, non ?
Laurent : C’est intéressant ! C’est peut être aussi le morceau caché entre la quatre et la cinq. En réalité, il y avait deux morceaux cachés mais le premier n’est pas sorti, il devait être juste avant celui qui est dans l’album. Enfin, il y a un geek sur un million qui risque de le trouver en cherchant bien mais il faut qu’il revienne en arrière avant le premier morceau mais ce n’est pas passer à l’imprimeur. Il y a une plage d’une minute trente manquante mais ce n’était que des sons d’ambiances donc ce n’est pas très grave. Il en reste toujours un avec aussi des sons d’ambiances qui donne une sensation un peu malsaine.
- Pourquoi « Perspectives » ?
Laurent : C’est un concept-album tiré d’un extrait d’une nouvelle récente de Terry Pratchett. Il parle de la vie d’un insecte qui dure 15 jours et nous avons totalement détournés la nouvelle pour parler d’un être humain. Le personnage retrouve tout les passages de la vie et dont on découvre le «secret » à la fin. Le nom « Perspectives » est là pour montrer qu’il y a toujours plusieurs manières d’interpréter les choses comme sur l’album où au final le personnage se fait happer par le poisson et dont le secret est révéler. Regardez bien la pochette ! Il y a des indices !







