
- Tout d'abord bonjour et merci de répondre à mes quelques questions. Pouvez-vous revenir brièvement sur les débuts du groupe ?
Hesgaroth: Le groupe a été fondé en 2006 par Denosdrakkh et moi-même suite au split de Dark Requiem (Black Metal). Sur la fin du projet nous étions les plus investis et c’est donc naturellement que nous avons continué ensemble en formant Lutece. Au départ cela ne devait être qu’un projet studio, sorte de laboratoire où l’on faisait ce qui nous plaisait, puis au fur et à mesure le projet est devenu plus sérieux et nous avons commencé à diffuser nos compos sur Myspace ; c’est ainsi que le groupe à commencé à se faire connaitre.
- Quelle est l'origine du nom du groupe? A-t-il une signification particulière ?
H : Comme nous sommes originaires de la région parisienne et que les thématiques principales ont trait au passé gaulois et à la guerre, le nom de Lutece faisait sens et s’est imposé de lui-même.
- Pouvez-vous décrire votre musique avec vos propres mots ?
H: Il y a de nombreuses influences dans Lutece, et la sonorité du groupe a beaucoup évolué depuis 2007. Cependant il y a des constantes, notamment pour toutes les parties mélodiques, et cela malgré l’introduction d’éléments plus typés Death ou Doom. Lutece c’est agressif et conquérant ; si je devais définir le style je dirais que c’est du Black Metal Epique.
- Quelles sont vos sources d'inspirations, ces groupes qui vous ont motivé à la création de Lutece ?
H: La liste pourrait être longue… Ca va de Naglfar à Graveland en passant par Belphegor ou encore Carlos Nunez… Plus concrètement des groupes comme Sacramentum, Mork Gryning, Dissection ou Immortal sont de vraies sources d’inspiration pour Lutece.
- Comment se passe le travail de composition au sein du groupe ?
H: Denosdrakkh est plutôt du genre super productif et a toujours une idée de riff, il compose donc souvent l’ensemble de la musique seul. Il faut préciser que jusqu’à l’année dernière, je vivais à l’étranger et je ne revenais que deux fois par an en France, Denosdrakkh a aussi vécu quelque temps en Irlande, donc il a fallu s’organiser. A chaque fois que nous en avons l’occasion il me fait écouter ce qu’il a enregistré, parfois une chanson entière d’autres fois juste un thème, puis nous décidons ensemble des morceaux que nous allons garder et des modifications à faire. Une fois que la partie instrumentale est terminée, j’écris le texte et nous enregistrons les voix.
- Pouvez-vous nous dire de quels sujets traitent vos textes ?
H: Les thèmes récurrents sont la guerre, l’oppression et l’insoumission. Il peut y avoir certaines variantes comme dans notre EP « Awaking Ancient Gods » où nous faisions plutôt la part belle à la mythologie et au panthéon gaulois. Nous faisons souvent référence au passé mais toutes les chansons ne s’inscrivent pas forcément dans un contexte historique. Un texte peut naitre d’un simple sentiment de dégoût ou d’exaspération vis-à-vis de la société dans laquelle nous vivons, qui est complètement inculte, superficielle et constituée pour une grande partie de suiveurs.
- Qui se charge de l'écriture des lyrics ?
H: C’est moi qui m’occupe de l’écriture des textes, parfois Denosdrakkh y apporte des modifications pour en améliorer le rythme ou pour modifier la ligne de chant.
- Quels retours avez-vous reçu de la part des différents acteurs de la scène Black Metal Underground à la suite de votre CD intitulé "...And Ancestors Still Remain" et le suivant en 2008 nommé "Awaking Ancient Gods" ?
H: A vrai dire on a eu toutes sortes de retours pour le premier opus, il faut bien admettre que la qualité d’enregistrement laissait vraiment à désirer ! Les fans de Raw Black Metal ont bien aimé et on a eu pas mal de retours sur internet car on était à la période faste de myspace. Il y a eu de bonnes critiques et quelques chroniques enthousiastes, mais aussi des grosses gifles. Très franchement le premier disque a été présenté comme un album à part entière alors qu’il s’agissait plutôt pour nous d’une démo. Notre EP de 2008 a été moins commenté du fait qu’il soit sorti en auto-prod, sans l’appui de notre label, et distribué en très petite quantité en Irlande uniquement. Nous l’avons récemment mis en téléchargement libre pour le diffuser plus largement. Les premiers échos sont positifs, affaire à suivre.
- Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces deux enregistrements, où furent-ils enregistrés ?
H: Chez Lutece c’est de l’artisanat : tout vient de notre forge ! Enregistrement, mixage et mastering sont effectués en home studio. Par contre ce n’est pas le cas de notre prochain album, l’enregistrement a été fait en home studio et nous avons confié le mixage et le mastering à un professionnel.
- Vous êtes signés sur un label du nom Triple Silence Records. Comment êtes-vous entrés en contact avec cette structure ?
H : Triple Silence nous a contacté par mail sur notre page myspace pour nous proposer de signer un disque alors que nous n’avions pas encore composé toutes les chansons. Le contrat était de 5 ans et il est maintenant terminé, nous sommes donc à la recherche d’un nouveau label.
- Pouvez-vous dire trois qualificatifs qui symboliseraient le mieux la personnalité de Lutece ?
H : Intransigeant, guerrier, déterminé
- Comment voyez-vous l'avenir proche et/ou lointain du groupe?
H : Notre priorité est de trouver un label pour sortir notre nouvel album « … Our Ashes Blown Away » qui a été mixé et masterisé par Lasse Lammert (Svartsot, Alestorm), nous espérons qu’il sera disponible pour l’été 2012. En parallèle nous comptons faire le plus de scène possible pour mieux faire connaitre Lutece. Sachant que Denosdrakkh compose en continu, nous avons déjà quelques nouveaux titres à proposer.
- Avez-vous eu l'occasion de donner des concerts ? Si oui, quels souvenirs et expériences tirez-vous par exemple de ces dates de concerts ?
H : Tous les membres ont déjà une solide expérience de scène, Denosdrakhh a notamment joué au sein de Geasa en Irlande. En revanche Lutece n’a qu’un concert à son actif, celui à la Machine du Moulin Rouge il y a quelques semaines. Une salle excitante pour une première date !
- Vous évoluez tel un duo auquel s'ajoutent trois membres live. Est-ce une volonté toute particulière de votre part de concevoir votre groupe de cette façon ?
H : Denosdrakhh et moi nous connaissons depuis plus de 10 ans et Lutece est avant tout le reflet de notre vision commune du metal extrême. En plus il faut bien admettre qu’il est toujours plus facile de faire avancer un projet à 2 plutôt qu’à 4 ou plus surtout lorsqu’on est amené, comme nous l’avons été, à vivre dans des pays différents. Je pense que Lutece n’aurait pas survécu s’il en avait été autrement. Si nous sommes les fondateurs du projet, les 3 recrues Hod Imensül, Ask et Kraftum en font désormais pleinement partie et contribuent à créer notre identité de groupe, notre identité scénique. Bref, ce ne sont pas des mercenaires mais des membres à part entière.
- Vous allez partager l'affiche le dimanche 29 avril 2012 en compagnie de Marthyr, Seide, Way To End et Lugnasad à Paris au Klub. Comment appréhendez-vous cette date à venir?
H : On a hâte bordel ! C’est une date qu’on attend depuis longtemps. On sait que le public du Klub bouge bien et en plus on partage la scène avec des groupes qui tabassent. Que demander de plus ?
- Que pensez-vous de la scène Black Metal Française actuelle ?
H : L’underground est super productif et on trouve pas mal de pépites, je pense qu’on a rien à envier aux autres pays. Par contre il est vrai que l’on manque de groupes de renommée internationale susceptibles de faire rayonner l’ensemble de la scène Black Metal française.
- Pouvez-vous nous citer des groupes que vous jugez dignes d'intérêt ?
H : Français ? Maleficentia, Cruxifiction, Valland, Aorlach… Sinon pour l’international en ce moment j’écoute pas mal de Tsjuder, de Zarathustra et du God Dethroned.
- Mieux encore avez-vous eu récemment un coup de cœur musical ?
H : J’ai vraiment accroché sur Diamond Eyed Princess que j’ai découvert récemment.
- Pour finir, je vous remercie d'avoir consacré du temps aux Acteurs De L'Ombre et à moi-même. Je vous laisse l'honneur du mot de la fin.
Merci à toi ! Et merci à toutes les assos qui se bougent et qui permettent de faire vivre la scène.






