Les acteurs de l'ombre

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13/05/2012 - Les coulisses du Doom Over Paris V

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DOP5Un acteur de l'ombre, ca ose tout, et c'est à ça qu'on le reconnait. Alors du coup l'acteur de l'ombre n'hésite pas à écrire lui-même le livre report du concert qu'il organise. L'avantage, c'est que toi, lecteur, tu auras un autre point de vue que celui du sempiternel chroniqueur de webzine. Bref, comment ca se passe un petit festival tel que le Doom Over Paris ?

13h30. On arrive au Klub, une partie des Northwinds fait le pied de grue devant la salle, encore fermée. Je dois être mal réveillé, un groupe de doom est en avance sur l'horaire.

13h32. L'ingé son arrive avec 2 minutes de retard. (On n'oubliera pas de le dénoncer à son patron pour ce comportement inacceptable.) On descend les packs de bière, le catering et le backline (=la bouffe et le matos, mais ça fait toujours plus pro de le dire en anglais). Il y aura un groupe du Nord, alors on a prévu un peu plus de bières.

On aide Robin (l'ingé son) à monter la scène (oui, littéralement, avec nos petites mains) et on commence l'aménagement de la salle.

14h. Le batteur de Funeralium arrive avec le drumkit (c'est comme une batterie, mais en mieux), on peut commencer à installer la scène pour les balances. Pendant ce temps, d'autres acteurs de l'ombre préparent les stands de merchandising et affichent dans toute la salle le running order et les annonces de nos prochains concerts. On donne un pass à chaque musicien, et les papiers administratifs sont remplis au fur et à mesure.

14h45. Cauchemar et Children of Doom, qui jouaient à Lille la veille, arrivent enfin. Ils partent directement sur scène pour faire leur sound-check (parce que "balances", c'est moins classe que "sound check"). Les 2 groupes ont une config minimaliste et le même matos : les balances seront courtes et efficaces.

15h45. Le reste des Northwinds est arrivé. Le groupe a une config plus compliquée à sonoriser, mais on finit par s'en sortir. La flûte est un peu noyée dans le mix, mais le volume dudit flutiau est à fond sur la console, on ne pourra pas faire mieux. Pendant ce temps, nos dévoués bénévoles préparent la salade et servent des bières aux assoiffés.

16h30. Le timing des balances est respecté à la minute, tout se passe comme prévu. Je me dis que ca présage une grosse cata pour la soirée (mais en fait : non - je tue le suspense de suite). Funeralium fait ses balances. Gros son. Enfin... une fois les cymbales gaffées un minimum : cette technique consiste, au grand dam du batteur concerné, à coller du scotch épais (appelé "gaffer") sur les cymbales afin d'éviter un bordel sans nom dans les fréquences aiguës. Dans une petite salle telle que le Klub, c'est obligatoire, sauf à vouloir éclater les tympans du public.

17h15. On vire la batterie pour laisser de la place à Mhonos et ses 4 (!) basses. Pas de batterie ni de guitare, le plus dur sera de trouver la place pour tout le monde sur scène. Problème résolu en débordant dans la "fosse". On est toujours à l'heure, c'est n'importe quoi.

18h. Bombyx le barman a fini d'installer le bar, et à l'intérieur tout est prêt pour recevoir le public. On peut ouvrir les portes.

 

Mhonos18h30. Mhonos arrive sur scène. Quatre bassistes (dont un vocaliste), deux percussionistes disposant chacun d'un tom basse et d'une cymbale, et un chanteur, tous encapuchonnés, entament un unique morceau labyrinthique où la folie l'emporte sur la raison. La mélopée captive un public halluciné par la performance. La musique est évidemment difficile d'accès et, en plus, n'est pas aidée par le moindre decorum, si ce n'est une ambiance rouge statique. Quelques bougies, des costumes travaillés, un décor, auraient selon moi aidé le public à rentrer dans le show. Mais peut-être que le coté brut et abscons fait partie du concept ?

 

Fun et rat lit homme19h15. Funeralium s'installe. La dernière fois que j'ai vu autant de pédales d'effet sur scène, c'était Esoteric, champion toutes catégories de la chaîne d'effets. Je passe le show sur le côté de la scène pour faire les lights : ambiances froides, bleu et vert demandés. Deux guitares écrasantes, deux basses pachydermiques, des plans de batterie de folie, à la limite du raisonnable, et la voix de Marquis toujours aussi puissante : les nouveaux morceaux ont l'air encore plus extrêmes que les anciens, ca promet pour le nouvel album. Funeralium a en commun avec Ataraxie de faire l'effet d'un rouleau compresseur.

 

Vent du Chnord20h30. Les Northwinds ont fini de s'installer, je reprends mon poste aux lights. Le groupe n'a pas joué sur scène depuis 2003, alors on leur pardonnera volontiers une communication au public un peu hésitante et l'accent francais dans les annonces des titres des morceaux, tant la musique dégage une classe internationale que ne renierait pas Georges Abitbol. Du doom avec des pépites de groove à l'intérieur ! A noter que le chant lead est assuré par le batteur, et, surprise, le groupe jouera une reprise de Cathedral : je me surprends en train de hurler "Voodoooooo!! Fire!!!" tout en appuyant frénétiquement sur les touches du clavier qui contrôle les lumières.

 

COD rouge21h30. On finit de réaliser le changement de plateau pour laisser la place aux chtis de Children of Doom. Je me rends compte que je n'ai toujours pas eu le temps d'avaler quoique ce soit de la journée. J'envoie donc Saint Gérald (oui, Lui-même, le fondateur des acteurs) s'occuper des lights pour effectuer un arrêt aux stands. La bas j'observe que les groupes ont bien mangé mais pas bu tant que ca; les Children of Doom sont sobres, les rumeurs étaient infondées! Un petit tour à la caisse me permet d'apprendre qu'on vient tout juste de rentrer dans nos frais, c'est déjà ça de gagné. J'ai tout de même le temps de remarquer que le nordiste avoine bien  sur scène, notamment coté guitare, leur doom/punk/rock'n'roll est bien gras et rentre-dedans.

 

Cauchemarde22h30. Changement de plateau rapide, Cauchemar peut commencer à jouer. Je laisse de nouveau les lights à Gérald qui semble apprécier son nouveau jouet. Ce cochon tartine du stroboscope à qui mieux-mieux et balance de la fumée dans une ambiance de Saint Sylvestre à Strasbourg. Cauchemar met direct le feu au Klub. Malgré une voix un peu anémique (volume au max sur la console, alors c'est pas la peine de réclamer plus de voix à l'ingé son!), Annick sait tenir un public. Jo, le bassiste au look Paul Di Anno cuvée 1980 est déchainé, en plus d'être précis malgré des lignes pas évidentes et le guitariste, plus sage, n'en assène pas moins au public des riffs à l'indéniable potentiel tubesque. Les premiers rangs ne baisseront les poings que démarrer un pogo ou retenir un slammeur aventureux. Grosse ambiance dans la fosse. Dommage qu'on n'ait pas pu mieux profiter du chant, notamment sur une reprise de Candlemass adaptée en français.

23h20. On commence doucement à remballer le matériel. Le public a dévalisé les stands de merchandising, signe que les groupes ont su conquérir les coeurs !

1h30. Tous les groupes ont repris la route, on est enfin rentrés chez nous et demain matin il faudra aller bosser !

Photos par Lorene Lenoir.

 

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