La deuxième manche du Chaulnes Fest promet de passer un grand moment musical grâce aux têtes d’affiches très attendues que sont Vader, benighted et Hail of bullets ! Nous n’oublions pas les appréciés Nightmare et tous les autres groupes qui devraient nous réserver de bonnes surprises, prise de contact immédiat !
GUNBLAST
Le réveil est visiblement difficile pour la majorité du public puisque très peu de gens sont présents en ce début d’après-midi, trop matinale 13h ? La mise en route se fait doucement mais assez lourdement avec le death metal de Gunblast formé en 2010. Après quelques minutes d’écoute, on constate que les plans sont basiques mais aussi beaucoup trop répétitifs, pas vraiment de quoi un prendre un réel plaisir. Sur scène les artistes sont statiques et ne renvoient quasiment rien. Le chanteur possède un pupitre comme s’il ne connaissait pas ses paroles et ou partitions, c’est le summum de l’amateurisme. Difficile pour l’auditoire réduit d’être captiver par ce rendu encore trop dépouillé. Nous souhaitons une bonne continuation au groupe, en espérant les voir sous un jour plus favorable.
(Voir la galerie photos)
ABINAYA
Nous découvrons le combo parisien Abinaya formé en 1997 et présentant un heavy/rock aux sonorités tribales. Un mélange original ayant le don d’attiser notre curiosité. Le dernier album « Corps » a déjà maintenant cinq ans, espérons qu’un petit frère se fera son apparition pour les fans.
Nous nous réjouissons d’écouter et d’observer un groupe avec beaucoup d’énergie, une certaine envie de convaincre se ressent. Les titres sonnent plutôt bien mais très rapidement s’installe une certaine distance à l’égard de ce que l’on nous propose malgré les qualités du groupe. La partie instrumentale nous délivre des bons breaks et des riffs lourds, le tout sur une rythmique mi-tempo. Aussi le chant en français permet d’apprécier la teneure des textes nous rappelons un certain esprit Noir désir. La singularité est axée sur la présence d’un percussionniste pour épauler la batterie sur certains titres, le monsieur dispose de deux futs desquels se dégage un son très clair. Les balances mettent à notre sens trop en avant ce dernier, dommage que le guitariste n’a pas bénéficié de ces réglages. Le set proposé est homogène, intéressant musicalement grâce à une originalité indéniable. Lorsque le chanteur nous promet un titre pour « Exprimer la haine », celui-ci retombe dans ce que le groupe fait bien, un consensuel musical. Le public vit ce moment très sagement.
(Voir la galerie photos)
SPLICE
Le troisième chapitre se nomme Splice, originaire de Picardie l’équipe est formé en 2009 autour de musiciens ayant joué dans divers groupes tels Insultus et Art Noir….La première missive sort en 2010 sous le nom « Ride the Sickness », la deuxième devrait sortir cette année ! Une sortie que l’on guette déjà !
Le groupe se donnant sur scène fait parti des bonnes surprises de ce festival. Il faut dire que le death metal proposé est de bonne qualité, en plus c’est le premier groupe de ce style que nous écoutons ici. La sensation de rouleau compresseur survient dés la première chanson. La voix s’inscrit dans la pure tradition du death avec un growl sombre et caverneux. De plus les compositions sont biens construites, techniques sur un rythme bien soutenu.. Les musiciens semblent à l’aise facilitant ainsi les relances efficaces et les riffs impeccables. Rien ne semble manquer au groupe, si juste une chose…davantage de notoriété qui nous espérons viendra rapidement car le combo possède un sacré potentiel. La présence scénique est remarquable puisque c’est brutal, froid et sans concession. Du bon travail !
(Voir la galerie photos)
SCARRED
Enclavé entre la France, l’Allemagne et la Belgique, le Luxembourg semble être une nation bien timide ne faisant jamais parler d’elle. Les choses vont changer avec les redoutables comparses de Scarred. L’entité à vu le jour en 2000 cependant le premier album « New Filth order » est sorti en 2009.
Le ton monte encore d’un cran dans la violence avec Scarred. On assiste à un death/trasth/core dès plus carré et propre. Les morceaux sont d’une lourdeur exceptionnelle nous ramenant dans les profondeurs. Côté technique le travail est de mise pour cet équipage. L’ensemble est servi par un son gros son, voire peut-être une dose trop fort pour la salle. Le bassiste possède un jeu et une dextérité remarquable rendant sa six cordes presque facile à jouer, son instrument gronde à chaque instant. Les balances mettent très clairement en avant ce dernier. Le jeu des guitaristes est tout aussi bon mais un poil en dessous. Tous les ingrédients sont là nous ravir, les titres sont bien mesurés, technique, lourd, acéré. Une véritable bombe nous explose pendant le set. Le public de plus en plus nombreux semble apprécier le phénomène au regard des mouvements de têtes dans l’assemblée. La force du groupe réside principalement dans la singularité des titres et dans une mise en place sans faille. Beaucoup de gens monte sur scène suite à la demande du chanteur pour faire une petite photo de famille !
(Voir la galerie photos)
IN ARKADIA
On embraye sur du death mélodique avec les français de In Arkadia. Les huit années d’existence leur on permit de sortir trois albums dont le dernier rejeton « Wasteland Chronicles » est sorti en 2009. Le groupe s’est déjà produit aux côtés de Dew scented, Severe torture, Kronos et bien d’autres.
Le style death évolue quelque peu vers du mélodique avec le présent groupe. La horde possède beaucoup d’énergie puisque les musiciens traversent régulièrement la scène de long en large, instrumentalement on se prend encore une fois une bonne claque. Les compositions retiennent en haleine notre attention grâce à une musique mélodieuse, variée, technique et d’une propreté exemplaire. Il est certain les parties mélodieuses ne sont pas sans nous rappeler la scène de Göteborg. Le chant laisse des ouvertures au deathcore ce qui rajoute du l’impact aux titres. Les roulements de batterie maintiennent le rythme tél un moteur japonais atteignant les 8000 trs/min. C’est rageur et encore une fois de plus bien fait. Le public nombreux est pour le coup plus convaincant car les rangs sont bien animés. Le dernier titre intitulé « Blinded by fear » est une reprise de At the gates, les réactions ne se font pas attendre puisque rapidement se forme un pogo atteignant son maximum pour le groupe. Une reprise fidèle à l’originale.
(Voir la galerie photos)
WILD
L’affiche nous propose toujours une belle brochette de groupe aux influences Death, Wild s’inscrit aussi dans cette continuité pour notre plus grand plaisir ! Les nouveaux protagonistes sont quant à eux sur du deathcore au caractère plus que bien trempé. On apprécie rapidement la voix hurlée et irréprochable. A côté la mise en place s’avère du même acabit ainsi que les relances. Les cassures rythmiques sont nombreuses venant toujours de manière syncopée, martelant de cette manière sur l’auditoire toujours au plus haut point. C’est carré, brutal, efficace. Le chanteur assure son rôle de frontman sans faute. Par deux fois celui-ci se munie d’une guitare électro-acoustique, un coup noyé au milieu d’un titre et l’autre coup pour introduire un titre. Il en va s’en dire que la suite et dévastatrice comme depuis le début. Kamel, ex-organisteur du fest, vient se joindre au groupe pour pousser le chant à côté du frontman Le public réagit trop tranquillement aux assauts proposés. Les titres sont bons et s’enchaînent bien. Un groupe au talent certain dont il sera intéressant d’écouter la suite prometteuse.
(Voir la galerie photos)
RESISTANCE
Le quintet belge joue dans la catégorie des groupes de death teinté de hard-core. On finit par s’habituer aux groupes de bonne facture en cet après-midi. Les premiers cris de Résistance surviennent durant l’été 2004 sous l’initiative du Bassiste. Leur parcours est marqué pour avoir joué avec Belphegor, Kataklysm, Suicidal Angels et Darkest Hour. Ils totalisent quatre très bons albums dont le dernier « To judge and enslave » est sorti en ce début d’année.
Ils continuent d’enfoncer le clou sur une agressivité et puissance exceptionnelle. L’alchimie des styles rend parfois un rendu tout simplement excellent lorsque deux courants extrêmes se rencontrent, ici le death pour sa lourdeur et le hard-core pour son énergie. Resistance réussit à merveille cette combinaison dévastatrice à travers des titres somptueusement agressifs. Un combo au combien virulent musicalement et scéniquement. L’ondulation sonore est variée mais toujours overboostée ! Le syncopé est de prime pour le groupe. Le chanteur se révèle un véritable hurleur hors pair et assez charismatique en adoptant toujours une posture très dominante vis-à-vis du public. La batterie envoie des blasts de qualité est bonne mais nous remettrons une mention spéciale aux guitaristes aux doigtés tranchants et précis. A contrario l’attitude des convives laissent un ressenti différent en observant leur passivité, ce qui est surprenant car les titres sont aiguisés animer un pogo ! Il s’agit d’un très bon groupe de scène.
(Voir la galerie photos)
HORD
Les Montpelliérains de Hord prennent le flambeau pour continuer à dynamiter le Chaulnes fest. Inconnu dans notre sphère, le combo à pourtant déjà des références intéressantes à citer scéniquement, ils ont partagé les planches aux côtés de Fear factory, Punish yourself et Black Bomb A. Leur album « The Waste land » fut enregistré par Jochem Jocobs de Texture.
Hord propose un son résolument plus moderne de ce que nous avons pu entendre jusqu’à présent. L’originalité du groupe est de proposé de l’ultra violence proche d’un hardcore sur une partie instrumentale bien trempée, à contrario subsiste des parties planantes avec des baisses rythmique avec le chant clair du bassiste. Les deux chants cohabitent bien au final et sont assez bien intégrés. Les titres ont du corps et une efficacité notable. Un problème de double pédale survient au milieu du set. Une minute après la machine se relance dans la violence. Le contraste des deux parties apporte un réel intérêt au combo. La combinaison des deux types de chant est proche de ce qui se fait dans le fourre-tout néo-metal. Le public met une distance avec les artistes, beaucoup sont au fond de la salle ou dehors. Dans tous les cas, la machine est bien huilée et envoie assez bien sur scène. Un ping pong continuel entre le chanteur et le bassiste. De la violence et de l’espoir ressort des titres. Intéressant pour les amateurs du style.
(Voir la galerie photos)
NIGHTMARE
On change de style avec le heavy des français de Nightmare. Nous dirons que le groupe permet de se changer un peu les idées après autant de violence déballée jusqu’à présent. Le groupe fondé en 1981n’est plus à présenter puisqu’il s’agit d’un des pionniers de la scène metal française. Le festival leur permet de lancer la promotion de leur dernier album 3burden of god » sorti en 2012.
Nous sommes heureux de retrouver les grenoblois sur scène, pour ne rien vous cachez cela faisait plusieurs années que nous les avions perdu de vue. L’occasion pour reprendre contact était donc le bienvenu. On se laisse gagner rapidement par les mélodies prenantes des guitares décrivant toujours une forme de poésie. Non les oiseaux ne chantent pas mais franchement les montées en puissance et la technique des musiciens nous surprennent toujours. L’équipe semble être en grande forme à l’image de Jo Amore au chant, celui occupe à merveille la scène mettant aussi en évidence son jeu nous rappelant un certain côté théâtral. La partie vocale est tout bonnement irréprochable en attestent les envolées aigues poussées dans les limites. A côté les plans s’enchaînent avec une grande fluidité accompagnée par une grosse énergie scénique. Véritablement Nightmare nous délivre un show mémorable, sans doute une des meilleurs à laquelle nous avons assisté. Une ombre au tableau apparaît malgré tout, le son paraît surdimensionné par rapport à la salle puisque même avec des protections on ressent fortement la pression acoustique. Qu’importe le public est très participatif dans le show. Pour finir le combo nous fait le plaisir de jouer le titre« In hell » figurant sur le prochain album. L’impact du groupe est mémorable sur le public au regard de l’élan collectif !
(Voir la galerie photos)
HAIL OF BULLETS
Le nom de Hail of bullets ne vous parle peut-être pas cependant les musiciens constituant cette horde ne sont pas des inconnus. En effet ce beau monde vient de Pestilence, Asphyx, Gorefest et Thanatos. Il faut remonter à 2006 pour voir le visage de ce nouveau protagoniste de la scène death metal old school. Deux albums illustrent leur musique, « …O frost and war » et « On divine winds », un troisième est en court d’écriture. Mise à feu !
Un des gros morceaux de la journée finit par enfin se produire sur scène. C’est avec une grande impatience que nous voulions voir le phénomène du fait qu’ils ne se produisent qu’assez rarement. Les hostilités surviennent dés le premier titre en assommant le public avec une violence hors norme que l’on connaît à travers leur death. Ce n’est pas sans nous rappeler les poids lourd de cette vague que sont Death, Bolthrower, Massacre ou bien encore Autopsy, les plus âgés trouvent plus que leur compte ici. Tous les ingrédients sont réunis pour atteindre un résultat explosif, des riffs tranchants et lourds, de la technique, une mise en place impeccable, enfin un chant rugueux à réveiller les morts. En effet sa voix en impose au plus haut point et s’inscrit dans la lignée des groupes cités ci-dessus. Enfin dans son exercice, le monsieur est heureux en souriant constamment entre les titres ! Le rythme de manque à travers des titres énergiques et d’autres mettant plus l’accent sur la lourdeur. En conséquence l’oscillation de violence n’est que plus jouissive ! De leurs côtés les guitaristes affichent une grande forme ainsi qu’une dextérité technique collant au ventre. L’impact sur le public se traduit par des rangs compacts pour apprécier et des pogos pour transformer la salle en champ de bataille. Le tableau est plus qu’idyllique pour les fans de death que nous sommes, à très bientôt.
(Voir la galerie photos)
BENIGHTED
Il est temps aux Stéphanois de Benighted de rejoindre la scène devant laquelle un large public les attend de pied ferme et avec beaucoup d’enthousiasme. Cela fait quatorze ans que le combo s’est formé avec pour influences de départ le death et le black. Les années passant, le style s’affute et s’oriente vers un brutal deathcore qui sera la clé de leur notoriété scénique. Benighted totalise sept albums dont le dernier est « Asylum » sorti en 2011 chez Season of mist.
Le groupe sort la grosse artillerie dés les premières secondes du titre. En l’espace de deux morceaux, ils ont réussit à chauffer le public pour qu’un chaos monstre s’organise dans la fausse. L’intensité régnante dans les rangs est déjà très élevée, arriveront-ils à suivre ce rythme pendant tout le set ? Hahaha ! Le fontman se révèle la source énergétique de toute cette agitation en s’adressant régulièrement à la foule, pour encourager et aussi remercier, cela lui le ravit de voir autant de réaction. Toute l’équipe adopte cette attitude de surenchérir à chaque fois, le travail scénique est incroyable. Rare de voir un groupe supportant autant le public, c’est excellent ! Pour entamer le troisième titre un grand circle-pit naturellement rendant accentuant encore plus l’ambiance éléctrique. Le groupe est toujours aussi performant sur scène, voire meilleur à chaque prestation. Les morceaux sont trempés et taillés dans la meilleure aciérie française ! De la brutalité, de l’efficacité, de la technique et une intensité énorme, comme vous le comprenez c’est la guerre à tous les niveaux. On apprécie toujours le côté radical et sans bavures de Benighted. L’ambiance est proche de la folie, de la transe hypnotique. L’impact du groupe sonne comme une enclume s’écrasant et explosant un mur de béton armée. Le chanteur à beaucoup d’humour puisqu’il annonce que la chanson suivante traite de l’amour dans la famille, il en va s’en dire que le style mais aussi le répertoire des infirmiers est en complète corrélation avec le propos ! Un deuxième circle-pit atomise la salle !
(Voir la galerie photos)
VADER
Les Polonais sont La tête d’affiche pour laquelle tout le monde retient son souffle ou préserve de l’énergie pour finir en beauté. Le chiffre vingt-neuf est un nombre suffisamment grand surtout quand celui-ci correspond au nombre d’années d’existence, une longévité plutôt rare pour un groupe brutal death. Le groupe attend prêt de dix ans pour lancer son premier obus « The ultimate incantation », s’en suivra sept autres, « Welcome to the morbid Reich » étant le dernier en date.
Pour finir en beauté ce festival, le char d’assaut polonais fait parler les gros obus sur Chaulnes. Le bruit des chenilles écrasant les crânes au sol rassurent le public avide de death. Comme à leur habitude l’équipe est radicale pour envoyer du très lourd, c’est pour cela qu’on adore. Un maillon casse pour ralentir la conquête de ce territoire, un problème technique lié au pédalier de la batterie. Pas de souci majeur puisque très rapidement tout rentre dans l’autre, la machine de guerre peut continuer son ascension vers une victoire imminente. Le canon du monstre d’acier est dirigé dans notre direction en guise de réponse, une vengeance, une représaille avenir ? Non simplement un acte de pure suprématie sur la foule présente. La puissance de feu réduit en ruine les obstacles en travers du chemin. Le moteur rugit tel un gros V8 coupleux garantissant toujours de la puissance à tous les régimes. L’équipe assure une présence sur le terrain quasi millimétré, rien ne doit échapper au contrôle. Le public applaudit pour cette démonstration de force et pour supporter les guerriers. La précision des tirs et stratégie d’attaque ont permis à Vader d’embrasser la victoire. Après observation on remarque qu’aucun Backdrop n’est disposée sur scène, dommage on aurait apprécié d’en voir un pour glorifier ces héros à leur juste titre. L’aventure se termine sur « The imperial March » tiré de la guerre des étoiles !
(Voir la galerie photos)
Après un jour et demi au Chaulnes Fest, il est l’heure d’établir le bilan de l’ensemble des festivités. Nous retiendrons pour le vendredi soir le show exceptionnel que nous ont offert les trastheurs de Tankard, un moment mettant un point d’honneur sur la bonne humeur et l’humour. Pour le dimanche nous avons tout particulièrement apprécié dans les nouveautés Splice mais aussi Resistance, deux révélations auxquels nous envoyons tout notre soutien. Enfin Nightmare, Hail of buletts, Benighted et Vader ont rempli leur contrat de belle manière. Nous remercions toute l’équipe organisatrice et les bénévoles pour le développement de la scène metal !







