Les acteurs de l'ombre

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Carach Angren - Where the corpses sink forever

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L’information la plus importante de ce billet n’est pas ce billet en lui-même ni la qualité de cet album. Ce qui doit être retenu expressément et sans faillir est la présence de Carach Angren au festival « Les Arts Bourrins » le 24/08/2012 près de Rouen. Pourquoi ? Les fans de la première heure connaissent déjà la réponse. Les autres doivent lire ce qui suit puis écouter l’album, et ils comprendront. Ils comprendront surtout qu’ils deviendront accros à Carach Angren et qu’ils ne pourront se passer de les voir live pour les soutenir et apprécier leur musique de la meilleure manière qui soit.

Les Néerlandais font toujours dans le black metal symphonique, et ce depuis leurs débuts en 2004 qui ont vu naître deux EP et deux albums. Ils n’ont pas changé d’un iota leurs façon de concevoir et de créer leurs œuvres : du gros black de base assaisonné d’un peu de death, et de passages et d’arrangements symphoniques et classiques. Pas pour rien que la comparaison avec Dimmu Borgir voire Cradle se fait assez facilement, à moins que ce ne soit plutôt aisé de comparer Dimmu Borgir et de Cradle avec Carach Angren. Car, voilà, et ce jugement n’engage que son auteur : les fougueux bataves n’ont rien à envier à leurs glorieux aînés tant au niveau de la qualité des compositions que de la qualité technique des intervenants. Pour faire court : leurs albums, et notamment celui-là, sont aussi excellents que ceux de leurs confrères. Les t-shirts floqués de leur nom fleuriront prochainement dans les rues comme le firent ceux de Dimmu Borgir il y a quelques années.

Vous l’avez compris, Carach Angren continue de démontrer toute sa valeur à travers ce nouvel opus. Pas de surprise pour les habitués, le trio utilise les mêmes recettes que pour les productions précédentes sans baisser en inspiration et en virtuosité. L’écriture musicale est parfaitement maîtrisée, d’une grande intensité, et vous prend aux tripes (combien de mélodies et de riffs squatteront votre cerveau dans les semaines à venir ?). Les morceaux sont très bien construits, usant de gros riffs et de tempos ravageurs, de breaks bien amenés, et de sonorités de gratte, de batterie, et d’instruments classiques de toute beauté. On parle ici de black symphonique, alors quoi de plus normal que de se retrouver devant des morceaux mélodiques à souhait avec une profusion d’arrangements classiques, et de chœurs qu’on aurait peut-être toutefois voulu un peu plus nombreux. Majestueux, théâtral, flamboyant, et horrifique : tels sont les qualificatifs qui composent le travail musical de ce nouvel opus, comme les précédents. Carach of Angren nous propose de suivre une aventure, une vraie.

Il s’avère également important, et une fois n’est pas coutume, de s’attacher aux qualités de la ligne de chant et des lyrics. Se calquant sur la nature des paroles, le chant possède un aspect très narratif qui a nécessité un travail massif de composition. On y trouve un chant assez classique parfois dialogué ou en canon, mais aussi parlé, divulguant un discours vociféré, effrayant, voire péremptoire. Bien évidemment, le chant n’est que la représentation ou l’interprétation des paroles des morceaux et de leur signification. Ici, Carach Angren a orienté le sens de ses chansons sur le thème unilatéral de la guerre, sous l’aspect horrifique s’entend, ouvrant de nombreuses voies techniques à son interprétation par le chant.

Si l’ensemble est très homogène d’un point de vue construction et qualité de composition, certaines pistes se retrretrouvent un peu au-dessus de la mêlée. L’intro de l’album, assez longue pour une intro, est certes classique mais bien ficelée pour faire monter l’adrénaline comme il faut. On atterrit directement sur un missile de chair et de sang qui vous fera jubiler comme les bataves pouvaient l’espérer (« Lingering in an Imprint Haunting »). Vient ensuite un des morceaux phares de l’album narrant l’histoire morbide d’un violoniste sur le front, « The Funerary Dirge of a Violinist », et son poignant et magnifique break au piano (lors de la 2ème écoute : 3 heures pour se « débarrasser » de la mélodie, c’est dire). Nouvelle démonstration, par Carach Angren cette fois : il est tout à fait possible de créer des morceaux intenses de metal sans gratte, comme avec le très martial « Spectral Infantry Battalions ». Pas un riff, s’il vous plaît. Tout le contraire du « General cauchemar », summum de brutalité et de « sanguinolence » à qui quelques paroles en français donnent, à nos oreilles, encore plus d’intensité et de force à l’intention souhaitée par les auteurs. L’histoire continue, toujours aussi homogène d’un point de vue musical que narratif, avec, en point d’orgue les deux derniers morceaux qui constituent le double étendard de cet opus.

Ce billet n’appelle pas de question, vous l’aurez compris. Vous pouvez vous ruer sur cette galette les yeux fermés…et réserver pour « Les Arts Bourrins » le 24/08 à La Neuville Chant d’Oisel (76).

Tracklisting :
1. An Ominous Recording
2. Lingering in an Imprint Haunting
3. Bitte tötet mich
4. The Funerary Dirge of a Violinist
5. Sir John
6. Spectral Infantry Battalions
7. General Nightmare
8. Little Hector what Have You Done?
9. These Fields Are Lurking (Seven Pair of Demon Eyes)

 

Label : Season of Mist
Date de sortie : 18/05/2012

 

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