Les acteurs de l'ombre

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Blackdeath, entretien avec Abysslooker

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BD logoLes Pétersbourgeois de Blackdeath seront sur la scène du Black Metal Is Rising le 1er juillet 2012. L'occasion pour les acteurs de l'ombre d'interroger ces vétérans de la scène black metal russe sur la musique, la politique et les controverses qu'ls ont pu susciter.

 

- Hail! Blackdeath a déjà 14 d’existence. Quel est ton ressenti concernant ton parcours musical et spirituel à travers Blackdeath ? As-tu des regrets particuliers ? Te rappelles-tu de ton état d’esprit lorsque tu as initié le projet en 1998 ? Te sens tu proche de ces premières aspirations, ou t’en es-tu éloigné depuis ?

Hail !. Strictement parlant, nous avons commencé en 1995 avec une démo et trois ans plus tard, nous avons changé notre nom de Black Draugwath à Blackdeath. Eh bien, pour ce qui est de mes sentiments, je ne me sens pas moi-même assez satisfait pour arrêter ma carrière à la fois musicale et spirituelle. Bien sûr que j'ai (et nous avons) fait des erreurs et qu'il y a des choses qui auraient mieux fait d'avoir été réalisées d'une autre manière, mais qu'y a-t-il de bien de à les regretter ? Le regret ne corrige pas les erreurs, donc allons de l'avant. En effet, avec chaque nouvelle œuvre que nous entamons, nous la commençons à partir de rien. Les résultats du passé deviennent une sorte de fardeau en chemin.
Bien entendu une partie de celui-ci a disparu, mais il y a encore une étincelle. Par exemple, pour la cover par Blackdeath de Jesus' Tod par Burzum lors de notre récent EP, "Jesus wept", ce n'était qu'un hommage à ces années de fol enthousiaste ainsi que la réalisation d'une intention longtemps souhaitée. Maintenant, cette chanson ne me prend plus comme elle le faisait auparavant, et même, elle est devenue pour moi un peu ennuyeuse, alors qu'elle est encore la meilleure chanson des Vikernes, à mon avis.
D'autre part, tout ceci est comme une addiction à la drogue et pour le moment, je ne sais pas et ne veut ni changer, ni en guérir. De manière générale, notre activité est devenue plus réfléchie qu'émotionnelle.

- Comment s’est passée ta collaboration avec le label français Drakkar productions et avec Noktu ? Pourquoi as-tu mis un terme à cette collaboration ? Votre dernier album est sorti chez Hospital Production, label américain tenu par le musicien qui se cache derrière les projets noise/black Prurient et Ash Pool. Est-ce lui qui vous a contacté ? Es-tu content de cette collaboration ? Quels sont les retours concernant votre dernier méfait ?

Notre collaboration avec Drakkar était assez bonne jusqu'à l'erreur commise avec Cthulhu Biomechanical CD et qu'une querelle s'ensuive. Maintenant, je crois que les deux côtés se sont rendus coupables, et tous deux auraient dû moins s'emporter émotionnellement. Soit dit en passant, sans tenir compte de cette histoire de label, nous considérons maintenant Satan macht frei comme étant notre pire album, avec une faible production et une pitoyable composition. Ensuite, notre split avec Leviathan était un échec total. Ces deux œuvres étaient une sorte d'agonie du Blackdeath de l'époque. Et pour ce qui est des labels français, notre collaboration avec Niessedrion était super et s'est achevée uniquement lorsque le label a cessé son activité, espérons que les gars se portent bien.
Oui, Dominick lui-même nous a contacté. Notre collaboration avec Hospital productions était très bien aussi; cependant, pour être franc, leur distribution en Europe nous semble assez médiocre. L'opinion dominante était que Katharsis était notre meilleur album. Mais certaines personnes revendiquaient que nous nous détournions de notre style orthodoxe de longue date et qu'ils n'aimaient pas cela. Je suppose que celles-ci aimeront encore moins notre dernier album intitulé Phobos.
Je tiens à noter que Ash Pool de Dominick est un groupe très intéressant, mais il se dévoue trop au son raw. Je pense qu'il serait en mesure de faire bien mieux s’il travaillait sur le son. Mais c'est mon propre point de vue, forcément c'est à lui de décider comment créer.

- Blackdeath a toujours privilégié l’allemand pour ses textes. Peux-tu nous expliquer ce choix, auquel vous ne faites jamais exception ? Etant peu familier avec la langue de Goethe et d’Angela Merkel, j’ai du mal à discerner quel est le propos de Blackdeath, notamment du dernier album. Quelles sont vos inspirations pour l’écriture des paroles ?

Oh, Frau Merkel avec son geste triangulaire (rhombus) des mains. Jolie blague. En fait, ni moi, ni Maya ne parlons allemand, seulement Para Bellum. Le problème de la compréhension de nos paroles peut être résolu facilement en consultant notre site officiel, où les traductions en anglais sont affichées: http://www.nork.ru/blackdeath/lyrics.html. Notre dernière chanson écrite en anglais a été créé en 2005.
Le fait que nous utilisions la langue allemande, de par le passé et aujourd’hui encore, prend racine dans notre intérêt dans le groupe slovène Laibach. C'était la première fois que l’allemand nous a charmé avec le son de sa musique. Et avant ça il y avait bien sûr Neubauten Einstürzende. Was ist ist // Was nicht ist ist möglich // Nur was nicht ist ist möglich. Quelle chanson! Donc, la langue allemande est juste une question de goût. Ça sonne bien à nos oreilles et est très apte à l'expression de notre black métal. Et de mon point de vue, les russes sont nazes en black métal. Les français aussi, désolé.
Je suppose que l’inspiration de Para Bellum, qui écrit les paroles de Blackdeath, se trouve quelque part dans les profondeurs de son esprit tordu. Ajoutez à cela son intérêt pour les doctrines ésotériques. Et de temps en temps nous mangeons des psilocybes qui nous fournissent de riches visions.

- Le style de Blackdeath a toujours été très proche d’un black metal épuré, « true » et proche des origines du style, pourtant vous y apportez toujours quelque chose de plus, une hystérie, un côté crasseux et morbide qui vous est propre. Comment composez vous vos morceaux ? Qui se charge de la composition ? Quels sont vos influences premières ? Sur un morceau comme Licht ist Mein Tod, par exemple, on sent une volonté plus atmosphérique à certains moments, qui n’est pas sans rappeler Urfaust…

Depuis le début de Blackdeath c'est moi qui ait toujours été en charge de la composition. Et maintenant, mes parties sont arangées et enrichies par Para Bellum et Maya. Sans aucun doute mes premières influences étaient des groupes norvégiens. Mais je ne peux pas en dire autant aujourd'hui. En fait, maintenant je n'écoute plus de musique. Maya en écute un peu tandis que Para Bellum en ingurgite beaucoup. Mais pas moi. Parfois, PB me fait écouter quelques albums, je suis donc au courant de la musique d'aujourd'hui dans une certaine mesure. J'ai d'abord entendu Urfaust il y a quelques mois, ils ont des parties vocales géniales, mais autrement je les ai trouvés sans intérêt et trop monotones. Mais si vous disiez que Der nukleare Wojwode de Katharsis vous a rappelé Voivod, alors je serais d'accord.
Et si vous entendez par «black metal pur» sa forme historique norvégienne, et bien notre nouvel album Phobos ne peut pas être décrit par un tel terme.

- Votre dernier album en date jouit à mon sens de la meilleure production qu’ait jamais connu Blackdeath. Où l’avez-vous enregistré ? Es-tu content du résultat ?

BD1Katharsis a été entièrement enregistré et mixé au Studio RP, à Saint-Pétersbourg. C'est un studio professionnel et ils se spécialisent en différents genres de musique. Il me semble qu'il n'y a pas de studios professionnels ici spécialisés en métal à Saint-Pétersbourg ou même en Russie, ce serait à coup sûr déficitaire. Mais le gars de RP connait son métier méme si nous avons dû lui expliquer certains détails.
Après avoir enregistré Katharsis nous avons tous été très satisfaits du son final. Mais Phobos, fraîchement enregistré, a un son encore meilleur, évidemment. Le son raw n'est pas le seul medium pour le black métal, bien sûr. Je crois qu'un musicien doit tôt ou tard dépasser la soi-disant crudité de la musique.

- La scène russe est trop peu connue en France, pourtant elle regorge de bons groupes, je pense notamment à Old Wainds ou aux groupes du collectif Blazebirth Hall (Branikald, Forest…). Sont-ce des groupes que vous appréciez ? La scène russe est-elle soudée, ou les groupes sont-ils isolés les uns des autres du fait de la grandeur du pays ?

Il me semble que vous avez mentionné les groupes d'hier, mais ils sont en effet bien connus en Occident. Comme j'ai pu le constater, d'autres groupes sont plus connus dans l'underground aujourd'hui, comme Psalm 666, TeitanFyre, Peseudogod, même si ce dernier joue du brutal death metal. Eh bien, je ne peux pas dire que la scène est étroitement liée, et si certains groupes sont strictement isolés ce n'est pas à cause de la taille du pays. Au moins, nous avons l'internet. L'aspect géographique joue ici son rôle comme il le fait dans le reste du monde entier. Pour autant que je puisse en juger, certains groupes forment une sorte de regroupement, tandis que les autres restent strictement seuls. Il y a de nombreuses raisons pour ces deux faits je suppose, certains demeurent plus «true» que les autres, ou sont plus vieux jeux, ou quoi que ce soit. Je pense que c'est typique pour tous les autres pays aussi.

- Une amie russe me confiait récemment qu’il y avait à Moscou une grosse répression de l’Etat et de la police à l’encontre du milieu gothique et sataniste. Es-tu d’accord ? Que penses tu de la politique de Poutine, qui est très controversée chez nous, mais qui semble finalement convenir à la plupart des russes ? Penses-tu que Poutine a sauvé la Russie de la récession économique qui la menaçait après la fin de l’ère Gorbatchev ? a-t-il redonné foi aux russes en leur identité culturelle ? Que penses tu des ratonnades d’immigrés qui s’organisent dans les grandes villes russes au nom de l’exception identitaire ? Cette violence est-elle nécessaire pour éviter à l’Europe de perdre son identité au profit du projet mondialiste d’hybridation global des peuples et des cultures ? La constitution de l’état fédéral russe n’a-t-elle pas fait perdre leur identité aux peuples limitrophes slavophones ?

BD2En fait, je n'y connais rien sur les répressions dont votre amie a parlé. Peut-être bien que quelque chose est arrivé, mais vous savez, parfois Moscou est une sorte d'autre État pour Saint-Pétersbourg, ainsi que pour le reste de la Russie. En ce qui me concerne, tous les concerts prévus de black métal ont eu lieu. Pas de problèmes avec les têtes de porc, le sang de l'abattoir, les symboles, etc. Par exemple, au concert à Ekaterinbourg auquel Blackdeath a pris part, il y a environ une demi-année, certains gars ont fait un spectacle sur la scène en brûlant des portraits des personnes supérieures de différentes religions en Russie et personne n'a été arrêté, emprisonné ou fusillé, à ce que je sache. Certains concerts ont été annulés, mais seulement à cause de problèmes d'organisation, pour la tournée récente d’Ondskapt par exemple, à travers la Russie. Parfois, il apparait dans les nouvelles des articles expliquant que des Goths ont été arrêtés car ils avaient tué leur disciple, mangé leur fille ou profané un cimetière (les Goths semblent plus dangereux que les black metalieux), mais pour le moment il n'y a rien de plus.
Eh bien, peut-être que Poutine est un sauveur de l'économie russe, mais je ne parierais pas là-dessus. Peut-être que nous avons simplement eu de la chance avec le pétrole, comme quelqu'un l’a exprimé. Quoi qu'il en soit, je ne m'inquiète pas pour ça. À vrai dire, il est plutôt controversé ici aussi, et on peut dire que beaucoup de personnes le soutiennent uniquement parce qu'il n’y a personne pour le soutenir à part lui-même; les autres prétendants au trône seraient bien pires. Mais nous n'avons pas une telle dictature comme l’Occident pourrait le croire. Je ne peux pas déclarer que le "régime de Poutine" est similaire au régime soviétique. Je me souviens encore de l'époque du socialisme et de l'URSS. Enfin, si l’ancien système avait été rouge sang, au moins il y aurait eu de la couleur, mais les choses n’étaient pas ainsi. Il était d’un gris terne, ennuyant, étouffant, et je pense que c'était pire que n'importe quelle autre dictature. Je ne peux pas dire tout ça aujourd’hui, que Poutine soit dictateur ou pas. Lorsque nous avons fait un concert en Biélorussie il y a plusieurs années, les gars de la région nous avaient dit que les gens pourraient y faire tout ce qu'ils voulaient, mais sans toucher à Alexandre Loukachenko. Peut-être que nous avions avancé ou même que l’on avait déjà atteint quelque chose de semblable. Bien sûr vous pouvez dire au sujet de Poutine sur Internet ce que vous désirez, car il y a une liberté totale dans ce domaine. J'ai décrit tout cela comme je le vois, mais en fait je ne me préoccupe pas de Poutine.
En ce qui concerne ces attaques racistes dont vous avez parlé, il n’y a rien d'étonnant que les gens n'aiment pas les étrangers, qu'ils se comportent de manière intolérable ou non. Vous savez, même dans les grandes villes russes, une personne peut être attaquée simplement parce qu'elle a le malheur de faire apparition dans un quartier où elle ne vit pas. Par là, j'insinue que cette personne n'est pas un immigrant et ces attaquants ne sont pas des immigrants non plus. Ces derniers sont appelés des chavs, des pauvres Blancs. Bien sûr, ce n'est pas une règle immuable, et en général, nos rues sont plutôt sans risques. Pourtant, l'expression «Quel quartier habitez-vous?" est devenue un proverbe triste ici, en Russie. Ce concert à Ekaterinbourg, auquel j’ai fait allusion plus tôt, n’a eu aucun problème avec les autorités, mais sur la fin du concert des jeunes de la région ont attaqué le club parce que ses visiteurs n’étaient pas du coin et leur semblaient avoir une apparence étrangère, tant et si bien que certains auditeurs ont été mordus. Tandis qu’Ekaterinbourg est la quatrième ville en Russie de par son nombre d’habitants, c'est vraiment une ville de premier plan industriel, commercial, culturel, tout ce que vous voulez! Donc quand j'entends parler de "l'identité culturelle du peuple russe" c'est drôle pour moi dans la plupart des cas, et ces immigrants viennent intensifier le bazar. Bien sûr, le problème n’est pas si grave, mais malheureusement, notre "culture" est si pitoyable. Vous ne pouvez pas vous empêcher de le remarquer quand vous visitez la Russie. Je ne suis pas intéressé par la politique, la mondialisation, etc., et tout ce que je puisse dire au sujet de la violence est que dans la plupart des cas ce n'est pas la conséquence d’une cause juste, mais c’est de la bêtise pure.

- Vous faites d’ailleurs l’objet de nombreuses controverses pour votre utilisation de symboles nazis (Totenkopf) ou ayant trait à l’Holocauste. Je tiens à préciser, me concernant, qu’il est tout à fait naturel pour le black metal d’utiliser les symboles du mal absolu, c’est la nature même de cet art que de transcender les artifices de la subversion. Pourtant, avec la démocratisation du black metal, cette musique tend à perdre son côté subversif et à devenir un simple divertissement démocratique comme tant d’autres. Es-tu d’accord avec cette analyse ? Que penses tu de ce nouveau fascisme des antifa qui tentent de faire interdire tous les groupes procédant d’imageries sulfureuses ? Avez-vous eu des problèmes avec votre venue prochaine en Allemagne pour le Under the Black Sun ?

Oui, ces "images diaboliques" conviennent bien à la manière de black metal en tant que symboles de destruction et de cruauté. Nous en avons utilisé depuis huit ans, mais strictement en soulignant que "Blackdeath n'est certainement pas un groupe nazi, ni un groupe politique. Nous pissons sur ceux qui pensent et prétendent cela. C'était comme une sorte de mode. En-dehors de cela nous avons utilisé l'imagerie comme une provocation artistique et à nouveau Laibach étaient nos professeurs dans ce domaine, explorant simplement leurs premières œuvres. Nous n'avons pas eu de graves problèmes en conséquence de tout cela, mais en y regardant rétrospectivement, ceci n'était pas une solution artistique sage.
Je préfère parler de la socialisation du black metal que de sa démocratisation. Chaque époque mérite son propre black metal, pour ainsi dire. Le black metal chrétien était stupide par définition, mais quand est apparu le black metal antifa, il est devenu un symptôme et lorsque le groupe au nom encore glorieux de Darkthrone cria "je suis la classe ouvrière", il s'agissait déjà d'un diagnostic. À mon avis, c'est juste le cas d’un groupe qui a dû changer de nom. Et de ce que j’en sais, le mouvement antifa semble en effet se transformer en une sorte de leur antagoniste contre lequel ils sont censés combattre. La tolérance est devenue trop intolérante, mais d'un autre côté ce n'est pas si surprenant, l'Histoire démontre de nombreux exemples d'une telle métamorphose.

- Que peux tu nous dire sur votre expérience live? Les concerts sont-ils importants pour vous ?

BD3Bien que Blackdeath se soit formé en 1998, notre activité musicale a commencé huit ans plus tard seulement. Oui, les concerts sont importants pour nous maintenant, outre l’aspect musical qui fait partie de l’alchimique Work in Black.
Et il est toujours intéressant de jouer dans d'autres villes en particulier dans les endroits qui nous sont nouveaux, mais je peux constater qu’ici, en Russie, la qualité de l'équipement sur scène, et donc un son ne dépend pas d'un endroit. Vous pouvez trouver un bon Mesa Boogie quelque part en province et un bouse totale ici à Saint-Pétersbourg. C'est toute la question d'un organisateur, de son approche du concert dont il est responsable.

- Que pensez vous de la scène française ? Y a-t-il des groupes en particulier que vous appréciez ? Comment est-elle perçue en Russie ?

Comme je l'ai dit auparavant, je n'écoute pas beaucoup de musique, mais bien sûr, votre Deathspell Omega est un super groupe. Grâce aux mp3, qu’elle soit bonne ou mauvaise, la scène française est bien connue en Russie, et est assurément de bonne réputation. Alors je suppose que votre Black Legions est encore très populaire ici, mais de ce que j’en sais, cette formation est assez controversée en France. Des groupes français ont fait des concerts ici, comme par exemple Aosoth ou Hell Militia, alors soyez-en sûr, Big Russia is watching you.

- Je te laisse le mot de la fin…à bientôt dans le pit !

Faites ce que dictent vos désirs.

 

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Commentaires (1)
1 Mercredi, 27 Juin 2012 13:05
Gérald
Super interview!!
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