Les acteurs de l'ombre

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07/03/2014 - Hail Of Bullets + Tales Of Blood + AäzyliuM @ Glazart

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FlyerSympathique fin de semaine en perspective, avec cette petite soirée qui met à l’honneur le death à l’ancienne, aux avant-postes le all star band balistique Hail Of Bullets débarque à Paris avec ses grosses chenilles de tank pour pilonner les murs bariolés du Glaz’art, fort de son répertoire musicalement commémoratif de la barbarie de la seconde guerre mondiale.

 

AäzyliuM

AAZYLIUM

Mais avant de revenir sur les heures sombres de notre histoire, un peu d’insanité sonore avec AäzyliuM et sa camisole mortifère pour matelasser sadiquement les synapses des auditeurs déjà présents, les plus en avance aussi en l’occurrence, la programmation obligeant à un minimum de ponctualité, un after show étant programmé au Black dog après le concert.

AäzyliuM

Faute de ponctualité et quelques légères minutes de retard aidant, nous n’aurons pas l’opportunité de mesurer en détail l’étendue du protocole d’annihilation instrumentale appliqué par la formation d’Argenteuil pour porter atteinte à notre intégrité auditive, tout au plus fumes-nous en mesure d’apprécier tacitement un équilibre maîtrisé entre brutalité et technique, des velléités d’élévation  atmosphérique honorables et l’implication de tous les instants d’un frontman, présent vocalement comme physiquement du début à la fin, un peu trop peut-être, ses comparses paraissant légèrement en retrait, comparativement.

 

Tales Of Blood

TALES OF BLOOD

Si AäzyliuM imprimait en grosses majuscules le label « OLD SCHOOL BRUTAL DEATH METAL » sur ces petits cartons d’invitation à la débauche de décibels qu’on appelle plus communément flyers, cette sénescence de style revendiquée ne tiendra pas la comparaison avec celle de leur successeurs de ce soir sur l’affiche, les inoxydables Tales Of Blood, dont l’ADN métallique demeure d’une stabilité monolithique en dépit des quelques changements de line-up survenus ces dernières années.

Tales Of Blood

Plus à l’ancienne que ça, il faut être né à l’ère jurassique, le death indémodablement démodé de ces vieux routiers des cimetières semble malgré tout bénéficier d’une côté d’amour immortelle auprès d’une communauté d’adorateurs irréductibles du métal de la mort de Lascaux, en pamoison impérissable devant un vocaliste qui me fera toujours penser, pardon pour lui, à une version bisounours du frontman de Mortician, sa candeur à la Candéloro lorsqu’il s’adresse à l’assistance entre les titres n’arrange rien à la farce, euh, pardon l’affaire.

 

Hail Of Bullets

HAIL OF BULLETS

Une fois l’affaire dans le sac d’ailleurs, c’est au tour de vétérans d’une toute autre trempe de refaire surface pour nous donner la leçon d’histoire tant attendue, au propre comme au figuré, chacun n’ignorant point le terrain de prédilection des super soldats de Metal blade, déjà connus pour leurs faits d’armes légendaires au sein de formations phare dans le domaine de la finesse sonore comme Asphyx, Gorefest ou Pestilence.

Ce qui frappe de prime abord, déjà, outre la longueur du soundcheck, à peu près le triple en durée de celui de leurs prédécesseurs, rien que ça, c’est la qualité et la puissance du son dès les premiers coups de semonce, l’attente ne fut pas vaine, de quoi faire de gros dégâts et on n’est même pas surpris de retrouver en responsable le désormais incontournable Simon derrière les manettes, notre petit Dan Swanö à nous, soyez en sûr.

Hail Of Bullets

Mais passé les premiers assauts d’une efficacité sans faille, on se rend vite compte que l’arme fatale de nos artificiers d’un soir c’est la totale décontraction du sieur Van Drunen, le sourire jusqu’aux oreilles le chanteur papote avec le public comme avec de vieux potes, en français correct dans le texte par moments même, ce qui s’avère très pratique pour annoncer un titre comme l’inévitable, en « territoire occupé » : « Pour le mérite ».

En dépit de la légèreté de ton du frontman, le caractère pondéral des compos ne change nullement de la version studio, Hail Of Bullets mène une campagne d’oblitération massive qui l’amène à traverser la salle de ses morceaux comme un bataillon de panzers dévasterait un village en période d’occupation, ne laissant rien derrière son passage, si ce n’est quelques victimes de surdité collatérale.

Hail Of Bullets

On aime bien perpétrer le carnage au ralenti d’ailleurs, les pointes de vitesse se faisant rare dans le camp néerlandais, au bénéfice d’une atmosphère pesante bien rendue par la tonalité lourdement enténébrée des quelques moments mélodiques incarnés par des soli presque doom dans l’esprit, prenant bien l’auditeur à la gorge tel un officier de la Gestapo en interrogatoire.

Pourtant, l’impression générale qui se dégage demeure la même que sur sillon, en dépit du sérieux et de l’ancienneté des exécutants, l’absence de prétention autant que d’originalité de Hail Of Bullets donne le sentiment d’un projet récréatif orchestré au 666ème degré, quand les activités respectives de chacun au sein de leurs groupes principaux leur laisse de la marge.

Hail Of Bullets

CONCLUSION

Un constat sans incident sur le plaisir (coupable) retiré à l’écoute de ce concert, presque un show case intimiste pour tout dire, vu le nombre restreint de die hard du bon vieux death ayant fait le déplacement pour l’occasion, gageons qu’il y aura eu plus de volontaires pour aller refaire l’histoire au Black dog en compagnie de nos historiens de choc.

Hail Of Bullets

(Galeries Photos)

Report par BHC, Photos par Gozmul

 
Commentaires (1)
1 Jeudi, 27 Mars 2014 16:54
wire
Très bon Live-Report ! Les photos sont excellentes.
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