Les acteurs de l'ombre

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The Great Old Ones - Tekeli-li

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« Tekeli-li », répètent sans cesse les Shoggoths, esclaves polymorphes créés par les Anciens pour bâtir des cités cyclopéennes nées de l’imagination fertile et torturée d’Howard Phillips Lovecraft.
C’est bien vers l’une d’elles que les Bordelais The Great Old Ones nous entraînent pour ce deuxième album au cours duquel nous partirons pour les Montagnes Hallucinées, comme nous l’annonce l’introduction extraite de la nouvelle du même nom, lue sur fond de sobre violoncelle.

Si cette manière de commencer un album est une nouveauté pour les Bordelais, on reconnaît leur son si particulier dès les premières secondes d’Antarctica qui pose le décor, musical bien sûr, mais dont le titre fait aussi référence à celui dans lequel se déroule la nouvelle. Après deux ans d’attente, c’est avec délice qu’on se laisse une fois de plus sombrer dans les fameuses vagues sonores générées par le trio de guitares et ensorceler par cette voix de conteur venu d’un autre monde. Le passage à The Elder Things est exécuté avec une fluidité merveilleuse qui laisse augurer le meilleur quant à l’architecture globale de Tekeli-li et le morceau dégage en effet une grâce aérienne qui devient aisément le tourbillon d’un blizzard hurlant.
Le jeu de coïncidence entre les titres et les épisodes narrés se poursuit dans un Awakening extrêmement lourd et sombre même au regard du reste de l’album. La symbiose entre cette musique d’une profondeur abyssale, digne des insondables gouffres lovecraftiens, et deux nouvelles récitations est telle qu’on a l’impression de sentir au plus profond de ses tripes « les choses très anciennes » qui s’extraient lentement de l’épaisse croûte de neige et de glace pour fêter leur réveil dans la destruction et le sang. The Ascend, le morceau le plus rapide et le plus court (sept minutes et vingt-sept secondes seulement !) de l’album, intervient logiquement après ce retour en fanfare, mais sa frénésie ne sacrifie pas pour autant la subtilité habituelle des Bordelais en laissant quelques secondes à la guitare sèche triste et apaisante ainsi qu’au violoncelle, assez rare pour que chacune de ses interventions sonne juste.
Behind the Mountains est la dernière étape de notre sympathique « randonnée en montagne », néanmoins, sa longueur avoisinant les dix-huit minutes suffit à nous faire deviner qu’elle ne prendra pas fin sans quelques petites surprises. Le début a beau faire la transition avec le morceau présent, on perçoit rapidement une tension subtile qui culmine en une explosion brutale véritablement horrifique au bout d’une minute et demie. A partir de là, l’auditeur sera balloté, écartelé sans pitié mais avec art entre accélérations impitoyables et ralentissements qui le caressent et l’écrasent à la fois dans un titre qui est peut-être le plus cinématographique de tous les morceaux de The Great Old Ones.

Al-Azif était déjà une grande réussite et les Bordelais continuent d’avancer sur le chemin de la perfection avec son successeur. Tekeli-li témoigne d’une appropriation encore plus aboutie et cohérente de l’oeuvre de Lovecraft, d’un véritable travail de manducation et de digestion pour que la musique de The Great Old Ones soit une interprétation musicale captivante des récits du maître et de leur atmosphère à la fois caractéristique et pourtant si dure à communiquer.

Tracklist :
1. Je Ne Suis Pas Fou
2. Antarctica
3. The Elder Things
4. Awakening
5. The Ascend
6. Behind the Mountains

Line-up :
Xavier Godart – Guitare
Sébastien Lalanne – Basse
Jeff Grimal - Chant, Guitare
Benjamin Guerry - Chant, Guitare
Léo Isnard - Batterie

Site : www.thegreatoldonesbandcamp.com

Facebook : http://www.facebook.com/thegreatoldones

 

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