Les acteurs de l'ombre

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

22/02/2015 - Cernunnos 8

Envoyer Imprimer PDF

Déjà neuf ans que le Cernunnos Pagan fest à lieu quasiment tous les ans au même endroit si ce n'est une exception pour l'année 2010 où il fût déplacé à l'Elysée Montmartre. Cela ne nous rajeunit pas mon cher Diviciacos. Il va de soit que la machine est maintenant bien rôdée même si le décor à entre temps bien changé. L'affiche du jour est fortement alléchante pour tout érudit de la scène pagan avec un trio de tête des plus prometteurs constitués de Moonsorrow, Cruachan et Svartsot.
Alors forcément tout le public est en nombre à l'ouverture pour profiter au maximum de cette journée. Enfin « tout le public » logué en permanence sur Facebook, car le païen moderne se doit d'être à l'écoute du grand tout et ne pas se fier simplement à ce qui est mentionné sur de vulgaires parchemins. Les nombreux irréductibles antiques se verront donc allégés des premiers groupes, car avant l'heure, c'est pile l'heure et ce même avec une peau de bête sur les épaules. Et oui mon cher Diviciacos, on n'arrête pas le... progrès !!!

 


LUTECE
(Lafuria)

13h20 pétantes. Piles à l’heure. C’est avec une précision démoniaque, que nous devons à l’excellence de l’organisation, que Lutèce a la lourde tâche d’entamer sur la grande scène, les hostilités de cette nouvelle édition du Cernunnos. Les responsabilités ? Lutèce s’en moque comme de sa première cervoise, la rage au ventre et la bave aux lèvres, rentre dans le tas dès les premiers riffs en dépit d’une foule clairsemée. Les risques d’ouvrir le bal… Toutefois, la salle s’emplit timidement mais rapidement, et s’imprègne de l’atmosphère du fest en un temps record. La faute à qui ? A Lutèce, bien entendu ! Lutèce, qui plonge nos esgourdes et nos mirettes dans une ambiance ténébresque et met tout le monde d’accord au bout de 2 salves, remportant l’adhésion des fidèles massés au bord de la Seine et du public, aussi aisément qu’AC/DC au Stade de France. Et pour ça, rien de plus facile pour les franciliens emmenés par un Hesgaroth toujours aussi prompt à mener la danse avec son mic à crânes. Lutèce fait parler son expérience de la scène et son sens de la composition pour emmener loin les auditeurs dans les songes de leur epic black mâtiné de Pagan. La basse est rondissimo, les blast beats sont surpuissants, les mélodies accrocheuses, et les riffs, bah, les riffs quoi ! Le groupe prend du plaisir, et le public aussi, alors, qui dit mieux ? La grosse demi-heure passe très (trop) vite, l’audience en a pris plein la gueule lors de ce set enflammé, intense, et homogène dans la brutalité et la finesse, bien aidé par un son et jeux de lights ultra pro. Sans devoir essuyer les plâtres, Lutèce était, sans conteste, le groupe parfait pour débuter ce 8ème fest sous les meilleures auspices.

 


DRENAI
(Lafuria)

C’est en évitant de se gaufrer dans l’escalier qui mène de la grande à la petite scène, que le public se presse pour assister au show suivant. Pas une seconde à perdre, le planning est chronométré et respecté à la lettre. C’est dans l’ambiance cosy de La Chaufferie que les p’tits jeunes de Drenaï, grands vainqueurs du tremplin vont pouvoir balancer leur folk aux oreilles de tous les curieux. Des curieux ? Hummm, ouais, pas totalement. Les gars, et la demoiselle, ne sont pas vraiment des petits nouveaux et possèdent déjà une solide fan base ! Et, c’est aidé de leurs supporters, que Drenaï conquerra le public entier dès les premières notes. Tassés sur la petite scène, peintures martiales sur la peau et accoutrements d’inspiration médiévale, les rouennais débutent avec une intro tribale à souhait, avec didjeridoo et percussions. L’atmosphère, déjà électrique, prend un tout autre tour avec les partitions de Nadir’s march, Eldibar, et tant d’autres, permettant à Drenaï d’exposer leur folk metal dans le plus pur esprit du Cernnunos et, surtout, de faire exploser l’applaudimètre. Car, en plus de proposer des morceaux entraînants aux riffs et mélodies estampillés folk metal du meilleur goût, les normands dévoilent une présence magnétique rare. Leur secret ? Envie, contentement, et gouaille. Et même, grosse gouaille. Leur harangue facile leur ont permis de se mettre le public dans leur poche en un rien de temps, se permettant même le luxe d’inviter l’audience à un braveheart dans 40 mètres carrés. Drenaï ne sont vraiment pas des petits nouveaux et, après avoir fait grimper la température sans ciller dans une ambiance bon enfant, reviendront certainement au fest pour orgasmer le public sans passer par la case préliminaires, et sans doute sur la grande scène. En effet, forts de leur démarche artistique aboutie, de leur puissance narrative, et de leur esprit ambianceur, les petits jeunes ( ?) sont capables d’un très très grand show. Et rien ne pourra les empêcher de nous assommer une nouvelle fois, et de se prendre une claque, comme leurs membres l’ont avoué sans difficulté après leur sortie de scène.

 


FUROR GALLICO
(Lilith79)

Les italiens de FurorGallico investissent la grande scène, par l’ampleur de leur groupe déjà (ils sont 8), mais aussi bien évidemment par l’ampleur épique de leur musique. Les découvrant, pour ma part, je suis d’autant plus attentive ; et dès les premiers morceaux joués j’ai conscience que je suis en train de me prendre une monumentale… et agréable ! claque. Quelle énergie ! Les morceaux s’enchaînent vite, cependant le chanteur prend le temps de faire quelques échanges avec le public. La communication semble importante pour eux, cependant à n’en pas douter la puissance de leur folk-métal est déjà très communicative. J’aime le contraste qu’offre le chant scream avec les instruments traditionnels : violon, harpe, flute… cela donne tout de suite un côté épique, comme un récit d’épopée ancienne. Pendant les passages plus lents, je note que la légèreté de la flute ainsi mise en valeur accentue encore plus la puissance métal des guitares. Un subtil jeu de contrastes, en somme, qui me fait dire que leurs morceaux sont efficaces, bien équilibrés. A la faveur d’un passage plus calme, le chanteur parle avec le public, l’exhorte à frapper en rythme dans ses mains, mais ceci n’est guère difficile avec une musique si entraînante ; les spectateurs sont de toutes façons « pris » dedans.J’aime le fait que la flute soit toujours plutôt bien mise en valeur ; cela accentue le côté festif et traditionnel. Les percussions sont dansantes, et les guitares métal jamais très loin… A un moment, le chanteur présente le groupe et il annonce que c’est la première fois qu’ils jouent à Paris. Ils dédient le titre à venir au public parisien donc, leur disant qu’ils veulent les voir danser ! Ce qui, on peut le dire encore, ne sera pas très difficile… pour parfaire le tout, ils trinquent à la bière, sur scène, à la santé des spectateurs. Après quoi, le morceau particulièrement dansant fait monter l’ambiance d’un cran encore, la salle est en effervescence… J’apprécie le côté traditionnel du morceau, mais très vite nous revenons à la frénésie du métal. Le chanteur annonce une chanson tirée du nouvel album, « Songsfrom the Earth ». Ce sera « Steam over the mountain », et c’est positivement étonnant de constater que, derrière toute cette puissance très métal, nous entendons malgré tout très bien la harpe ! En somme je peux dire que l’alternance des passages lents et ceux plus puissants, dans leur musique, m’aura vraiment séduite par son efficacité… et vu l’euphorie de la salle, je ne suis pas la seule ! Ils concluent leur set sur un final très épique, laissant la grande salle de la Machine baignée d’une atmosphère survoltée. Pari réussi pour les Italiens de se mettre le public français dans la poche… de leur kilt !

Set-list :
The Song of the Earth / Wild Jig of Beltaine / To the End / Curmisagios / Venti di Imbolc / La CacciaMorta / Steam over the Mountain / Banshee / La Nottedei Cento Fuochi / Ancient Rites

 


CEREVISIA
(Lafuria)

2 heures après son lancement, cette huitième édition bat son plein, tout le monde est ravi, les esprits se grisent doucement, tout se passe comme sur des roulettes, bref, le Cernnunos, c’est chouette. C’est dans cette atmosphère de climax metalleux que Cerevisia déboule sur scène devant un public tout émoustillé par les prestations précédentes. Cerevisia ne court aucun risque, et les connaissant… Tout en cuir et en peaux de bestiaux, Cerevisia, après un traditionnel prélude, se met à bastonner sans rien demander avec « Ancient Gods » puis divers morceaux plus ou moins récents, en tout état de cause la fine fleur de leur death mélodique. Emmené par son frontman aux faux airs de Marty Friedman mais avec un vrai growl de haute volée, Cerevisia déroule pour le plus grand bonheur des festivaliers, friands de la puissance épique de leurs compositions, de la technicité des mecs, et de leurs breaks menés de main de maître. Au faîte de leur épreuve de séduction, réussie sans difficulté faut-il le rappeler, Cerevisia s’autorisera un intermède plus folk d’une grande sensibilité avec « Sword’s dance » et « Summon the nightbringer ». Cerevisia est un groupe de routiers, semble très à l’aise, et ne tremble pas une seconde à l’idée de participer à un festival de l’ampleur du Cernnunos, au point de s’offrir une autre frivolité, à savoir la participation d’Arnaud de Nightcreepers, histoire de finir en beauté et en amitié. Les provencaux auront fait le job, avec envie et professionnalisme, laissant derrière eux un auditoire enthousiaste, et un regret : que le set ne se soit pas prolongé plus longtemps encore.

(Voir l'interview)


STILLE VOLK
(Lilith79)

Ayant eu le plaisir de les interviewer quelques heures plus tôt avant le début du festival, il me tardait de (re)voir sur scène le groupe des Pyrénées qui nous a déjà fait plusieurs fois l’honneur de sa présence… là, comme à chaque fois, ils en attendaient beaucoup de ce set et je suis déjà sûre, avant qu’ils en commencent, que l’énergie puissante de leur univers va être au rendez-vous. Et en effet, la grande scène se retrouve pleinement investie de leur puissance musicale et émotionnelle. StilleVolk est décidément le groupe qui ne nous laissera jamais sur notre faim… Tout commence dans le côté ancien, traditionnel de la vielle à roue rythmée par les percussions et mêlées des accords de guitare acoustique. Ils nous souhaitent la bienvenue dans la Forêt d’Arcan, l’atmosphère de rituel païen prend toute son ampleur, surtout quand s’élèvent les chœurs… Ils dédient cette chanson à la forêt. A un moment du set, nous avons l’agréable surprise de voir un guest monter sur scène : il s’agit de Keith Fay, le leader de Cruachan. Il est vraiment plaisant de le voir chanter en chœur avec eux et de jouer des percussions sur un grand tambourin ! Cela donnera un morceau traditionnel que j’ai entendu à maintes reprises de la part de différents groupes, dans différentes versions mais toujours avec autan de plaisir : la Danse de l’Ours –ainsi est-il nommé par beaucoup de formations musicales médiévales- mais ici avec StilleVolk il s’agira de « Maudat ». Il a pour le coup accentué à l’envie le côté rituel des percussions. La Danse était d’autant plus entraînante. Keith regagne ensuite les coulisses (ou la salle, je ne sais trop !) et les titres s’enchaînent, vite, voire trop à mon goût tant on a envie de s’en imprégner ! Le titre qui succède à Maudat est aussi très axé sur les rythmes, tout prend véritablement l’ampleur de danses rituelles… Il y a l’évocation d’une déité cornue… je me sens totalement transportée dans cet univers fascinant, si parlant. Dans le dernier titre qu’ils jouent, la vielle à archet particulièrement mise en valeur accentue vraiment le côté médiéval. Puis vient l’Ode à Bacchus, ils boivent à sa santé sur scène… « Buvons jusqu’à la lie ! » il s’agit du titre « Banquet », où ils chantent le plaisir de boire et manger, en parfaite harmonie avec un public déchaîné… « Buvons, buvons !!!... » dernier morceau ? Non, car le public est baigné d’une telle frénésie qu’un rappel se fait vite dès qu’ils quittent la scène. Ils reviennent sous des applaudissements et clameurs frénétiques pour conclure leur sel en beauté avec « La Danse de la Corne ». Toute la fosse danse, saute, chante… Je suis autant emballée par leur musique que j’adore que par l’ambiance de fou qu’ils ont instaurée dans la salle, tout u long de leur prestation… Magnifique !! Il me tarde de les revoir très prochainement, encore une fois… puis encore, etc. C’est vraiment le groupe dont on ne se lasse décidément jamais.

(Voir l'interview)


ITHILIEN
(Lafuria)

Les belges d’Ithilien arrivent sur la scène de La Chaufferie, nombreux certes, mais avec l’envie, une nouvelle fois, de montrer aux novices que leur notoriété n’a pas franchi les frontières sans raisons valables. Tout en folklore, cornemuses et un étalage d’instruments médiévaux, Pierre et sa bande s’avancent, sûrs de leur force, devant un public toujours plus nombreux dans ce petit espace et chauffé à blanc. Sans préambule, Ithilien montre les crocs avec le remuant et bouillant « Her wolf her beast », histoire de régler la mire et de déposer définitivement le brevet Ithilien. Ithilien, ce savant mélange de metal aux riffs percutants, de mélodies et de sonorités folk, viking, et j’en passe. Pas un foutoir, mais un dosage millimétré. Le foutoir, en revanche, est dans la fosse, car à force de saturation et de mélodies enivrantes (« Stare into the deep »), nos amis belges ont réussi à générer une atmosphère profonde propice à tous les excès, parfois à leur initiative. Pour preuve, le magnifique circle pit exécuté sur une si petite surface, ou le braveheart et sa victime expiatoire (ou suicidaire) sur le non moins fameux « Drinkin’song ». A l’instar de nombreux shows ce jour-là, la prestation durera trop peu de temps, malheureusement, mais il faudra retenir, qu’Ithilien n’a pas failli à sa réputation et aura incendié le public de leur douce fureur au cours d’une prestation, trop rare de leur part dans l’hexagone, mais heureusement très interactive.

 


SVARTSOT
(Vicomte)

A peine le show d’Ithilien terminé et nous nous retrouvons sur le devant de la main stage pour assister à la prestation de Svartsot. Une chose est sûre, les danois de Svartsot sont très attendus aujourd’hui. En écoutant ci et là les discutions avant le début du concert, certains ont même fait le déplacement spécialement pour ce premier concert en France. Musicalement, ces scandinaves mélangent le death et le black metal avec un apport de musique folk, de quoi enflammer le pit. Le groupe démarre tout juste que la fosse se déchaine et ce sera un enchainement de pogos, Wall of Death et autres slams jusqu’à ce que le groupe quitte les planches. Nous aurons même le droit au plus grand circlepit du festival qui s’étendit jusqu’aux extrémités les plus éloignées de la fosse.Forcement cela ravit le groupe qui semble heureux d’être présent et qui par cet engouement en rajoute une couche sur les planches. Surtout le chanteur, Thor Bager qui sait mener son public.La formation nous propose une prestation de qualité, rien à dire il maîtrise la scène tant par leur dynamisme que par leur qualité de jeu. Leur style n’est certes pas le plus complexe mais c’est bien réalisé et diablement efficace. Le son est assez correct aussi, ce qui nous change de la salle du bas.Les nordiques nous proposeront ce soir trois titres de leur dernier album nommé « Vældet » : « Midsommer », « Moder Hyld » et « Kilden – I Marker og i Lunde ». Le disque ne  sortira que le lendemain dans les bacs. Ces morceaux sont bien calibrés pour la scène et le public le démontre avec enthousiasme.Une fois le concert achevé, la foule toujours présente est écartée afin de laisser place à la démonstration de combat.

 (Voir l'interview)


LES COMPAGNONS DU GRAS JAMBON
(Lilith79)

C’est –hélas !- dans la petite salle de la Machine que je vais enfin découvrir sur scène les Compagnons du Gras Jambon, après avoir eu le plaisir de les interviewer dans l’après-midi et ainsi m’être un peu familiarisée avec leur univers… Un univers médiéval et festif dans lequel je me sens déjà totalement à l’aise. Je dis hélas, car je sais d’expérience que la petite salle est souvent peu apte à contenir beaucoup d’ambiance et d’énergie… et cela se vérifiera encore ici ! Enfin qu’importe, bien installée tout près de la scène, je me laisse entraîner dans la beauté festive de leur musique, bercer par l’art, enfin « Lard de divertir les Gens Bons ! » Les ambiances se posent peu à peu, habilement… tout commence par un solo de cornemuse, ensuite la volupté du luth, et, très progressivement : des percussions qui arrivent et le côté dansant qui s’accentue petit à petit… Et enfin, la pleine présence de l’irrésistible envie de danser et c’est là que l’on déplore le manque de place dans cette petite salle. Dans tous les titres des Compagnons, nous avons un côté narratif, une histoire, des contes… c’est bien le cas par exemple avec un morceau des pays scandinaves évoquant un chevalier s’étant fait capturer par des trolls. Leur musique a également un côté irrésistiblement participatif, et cela tombe bien vu qu’ils invitent les gens à chanter avec eux sur « Bonsoir Maitre de la Maison » : sur le principe des chansons bretonnes, les gens reprennent en chœurs des paroles chantées, à leur suite. Au final, on ne s’en sort pas mal et cela donne un ensemble plutôt réussi ! Après quoi, ils annoncent une chanson plus douce… et en effet, ce sera le cas avec « PocVecem ». Ce titre est beau, axé sur le chant et les instruments traditionnels comme le luth… Un contraste effectivement avec leurs autres titres plus festifs, mais cela est appréciable. Au cours de l’interview, j’avais effectivement appris sur le fait qu’ils aimaient aussi par moments jouer sur un registre plus émotif. Ensuite, avec le morceau « Ecce MundiGaudium », nous revenons à des atmosphères beaucoup plus bondissantes et festives,  et j’apprécie d’entendre des chants en latin ! Puis, avec « NauGojatasaCastelnau », ils vont de nouveau nous faire participer et chanter… Il y aura deux lignes de chant pour répéter les paroles à leur suite ; une pour les hommes et une pour les femmes… et au final, cela rend plutôt bien aussi ! Enfin, avec « In Taberna », ils jouent sur des rythmes encore plus frénétiques, l’ambiance surchauffée monte encore de quelques crans sur cet air –traditionnel et entendu plusieurs fois pour ma part dans le registre de musique médiévale- dont leur version est dansante en diable… L’ambiance est telle qu’évidemment un rappel ne se fait pas attendre ; et celui-ci se fera avec un morceau scandinave, plus calme : « HerMannelig ». Là encore, il sera question de légendes et trolls…Ce titre est vraiment efficace pour conclure leur magnifique set, l’accent est plus mis sur la voix, les émotions. En somme, j’espère vraiment les revoir un jour, très vite, dans un espace plus conséquent pour savourer pleinement l’ampleur de leur musique, si riche de danses, rythmes et histoires !

Set-list :
Suite Plinn / VillemannOgMagnhild / Bonsoir Maitre de Maison / PocVecem / Ecce Mundi Gaudium / NauGojatas a Castelnau / In Taberna / Her Mannelig

(Voir l'interview)


CRUACHAN
(Vicomte)

Après une pause bien méritée, le temps de faire un tour des différentes échoppes et d’échanger nos impressions sur les groupes avec plusieurs personnes et nous voici de retour devant la scène principale. L’assemblée semble plus fournie que précédemment. Normal me direz-vous à cette heure avancée du festival. De plus, il s’agit cette fois d’une légende du style avec LE groupe fondateur du folk métal, l'ayant créé au début des années 1990. Le groupe mélange allègrement un heavyblackisant avec des instruments traditionnels tels que le bodhrán, les tin-whistles ou autres flûtes. Ces highlanders des temps modernes nous viennent tout droit d’Irlande. Leur dernier album « Blood for the Blood God” est sorti en fin d’année dernière chez Candlelight records.Les irlandais nous ont préparé une setlist très axé sur leur dernière production tout en n’omettant pas d’y intégrer les incontournables classiques. Karen Gilligan a même fait le déplacement afin d’assurer ses prestations, enfin "assurer" n’est peut-être pas le bon terme car son chant clair n’était pas suffisamment appuyé par rapport aux albums. Nous retrouverons donc du côté des nouveautés « Born for War », le terrible « The SeaQueen of Connaugh », “Prophecy”, “Pagan” qui est le bonus track sur disque, “Marching Song of FeachMacHugh” et “Blood for the Blood God”.

L’ambiance dans le public est très chaleureuses. La foule danse au gré des morceaux et reprend en chœurs les paroles du chanteur. Cela contraste avec le show de Svartsot quelques minutes plus tôt où la guerre régnait au même endroit.La foule reste présente pour le spectacle de la troupe de danseuses qui arrivent sur les planches pour nous envouter dans un spectacle des plus charmant.

 (Voir l'interview)


THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT
(Lilith79)

Retour à la petite salle… cette fois pour redécouvrir, avec grand bonheur, un groupe que j’adore et que je n’avais eu l’occasion de voir qu’une seule fois sur une scène parisienne, en 2008 lors de la troisième édition du Cernunnis. Il s’agit du duo Hongrois The Moon and the Nightspirit, et là pour l’occasion ils sont accompagnés d’un bassiste et d’un percussionniste (leurs musiciens de session), et je ne me que me laisser envoûter par leur musique que j’adore depuis des années, que je connais surtout sur album donc, et je pense que les voir en live ne peut être que du bonheur. Et c’est bien le cas ! L’intro est assez dépouillée et pose en douceur les atmosphères de légendes dans lesquelles ils vont nous emmener. L’ambiance est feutrée et solennelle avec « Mohaszentély » qui met d’emblée la voix féminine, si éthérée, en valeur. Les percussions se font assez discrètes pour soutenir les mélodies et les accords de violon qui pleure sa délicatesse entre les doigts agiles de la chanteuse, avec cette façon si particulière d’en jouer en le tenant à la verticale contre sa poitrine…L’introduction de la chanson «Alkonyvarázs », si douce en accords de guitare, permet d’accentuer toute la dimension rituelle et émouvante de leur art. Ce morceau… je l’aime tellement, car c’est avec lui que j’avais découvert ce duo magique, sur un sampleurElegy à l’époque ! Après la douceur rituelle de l’intro, place aux percussions et rythmes plus enjoués, à cette danse pleine de légendes… ce morceau que j’ai écouté mainte fois en boucle sur album, je le (re)découvre avec plaisir en live, il prend une dimension assez différente je trouve. Le titre suivant, «Álomszövo», est un extrait de leur nouvel album, et j’aime l’intro assez dépouillée et rythmée, peu à peu le titre s’enrichit d’ambiances et de lignes de chants mystiques ; celle du chanteur déjà, puis vient celle si irréelle de la chanteuse. Je me laisse totalement bercer par les rythmes lents et les douces mélopées… L’émotion et le rêve me gagnent, plus rien ne semble exister si ce n’est l’incroyable pouvoir évocateur de leur musique.
Leur set sera bien équilibré entre des morceaux plus anciens et ceux destinés à présenter leur nouvel album, donc. J’ai apprécié qu’ils jouent des titres des albus précédents tel «ÉgFelé » où le duo de voix, en live, prend un côté encore plus magique et rituel… ou encore comme « Örökké » qui nous fait toucher avec émotions les ailes d’une féérie pure. Et j’ai aimé découvrir le dernier album dans toute sa dimension rituelle et fascinante avec le titre qui conclura le set (et le deuxième rappel !) : « Bolyongó ». Dans ce morceau, on a quelque chose de vraiment envolé, puissant, et toujours plein de délicatesse comme si les légendes des contrées hongroises ne pouvaient que se murmurer dans un écrin de beauté… Que dire de plus ? Sonnée, rêveuse, submergée d’émotion, je quitte la petite salle en reprenant tant bien que mal mes esprits, positivement bouleversée par toute cette magie narrative… en espérant recroiser leur route bien vite, entre deux battements d’ailes de fée et deux secrets murmurés par la Nature à laquelle ils rendent si magnifiquement hommage depuis toutes ces années.

Set-list :
Mohaszentély / Égnyitó / Alkonyvarázs / Álomszövo / ÉgFelé / Örökké / Zöldparázs / MagbanAlvó / RegõRejtem / TücskökAzAvarban / Bolyongó

 (Voir l'interview)


MOONSORROW
(Vicomte)

Nous voici déjà arrivé au dernier groupe à l’affiche de cette huitième édition du Cernunnos Pagan fest, la journée nous a paru passer bien vite comme chaque année même si la fatigue commence à se ressentir à cette heure avancée.La foule est déjà bien assemblée dans la salle plusieurs minutes avant le show, il faut dire que les finlandais ne sont pas passés par la France depuis 2012 et qu’il s’agit tout le même de leurs vingt ans de carrière. Le groupe arrive alors sur le devant la scène et se lance pour une prestation de soixante-quinze minutes avec une sélection choisie parmi leurs titres les plus épiques.Le public semble apprécier et commence à s’agiter au gré des morceaux. Moonsorrow nous propose comme à son habitude un concert très équilibré et très pro. Le son est de bonne manufacture et permet de s’immerger pleinement dans la musique.Il n’y a pas grand-chose à ajouter tant ils maîtrisent la scène. Par contre comme final, leur musique basée énormément sur les atmosphères et une ambiance assez lente n’était peut-être pas du meilleurs choix pour terminer cette journée. La fatigue se fait d’ailleurs ressentir chez certain qui quitteront la salle bien avant la fin du concert.Heureusement pour le groupe, des vaillants s’agitent toujours dans la fosse, de manière presque mécanique, certains continuent toujours de pogoter allègrement sur les passages les plus atmosphériques. Le reste de la foule profite du show de façon plus contemplative mais néanmoins attentive. Pour avoir sa dose de morceaux épiques, de chœurs magistraux et de beaux instrumentaux folks, c’était Moonsorrow qu’il fallait voir aujourd’hui.

(Voir l'interview)


 

Après huit ans d’existence, le Cernunnos réussit à maintenir sa position de festival incontournable de la scène pagan sur la capitale. Cela même si la fréquentation nous a semblé moins importante que les précédentes éditions. Nous regretterons toutefois que cette année fut plus calme et folklorique qu’auparavant, nous aurions apprécié quelques groupes plus extrêmes à l’affiche. Il en reste néanmoins l’occasion de passer une journée dépaysante en parallèle des concerts habituels.

 



(Voir toutes les photos)

 

Margotton Lutherie, entretien avec Benjamin
L'atelier du troll, entratien avec Yeelen
L'échoppe Médiévale, entretien avec Emmanuel
Rêves d'acier, entretien avec Marc
Kirkienes sarl, entretien avec Quentin

 
Bannière

Recherche

Prochain concert de l'asso

Pas de concerts.
Twitter Image
Facebook Image



Partenariat

Petites annonces du forum