Les acteurs de l'ombre

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Opium Dream Estate - Summon the Straw

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Et encore un nouvel article pour mon ami Sébastyén D. et son projet solo Opium Dream Estate… Parallèlement à cela, comme je l’avais dit auparavant, il a d’autres projets collectifs ; mais c'est avec celui-ci que j'avais découvert son univers en 2011. Opium renferme tout l’aspect le plus néofolk/dark de son travail, et je pense l’avoir déjà expliqué dans les précédents articles le concernant ; et donc je vais me pencher à présent sur Summon the Staw qui va renfermer d’autres influences, d’autres discrets hommages (car son univers reste très personnel d’album en album en dépit de ses influences…) qui vont cette fois-ci l’éloigner un peu des frontières mêmes de la néofolk… nous voyagerons par de vastes champs de blé écrasés de soleil, par les plaines de l’Amérique du Nord et… et oui, je sais, vous vous demandez probablement là où je peux bien m’égarer encore. Je vais tâcher de dépeindre et d’expliquer cela au mieux !

Si je vais en venir à parler de l’Amérique du Nord et de sa country-folk, de son blues, c’est parce que pour cet opus, Sébastyén montre des influences d’un chanteur de country alternative que lui et moi apprécions tout particulièrement : David Eugene Edward (que je vous encourage en passant très vivement à découvrir si vous ne connaissez pas encore…) ; avec Sixteen Horsepower puis Wovenhand, ce musicien du Colorado a crée un blues-rock alternatif des plus appréciables, teinté de mysticisme, toujours entre ombres et lumières. Il est donc devenu avec le temps une source d’inspiration pour Séb ; faisant évoluer (en tous les cas pour ces morceaux récents) son projet Opium dream Estate de la néofolk à la country-folk… J’ai d’ailleurs déjà évoqué tout cela dans ma précédente chronique, « Beautiful Thongs Don’t Die ». Cet aspect était déjà là pour trois titres… Et ici, on a donc toujours cette inspiration certes, et de surcroît, il lui rend hommage en reprenant l’un de ses titres de l’époque Sixteen Horsepower : « For Heaven’s sake » ; et il en rend bien toute la dimension rock et les lignes de guitare très blues, mais aussi le côté mystique et habité dans le chant. Connaissant moi-même bien l’univers de David Eugene Edwards, je me réjouis qu’il se retrouve dans les sources d’inspiration de Sébastyén…lorsque j’écoute ses compos personnelles, inspirées donc du musicien américain, je me rends compte à quel point cela colle bien à son univers de base.

A chaque album d’Opium Dream Estate, il se trouve que j’ai un coup de cœur particulier, or là parmi ces six titres j’ai vite trouvé celui qui m’avait le plus touchée. Il s’agit du troisième, « Heathen Rain », avec son chant teinté d’onirique mélancolie. J’aime aussi le rythme de percussions lent et obsédant qui charpente tout le morceau, et l’intensité qui monte dans l’émotion à certains passage, dans les inflexions de la voix…Notons aussi, pour renforcer le côté hors-temps/onirique, l’utilisation d’un sample de chœur féminin, qui est tiré d’une œuvre d’Hildegard von Bingen : «Canticles of Ecstasy »… l’effet est tout à fait saisissant, cette aérienne nappe médiévale par-dessus la guitare bluesy… cette chanson m’a vraiment émue et elle constitue vraiment, je crois, ma préférée de l’album. Le texte est également plein de poésie. Voilà pour mon gros coup de cœur, bien que j’ai aimé, aussi, «As I Lay Dying », et son côté un peu plus dépouillé au niveau instrumental, qui renforce la douce mélancolie du chant… Morceau teinté de rêves aussi, mais se rapprochant pour le coup un peu plus de la néofolk que je lui ai toujours connue, bien que les accents country-blues soient aussi discrètement là. La plaine d’herbes séchées, toute écrasée de soleil, la poussière et la douce odeur du foin ne sont guère loin…Par exemple, avec le titre « O Death » que j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’écouter en live, je ressens tout à la fois l’influence country nord-américaine que je viens d’évoquer, mais également la personnalité de Sébastyén, que je commence à bien cerner depuis le temps… Ce titre me plait par son intro très country, avec un chant aux inflexions plutôt différentes de ce que j’ai pu écouter jusque-là… l’aspect nettement ‘bluesy’’ ne dément pas les influences précitées, néanmoins l’originalité et la spécificité sont bien là.

Sébastyén D. se laisse guider par ses instincts, influences et inspirations et il le fait bien. Je suis heureuse de voir qu’il confirme donc son goût pour la country-folk alternative, ce qui était donc déjà en place dans ma chronique précédente pour « Beautiful Things don’t die », comme je le disais. Pour la suite, je ne sais encore trop quels chemins d’inspirations, souvenirs et rêves il nous fera prendre, mais… j’ai hâte de le savoir. Affaire à suivre, dirais-je encore une fois, je sais, je me répète…

http://opiumdreamestate.bandcamp.com/

 

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