Les acteurs de l'ombre

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Electric Press Kit - Low Cost

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Ce qui me plait dans le fait de suivre un groupe d’un album à l’autre dans mon travail de chroniqueuse, c’est que cela permet de suivre le parcours, les évolutions des artistes… Et j’ai une certaine satisfaction à le faire avec des projets français qui reflètent quelque chose de vraiment bien et porteur dans la scène alternative française, tel le duo Electric Press Kit. Plusieurs fois déjà, j’ai évoqué ici le travail de ce duo post-punk, et me voici avec « Low Cost » qui constitue une nouvelle page musicale pour Emmanuel (chant, guitare et programmation) et Jef (basse). D’EP en albums, ils ont su affirmer un style très ancré dans le punk, la coldwave, tout gardant pied assez sûrement dans notre époque contemporaine… Comme je l’ai déjà dit au fil des articles que j’ai pu rédiger pour eux, donc, j’aime cette fusion passé-présent qu’ils ont pu réaliser. « Low Cost », le titre de ce nouvel album, m’interpelle… car il s’agit là d’un élément bien ancré dans le présent, tant de choses peuvent être « low cost »… nos voyages, nos courses…nos salaires aussi ! Les problématiques sociétales ayant inspiré les artistes de la grande époque du post-punk ne sont-elles finalement pas… assez récurrentes ? Si notre société est belle et bien en crise depuis plus de trente ans, je pense que la musique n’a pas fini d’y répondre…

« Lost in a lost world » donne d’emblée le ton avec des guitares froides et abrasives à souhait, une batterie rythmée et rapide, discrètement en fond pour charpenter tout ce morceau évoquant à quel point on peut être perdu dans ce monde. Le chant exprime des émotions plutôt désenchantée tout en ayant une énergie assez rock, avec des effets de backing vocals féminins, par moments, plutôt intéressant. Ce titre me plait et me met en confiance pour la suite, et parmi les onze titres de cet album, bien que je les ai appréciés dans la globalité, certains ‘accrocheront’’ positivement mes oreilles plus que d’autres… Ainsi, je retiendrai le titre éponyme « Low Cost » qui résume bien toute la problématique soulevée, finalement, d’une société perpétuellement en crise… j’aime le rythme vraiment punk, la basse et la batterie très caractéristiques qui charpentent ce morceau. De surcroît, le chant est en français et j’apprécie cela –bien que j’aime aussi les entendre en anglais- mais là du coup le message passe encore mieux : « Ta vie c’est du low cost, il faut t’y habituer »… chante Emmanuel, et on retrouvera des constats réalistes et amers sur toutes les paroles. Et vraiment, ce rythme punk assez ‘énervé’’ convient à merveille… Pour le titre suivant, « Everybody loves you in hell », on change de rythme car là c’est bien plus lent, plus coldwave, et nous plonge dans des nappes plus mélancoliques… J’ai vraiment apprécié cette chanson aussi.

Il y a également « Où que tu sois », chanté avec Sandra C., que je connaissais déjà puisqu’il était sortir sous la forme d’un EP deux titres que j’avais chroniqué précédemment… je vous renvoie donc à mon article précédent et je réaffirme ici que j’ai aimé ce duo de voix sur fond instrumental très froid, rythmé et mélancolique à la fois. A noter qu’il se trouve ici en deux versions… Et sinon, je retiendrai le  côté très punk de « Les choses ne s’arrangent pas » par la batterie et la basse très présente, il y a à la fois un côté frénétique et dénué d’espoir… la colère le dispute à l’amer désenchantement. J’ai aimé aussi la très longue intro instumentale de « La rivière », tout à la fois dépouillée et évocatrice, avant qu’un chant en français imprégné de mélancolie apparaissent dans ce courant, ce courant froid de rivière effectivement… Et que dire de « Black Cat », si ce n’est qu’au-delà de l’image délicieusement gothique que peut renvoyer un chat noir, on a un titre qui traduit bien les heures si belles du goth des années 80, tout en distorsions, rythmiques, guitare électrique et chant teinté de noirceur ?

En somme, je ne peux que retirer de la satisfaction à m’être occupée de la nouvelle production de ce groupe car décidément, au fil du temps et des albums, je ne suis pas déçue. Je trouve même que leur son évolue et se peaufine, que le style s’affirme. Si je compare cet opus aux tous premiers, je sens une nette évolution. Les compos sont plus riches, je trouve, et même plus ancrées dans des effets de basses, distorsions, dans les grincements des parties de guitare très « Electric » pour le coup, comme en écho à l’amertume grinçante de décennies où la société conserve finalement beaucoup de problèmes récurrents, permanents… Une réponse en musique froide à l’amertume désenchantée…tant mieux pour nos oreilles, tant pis pour nos vies « Low Cost », la musique est là ! Et l’inspiration sera toujours. Groupe à suivre, projet à écouter d’année en année…

Label : Blu-Crush Records

http://epkofficial.free.fr/

https://www.facebook.com/pages/Electric-Press-Kit/161825120506472

https://soundcloud.com/electric-press-kit

 

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