Les acteurs de l'ombre

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Déluge - Æther

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Vous trouvez qu’on commence un peu à se perdre dans l’arborescence foisonnante des sous-catégories du métal ? Bien. Je vous présente l’ « untrve french black metal ». C’est aux Lorrains de Déluge qu’on doit cette appellation auto-décernée pleine humour. Le groupe, né en 2013 et déjà auteur de la démo Mélas | Kholé, tente en effet la démocratisation de l’extrême : du black metal que même nos mamans pourront écouter. Pour mener à bien cette dédiabolisation, Déluge a sorti son premier album en septembre 2015 chez Les Acteurs de l’Ombre Productions. Æther, dieu grec primordial père de la Mer, l’Océan et le Flot, constitue donc un titre des plus appropriés pour cet opus.

Sans le moindre préavis, Avalanche nous submerge alors que la batterie pilonne consciencieusement nos tympans dans ce qui m’évoque plutôt une tempête grêle. Il est évident que les Lorrains en ont dans le ventre comme dans les doigts et que l’épithète « post-hardcore » n’a pas été volée. Cependant, il est aisé de prévoir la structure d’Appâts ou Mélas | Kholé et ce dès la première écoute : le coup de la vague scélérate ne prend qu’une fois par surprise. Ce premier tiers donne donc l’impression d’être quelque peu lisse et primaire, même si Déluge n’a rien d’une bande jeunots en mal d’exutoire pour leurs pulsions pubescentes ou de musiciens versés dans la technique mais dénués de souffle créateur.

Puissant sans avoir besoin de se déchaîner aussi ostensiblement, Naufrage suscite déjà plus d’intérêt. Toutefois, c’est là qu’est apparu mon principal problème avec Æther : le chant. Nier le coffre  et l’énergie de Maxime Febvet serait de la pure mauvaise foi, seul le goût personnel se dresse comme obstacle à son appréciation. Un obstacle unique, mais malheureusement insurmontable qui m’a empêchée de véritable rentrer dans l’opus. Autre point épineux, le sample de pluie rabâché à l’envi m’a passablement agacée par sa symbolique pesante. Le nom du groupe, la cover et la tracklist suffisent pour mesurer l’importance de l’élément aquatique, un fil rouge plus subtil aurait probablement pu être trouvé sans trop de difficultés.

Ces deux points mis à part, les morceaux s’approfondissent et s’épanouissent véritablement alors qu’on avance dans l’album. Déluge montre tout son potentiel sur la longueur et Houle, Klarträumer ou Hypoxie forment à mes yeux le trio de tête. La première peut se targuer d’une fin somptueuse par laquelle on se laisse irrésistiblement happer malgré la violence qu’elle inflige. La seconde permet de savourer un crescendo subtil parfaitement amené. La troisième est pour moi la plus aboutie car elle trouve l’équilibre idéal entre la vélocité viscérale des cordes, de la batterie et la mélancolie insufflée par le piano et des chœurs discrets, chacune nourrissant et magnifiant l’autre.

Un premier album coup de poing dont le début un peu simpliste est peu à peu englouti sous des compositions nettement plus travaillées où l’on entrevoit le potentiel de Déluge. Les Lorrains esquissent une identité oscillant habilement entre remous et eaux claires qui ne demande qu’à s’étoffer.
Nos mères apprécieront-elles Æther ? Pas sûr. Je suis en revanche convaincue que Déluge doit être impressionnant sur scène et ne manquerai pas d’aller me faire noyer à l’occasion.

Tracklist :
1- Avalanche
2- Appâts
3- Mélas | Kholé
4- Naufrage
5- Houle
6- Klarträumer
7- Vide
8- Hypoxie
9- Bruine

Line-up : 
François-Thibaut Hordé: Guitare

Maxime Febvet : Chant

Richard de Mello : guitare

Frédéric Franczak : basse

Benjamin Marchal : batterie

Facebook : https://www.facebook.com/wearedeluge

Bandcamp : http://wearedeluge.bandcamp.com/

Les Acteurs de l’Ombre Productions : http://www.lesacteursdelombre.net/productions/v2/?page_id=3194

 

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