Les acteurs de l'ombre

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Abbath - Abbath

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L'effet de souffle du split et de la scission entre Abbath et Immortal ont touché de plein fouet tous les fans des norvégiens. Du coup la plus rapide des deux parties en conflit revient a Abbath. Grand bien lui en fasse. Car l'engouement était tel pour lui dans un passé très proche que la pression pouvait etre grande devant ce nouveau chapitre de sa carrière.
Animé par un véritable engagement vis à vis de ses fans, voulant donner du sens à sa vie personnelle et bien décide à surfer sur ce retour de flammes, il a patiemment accepté la révolte interne qui secoua Immortal. Il a accepté la révolte interne, c'était une question d'hygiène mentale. D'ailleurs, on sent qu'il a su se déconnecter du monde pour se le réapproprier et comme terminer ce qu'il avait commencé après "All Shall Fall". L'engouement que suscite Abbath est-il à la hauteur de ce qu'il a donné lors de ses concerts en Finlande et en France l'année dernière ? C'est dans ce groupe au nom de son patronyme qu'il va se lancer, mieux qu'une carrière solo, un véritable groupe même si le batteur a malheureusement déja quitté le navire.  King Ov Hell fait partie de l'aventure. Sur le morceau d'ouverture on peut ressentir un feeling death metal dans les riffs ce qui constitue une bonne surprise. L'album se rapproche globalement de" All shall fall" et constitue en quelque sorte une passerelle pour l'après Immortal. On est dans un créneau black metal typiquement norvégien avec une tendance heavy par moments. Il ne parait pas si  loin le temps de "Pure Holocaust" ou encore "Battles in the north" à l'écoute de cet opus. On retrouve ici une pincée de "At the heart of winter" et aussi de I son autre groupe après la première séparation d'Immortal. La variété des compositions est le point fort tout comme le jeu de batterie de Créature alias Kevin Foley issu de Benighted. Le talent de l'homme de Bergen réside une fois de plus dans cette capacité à créer une atmosphère glaciale. Les mélodies rappellent bien entendu Immortal et c'est normal à l'évidence. Eikemo de son vrai nom a su imposer un son colossal sur cette galette. Les mid tempi font mouche. Quant aux blast beats vous allez être servis. Les vocaux restent la marque de fabrique et peu peuvent l'imiter avec justesse. Winterbane est un des meilleurs morceaux qu'il ait pu composer jusqu'à présent. La basse a son importance sur ce titre. L'aspect thrash se ressent dans la section rythmique. Les mid tempi comme Ocean of woods ont tout à fait leur place ici et s'intègrent à merveille. Les blasts sur Ashes ov the damned donnent de l'espace à des cuivres. La lourdeur s'invite bien souvent pour notre plus grand plaisir grâce à King. Le blizzard issu du grand Nord va encore intervenir et il sera froid et violent et il viendra rompre le silence des forets enneigés. Les riffs sont puissants, rapides : un véritable cataclysme. Nul virage musical ici, le combo continue sur sa voie et cette honnêteté est à saluer.

Au bout des quarante minutes on ressent un bond en avant dans la carrière du norvégien du grand Nord. Confronté à sa nouvelle liberté, Abbath va et cela se ressent réinventer petit à petit sa nouvelle carrière artistique. Parfois, on peut se dire qu'il ne sait pas de quoi sera son instant d'après. A partir de là c'est un vrai luxe cette nouvelle voie. En outre, le début des années 90 se fait la part belle ici. Il est aussi à noter une pochette assez menaçante qui retranscrit fidèlement la musique. Une vraie réussite pour ce début d'année !

 

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