Les acteurs de l'ombre

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Chroniques

Taake - Stridens Hus

Envoyer Imprimer PDF

Taake avait dès le début de sa carrière bien marqué les esprits avec sa trilogie « Nattestid/Over Bjoergving/Hordalands ».
Et c'est aussi une surprise sur le précédent album sur le morceau «Myr» où un banjo intervient en plein milieu sans crier gare.
«Stridens hus» est paru le 8 decembre 2014 chez Dark essence records.
Il fut enregistré au Conclace earshot studio. 
Il s'agit du sixième album album studio du projet d'Orjan Stedjeberg plus connu sous le pseudonyme d'Hoest clamant son amour pour le Norsk svartmetal. Taake signifie littéralement brouillard pour rappel.

Le groupe présente ici sa propre interprétation du black metal norvégien c'est à dire bourré d'anciennes atmosphères agrémentées d'une production fidèle au style.
La non présence du soleil, la lune, l'automne et l'hiver demeurent les thèmes de prédilection de Taake.
L'agressivité est le maitre mot pour le répertoire de notre homme de Bergen. Les riffs toujours glaciaux font une fois de plus mouche. Taake n'est jamais tombé dans les clichés du black metal satanique. Ce nouvel opus est le plus direct depuis «Nattestid». Là où Hoest excelle c'est bien sur scène. A chaque fois que j'ai assisté à l'un de leurs nombreux concerts je fus conquis.
«Det fins en prins» est un bon exemple de ce que le groupe peut produire de mieux : énormément d'atmosphères sombres et de changements de tempo en font un morceau à part.
«Stank» conjugue très bien les mid-tempi avec les blast-beats. Ce qui est remarquable avec ce collectif c'est cette capacité à éviter la brutalité à outrance. Et justement, on peut très bien songer que les compositions ne sont jamais brutales ni paisibles dans un autre sens du terme. Une mixture quasi inégalée actuellement dans cette scène scandinave et un statut ô combien respecté.
«En sang til sand om ildebrann», l'atmosphérique prépare le blast qui intervient avec force sur «Konsgaard Bestaar» Les prouesses vocales d'Hoest sont tout bonnement phénoménales. «Vinger» clôture le CD de facon surprenante. Le son s'avère plus heavy du coup. Il n'en reste qu'il s'agit d'un très bon morceau assez atypique de son répertoire. La musique est entraînante et mélodique et de temps en temps s'invite une petite expérimentation ici et là.

En définitive, "Striden Hus", comme peut l'indiquer sa traduction "La maison de la controverse" est tout sauf un opus prévisible. Taake sait évoluer et ce dans le bon sens du terme. Son rythme de trois années entre chaque album semble un choix déterminant car l'inspiration est à chaque fois de mise. Leur art black metal se veut à tout point original et très personnel. Sur cet album les atmosphères ont encore été plus approfondies que d'habitude. Cette nouvelle galette est complète et remplie du talent de son créateur et de ses coéquipiers. Cette nouvelle expérience est encore plus prenante que sur "Noregs Vaapen".


Tracklist
Gamle Norig
Orm
Det Fins En Prins
Stank
En Sang Til Sand Om Ildebrann
Kongsgaard Bestaar
Vinger

Label : Dark Essence Records
 

Cadaveria/Necrodeath - Mondo Oscuro

Envoyer Imprimer PDF

 

Je n'aurai jamais imaginé recevoir un beau jour une aussi belle leçon de violence black/thrash et de destruction de la part de nos genois préférés de Necrodeath associé à une autre d'un style plus dark metal j'ai nommé Cadaveria pour la sortie d'un EP atypique. Le dernier opus pour Necrodeath avait  été livré en 2014 et se nommait «The Seven Deadly Sins». Jusque là le combo avait offert des albums de qualité inégale : certains excellents d'autres plutôt sympathiques.
Dans la génération de Necrodeath on retrouve au niveau du territoire Schizo, Sadist, Aborym, Mortuary Drape, Opera IX, Cadaveria, Art Inferno pour n'en citer que les plus en vogue. Le groupe avait pour nom à l'origine Ghostrider en 1983. Juste après la parution de leur démo, le changement de patronyme intervient pour celui d'aujourd'hui. Leur premier album «Into The Macabre» reste encore de nos jours un très bon premier jet avec ses atmosphères issus de l'univers de Lovecraft. Un deuxième opus bien plus brutal intitulé «Fragments Of Insanity» paraît en 1989 et dans un même temps Necrodeath se dissout pour une bonne période de dix années. Le retour s'effectue sous les meilleures auspices avec la signature du label Scarlet. Ce dernier repressera d'ailleurs leur premier CD. «Master Of All Evil» sort la même année. 
Avec le temps on peut quasiment parler de légende Black/Thrash italienne.
Pour Cadaveria comme beaucoup le savent il s'agit du projet solo de l'ex chanteuse d'Opera IX qui vole de ses propres ailes depuis 2001. Son dernier LP remonte quant à lui à 2014 et s'intitule "Silence".
Son horror metal est de bonne facture et sa carrière bien étoffée avec ses cinq albums studios. Elle est quasiment à proprement parler une des toutes premières chanteuses à voix black ce qui en fait une référence en la matière. Toutefois peu de concerts et encore de tournées la laisseront le plus souvent dans l'ombre et siéger dans l'underground pour le plus grand plaisir des puristes de l'art black metal.

Cet EP split sorti en septembre 2016 a la particularité de nous présenter deux combos très proches humainement parlant l'un de l'autre.
Ici chaque combo dispose de trois titres pour convaincre. Il s'agit pour chacun d'entre eux d'interpréter une compo de l'autre, de jouer un inédit et enfin nous faire découvrir une reprise. Le jeu en vaut-il la chandelle ? A en juger de prime abord il y a de grandes chances pour que cela soit un bon moment plaisant et rafraîchissant.
Necrodeath nos offre une bonne interprétation d'un morceau de Cadaveria intitulé «Spell» la chanson qui débute le premier essai "The Shadows' Madame" des blackeux. De son côté Cadaveria s'approprie «Master Tenebrarum» des genois issu de «Into The Macabre» et cela donne un bon résultat black atmosphérique gothique. Il est à ajouter que cette piste voit l'apparition de Lindsay Schoolcraft issue de Cradle Of Filth. L'alternance des vocaux de Flegias et de Cadaveria sur les deux chansons interposés possède son petit cachet. Les inédits sont de bonne facture pour les deux combos. On a droit au morceau «Dominion Of Pain» de la part de Cadaveria et Necrodeath interprete quant à lui «Rise Above». Et la très bonne surprise vient des reprises : Cadaveria excelle dans sa version toute personnelle  de «Christian Woman» de Type O Negative. Les thrasheurs  font parler la poudre avec une version survitaminé de «Helter Skelter» des Beatles.

Au final, on peut dire que l'expérience "MondoOscuro" est bluffante. Les deux entités multiplient les coups de griffe. Nul ne se demandera ce qui a pu motiver cette entreprise car l'aspect fun de la chose est prédominant. Le projet peut-il marcher ?
Bien peu importe à mon avis. Les deux colllectifs ont imposé leur vision du métal extrême en s'amusant avec la qualité au rendez-vous et c'est bien là l'essentiel.

Tracklist 
Cadaveria Master Tenebrarum
Necrodeath Spell
Cadaveria Dominion of Pain
Necrodeath Rise Above
Cadaveria Christian Woman
Necrodeath Helter Skelter
 

Opera IX - Back To Sepulcro

Envoyer Imprimer PDF
Quand on me parle de black metal italien je pense tout de suite à Mortuary Drape. Le petit parallelisme avec ce groupe tient au fait qu'ils sont de la même génération et viennent du même pays. Les premiers sont nés en 1986 et les seconds en 1988.
Opera IX est issu de l'underground depuis le début et l'a toujours été. Cela est très sûrement dû au fait que le collectif a peu effectué de veritables tournées, a subi de multiples changements de personnel et a parfois sorti des albums de moindre intérêt. Pour rappel il a été crée par Osdian le seul membre originel aujourd'hui. Deux démos et une video après apparait leur tout premier album «The call of the wood» 1994 avec le label Miscarriage. S'ensuivit un LP en témoignage de leurs concerts intitulé «Live in Babyloni». «Sacro culto» fut une piece maîtresse dans leur carrière. Il sortit sur un nouveau label du nom de Shiver. Leur musique se veut être un savant mélange de black et de doom/gothic. Les morceaux sont plutôt longs. La chanteuse de l'époque Cadaveria possédait une voix black et c'était très rare pour l'époque. On peut songer aussi au groupe grec Astarte à ce sujet.
Les morceaux sont compliqués à la première écoute et donc parfois difficiles à digérer. Ils sont sous le signe de Mother Tenebra. Ils touchent tout naturellement à l'occultisme et aux celtes.
Musicalement on peut songer qu'ils ont été inspirés par Celtic Frost ou Mercyful Fate. On peut ressentir une grande sincérité à propos de leur dévouement vis a vis de l'occultisme. Les lyrics y occupent une place prépondérante. Ce nouvel opus est en quelque sorte une compilation avec deux morceaux inédits à la fin. «Sepulcro» est issu du premier album, «The oak» quant à lui provient de «Sacro culto» «Act 1, The first seal» de «Black opera» et «Maleventum» du même nom. Le retour des vocaux féminins est une bonne nouvelle pour les amateurs du combo.
Abigail succède à Cadaveria qui avait quitté Opera IX en 2001. La première chanson dure quinze minutes et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on ne s'ennuie pas une minute. La voix de la nouvelle chanteuse est sublime. Les mélodies sont rédoutables ainsi que la variété de styles au sein de cette piste. Le growl est de grande qualité. «Act 1 the first seal» est bien représentatif du style des italiens du nord. Neuf bonnes minutes de black metal atmosphérique des plus rafraîchissants. La production se veut plus puissante qu'auparavant. Car dans les années 90 elle possédait certaines faiblesses il est juste de le rappeler.

En définitive, le portrait que l'on peut se faire d'Opera IX en 2017 s'avère passionant. Les fans de Dark/Black metal atmosphérique apprécieront cette restitution de leur ancien répertoire réactualisé. C'est du réel, Opera IX est bel et bien de retour et espérons le pour de bon.

Trackslist
Sepulcro
The oak
Act 1, the first seal
Maleventum
Consacration
The cross / outro

Label : Dusktone
 

Negura Bunget - Zi

Envoyer Imprimer PDF

 

Souvent un groupe varie d'un album à un autre... Une année avant la parution de "Zi" Negura Bunget nous avait offert un opus assez inégal intitulé "Tau". Pour trouver grâce à mes yeux cette année l'enjeu était de taille. Le résultat est troublant aujourd'hui. Le collectif l'emporte très largement en termes de qualité de composition.

ZI contitue la deuxième partie de la trilogie consacré à la Transylvanie débuté en 2015 avec l'album "Tau". Ca commence très très fort avec le morceau d'ouverture nommé "Tul-Ni-Ca-Rind". La meilleure composition de ce nouvel LP. Les instruments traditionnels apportent une aura mystique toute particulière. Les roumains ne sont jamais tombés dans le piège des clichés du black metal. Ils préfèrent à l'évidence évoquer les forêts des Carpates, la nature mystérieuse et ses montagnes. Ils nous guident sur les chemins de leurs contrées envoûtantes et mystérieuses. D'emblée on peut ressentir que le combo a placé la barre beaucoup plus haute que sur Tau même s'il est un album honorable avec certaines faiblesses par endroits. Le nouvel enregistrement se veut ténébreux par instants.
Toutefois, la place accordée au black metal atmosphérique se veut parfois reléguée à un autre niveau remplacé par le folk sur certains passages. Les vocaux clairs représentent un point fort sur cette nouvelle galette. Ce nouveau témoignage nous démontre que les changements de line-up n'ont pas atteint la formation. Les parties mid-tempi se taillent la part du lion et constituent une ossature solide. La production sait se montrer à la hauteur du nouveau défi à relever pour l'heure. Car l'évolution musicale se poursuit à merveille au fil de leurs sorties discographiques. Zi possède ce petit plus en termes de variété et d'originalité.

Tout le potentiel du collectif a une nouvelle fois explosé. Leur black folk metal transylvanien contient ses atmosphères dont il a le secret. Le talent y est pour quelque chose tout comme cette puissance intrinsèque qui émane de ce nouvel opus. Leurs fans vont s'y retrouver sans doute.
En définitive c'est un album juste un tout petit cran en dessous d'OM leur chef d'oeuvre incontournable amené à devenir culte à l'avenir. Le fan de Negura Bunget sera celui qui prendra tout le temps nécessaire pour entrer dans leurs morceaux.
Une grande leçon de black/folk metal à se procurer sans aucune hésitation.

Trackslist

Tul-Ni-Ca-Rind

Gradina Stelelor

Brazda Da Foc

Baciu Mosneag

Stanciu Gruiul

Marea Cea Mare
 

Mundanus Imperium - Ode To The Nightsky

Envoyer Imprimer PDF


Pour ceux qui ont suivi l'âge d'or de la scène black metal underground des années 1990 Mundanus Imperium lors de la sortie de ce MCD avait la capacité de devenir une figure emblématique. Peut-être même un exemple à suivre car il fut l'un des premiers groupes à s'aventurer dans ce style atmosphérique voire même symphonique car les claviers occupent une tres grande place. Retour donc vers le passé.

Le combo fut créé en 1994 du côté d'Hamar en Norvège. Il fit ses premières armes sous le nom de Nattefall. Puis il se décide à changer de patronyme.
Ce mini-album sorti en 1997 chez le label Impure Creations Records qui deviendra par la suite Velvet Music Int. Ce dernier possédait dans son écurie les débuts de Blut Aus Nord (Memoria Vetusta I : Fathers Of The Icy Age), Wallachia, l'excellent premier album de Necromicon et Zephyrous entre autres. La découverte de ce groupe se fit grâce au CD sampler du numéro un  hors série extrême d'Hard Rock Magazine en 1997 donc. S'ensuivit alors un premier album en 1998 sous la bannière de Nuclear Blast intitulé "The Spectral Spheres Coronation". Ce dernier apporta un changement radical de style musical : exit le black metal bienvenue au heavy cette fois. Le changement de line-up y était pour quelque chose ainsi que l'intégration d'un grand label européen.

Le choc était bel et bien réel à l'écoute de ces seize petites minutes d'un black metal atmosphérique de très grande qualité. Surtout qu'à la fin des années 90 ce style n'était pas encore très répandu. Tout de suite dès le morceau d'ouverture du nom du MCD on peut songer au Dimmu Borgir des trois premiers albums. Le son est plutôt très bon, les claviers savent bien se placer en harmonie avec la guitare même si celle-ci est parfois légèrement en retrait. Les vocaux sont criards juste ce qu'il faut et cela donne une très bonne coloration dark à l'ensemble. "Winds Of The Frozen Stars" possède une classe insoupçonnée. Vraiment, il n'y a rien à jeter de cette galette, juste une impression de trop peu. Trois morceaux sont répartis ici.

Les norvégiens ont splitté malheureusement beaucoup trop (quatre ans après leur création) car leur talent était énorme et cela dans les deux styles qu'ils ont pratiqué.

En définitive ce «Ode To The Sky» ouvrait un chapitre, celui du black metal atmosphérique. L'album à suivre a toutefois enterré le projet. Il rompait avec le premier essai quant à son changement de courant musical. La formation pensait peut-être être porté par la vague du revival heavy metal ? Cela nous le saurons sûrement jamais. Le plus spectaculaire dans cette mini galette constitue dans l'inattendu et une rupture franche avec ce qui se faisait de meilleure sur la scène Scandinave. Un produit abouti en somme permet de résumer le tout. Si vous avez la chance de le trouver au détour d'un bac à CD n'hésitez pas à l'acquérir.

 

 

TRACKSLIST

Ode to the nightsky

Winds of the frozen stars

Ridende pa Nattenes Vinger

 

Label : Impure Creations Records

 

Utarm - Panic Chamber

Envoyer Imprimer PDF

On pensait les blackeux à jamais vaccinés contre l'avant-garde : il n'en est peut être rien. Dans cette scène barrée à souhait, qui bat en brèche toutes nos idées et jugements préconçues, ce style utilise les recettes les plus modernes mais aussi les plus anciennes. Utarm fait usage d'un savoir faire assez convaincant. Il est à noter que cet album est sorti en 2009 sur un petit label norvégien nommé Roggbif Records.
L'homme seul maitre à bord ne peut compter que sur lui même. Il s'occupe de tous les instruments. Ici, la bataille des idées est à géométrie variable, son créateur n'oublie pas les fondamentaux du black metal expérimental et y ajoute à cela des éléments liés au drone et au doom. Ces trois terreaux constituent l'essentiel de son créneau. Il arrive à se parer d'une aura particulière grâce à cette voix complètement démente et maladive au possible. On croirait presque par instants un gourou La mise en scène se veut progressive quant à la progression d'un morceau. Ca commence parfois assez doucement et ça sature bien ensuite. Inspiré, bruyant et déstabilisant «Scratches In The Coffin Of Human Existence » pourra être apprécié par une partie ouverte aux nouveautés mais il pourra être un peu moqué par ceux qui trouveront que l'aspect métal traditionnel manque ici. Peut-il être poussé à mettre un peu plus l'accent sur les parties métal dans le fond et réduire certaines longueurs pourrait-on entendre dire ? A vrai dire j'y ai songé au départ mais à la deuxième écoute cela me semblait plus naturel en somme.
Comme en écho, la musique d'Utarm évoque un tourbillon aliénant à plusieurs vitesses.
L'impact est direct dès le morceau d'ouverture. Les cinq compositions sont toutes de longue durée. Alors, y-a-t-il une respiration bienvenue au milieu des cinq compositions ? Pas vraiment à vrai dire, juste un univers assez difficile à intégrer.
L'artwork et le logo sont conçus par lui même, d'ailleurs à ce titre on peut dire qu'il retranscrit à merveille son idée d'un chaos bien travaillé et un aspect affirmé. Cela vaut le coup à ce sujet de jeter un coup d'oeil à ses nombreux dessins disponibles sur le net.
Tout y est sombre comme dans sa musique si sinistre qu'elle en est parfois un peu caricaturale mais sans les excès inhérents au genre.
En définitive, Utarm a réussi un tour de force considérable à mon sens en proposant une musique dérangeante et très avant-gardiste. La variété des morceaux est un plus indéniable. Espérons qu'il continue sur cette lancée.

Trackslist :

Scratches In The Coffins Of Human Existence

Panic Chamber Tomb

Anthropophagous On Golden wings Of Ignorance

Pierced And Drained On The Holy Mountain

Wrapped Around  The Horns Of All Being

 

Label : Roggbif Records
 


Page 1 sur 758
Bannière

Recherche

Twitter Image
Facebook Image



Partenariat

Petites annonces du forum